Gate News, le 19 mars, Anthropic a publié hier (le 18 mars) le plus grand rapport d’étude qualitative sur l’IA à ce jour. En décembre dernier (décembre 2025), l’équipe a invité des utilisateurs de Claude à participer à des entretiens individuels avec des intervieweurs IA, recueillant au total 80 508 entretiens réalisés dans 159 pays, en 70 langues, ce que Anthropic qualifie comme étant la recherche qualitative la plus vaste et la plus diversifiée en termes de couverture linguistique de l’histoire.
Les visions des utilisateurs concernant l’IA se répartissent en neuf catégories, la plus majoritaire étant « excellence professionnelle » (18,8 %, souhaitant que l’IA prenne en charge les tâches ménagères pour se concentrer sur des travaux à haute valeur ajoutée), suivie par « croissance personnelle » (13,7 %) et « gestion de la vie » (13,5 %). 81 % des répondants estiment que l’IA progresse dans une certaine mesure vers la vision qu’ils en ont, la réduction du temps consacré étant l’avantage réalisé le plus souvent évoqué (50 %).
Concernant les préoccupations, l’irréliabilité (hallucinations, erreurs de citation, etc.) arrive en tête avec 26,7 %, suivie par l’impact sur l’emploi et l’économie (22,3 %), et la crainte de la perte d’autonomie humaine (21,9 %). Les inquiétudes économiques et liées à l’emploi sont les facteurs prédictifs ayant le plus fort impact sur le sentiment global envers l’IA.
67 % des répondants mondiaux ont une attitude positive envers l’IA, mais avec des différences régionales marquées. L’Amérique latine (Pérou 82 %), l’Afrique subsaharienne (Nigéria 81 %) sont les plus optimistes, considérant l’IA comme un levier permettant de franchir les barrières de capital et d’éducation ; en revanche, l’Europe de l’Ouest (Royaume-Uni 63 %), l’Amérique du Nord (États-Unis 66 %) et l’Océanie ont une attitude plus négative, fortement corrélée à leur inquiétude accrue concernant l’impact économique de l’IA. La structure des préoccupations en Asie de l’Est est particulière, avec des inquiétudes en matière de gouvernance et de surveillance inférieures à la moyenne mondiale, tandis que la dégradation cognitive (18 %) et la perte de sens (13 %) sont davantage mises en avant.
Le rapport introduit le concept central de « lumière et ombre » : la même capacité de l’IA peut à la fois apporter des bénéfices et des risques, ces deux ressentis coexistant souvent chez une même personne. Les personnes qui attendent une compagnie émotionnelle de l’IA ont un niveau d’inquiétude concernant la dépendance qui est trois fois supérieur à la moyenne.