Déclaration : Cet article est une reproduction, les lecteurs peuvent obtenir plus d’informations via le lien original. Si l’auteur a une objection à la forme de reproduction, veuillez nous contacter, nous ferons les modifications selon la demande de l’auteur. La reproduction est uniquement destinée au partage d’informations, ne constitue pas un conseil en investissement et ne reflète pas le point de vue ou la position de Wu Shuo.
Pourquoi dit-on que 2025 sera l’année où « la mise en circulation équivaut à sortie de token » ? Parce que dans le business plan des projets de niveau top, il n’y a jamais « profit grâce aux services technologiques » : la vente de tokens est le seul modèle commercial.
Quand Token = Produit = Source unique de revenu, cette industrie devient forcément un jeu de capital basé sur la passe d’obus, et non un BUIDL visant à créer de la valeur.
De 2023 à 2025, c’est une période de transformation structurelle mémorable dans l’histoire de la cryptomonnaie, marquant la déconnexion fondamentale entre utilité du protocole et valorisation des actifs. Même les « commerçants fujianais » traditionnels s’écrieraient « Jia lat » (c’est dur).
Introduction : Ruines en Ukraine et calculs des Fujianais
Dans le monde des affaires, la confrérie commerciale du Fujian (« Minshang ») est célèbre pour son intuition commerciale aiguë : là où il y a une différence de prix, il y a une opportunité ; là où il y a chaos, il y a arbitrage. Même dans le feu de la guerre en Ukraine, des Fujianais cherchent des opportunités de richesse risquée.
La confrérie commerciale du Fujian (« Minshang ») connaît une règle fondamentale : lors de la ruée vers l’or, le chemin le plus sûr vers la richesse n’est pas la spéculation minière, mais la fourniture d’outils nécessaires (pelles) et de services logistiques aux prospecteurs.
Dans le contexte de l’économie cryptographique, « vendre des pelles » correspond théoriquement à fournir des infrastructures blockchain (L1, L2, ponts inter-chaînes), dont les revenus devraient provenir des frais de gaz et du débit de transaction (« péages »). Cependant, de 2023 à 2025, avec l’arrivée de technologies comme EIP-4844 et la surabondance d’offres en infrastructure L2/L3, la viabilité commerciale de « vendre des pelles » en tant que revenu indépendant commence à s’effriter.
Par conséquent, le secteur se tourne vers un mode de « arbitrage mondial » déformé. Les projets ne cherchent plus à vendre des services d’infrastructure aux utilisateurs, mais à vendre les droits financiers (Token) de cette infrastructure elle-même comme produit principal aux petits investisseurs. À ce stade, la « pelle » devient un outil d’attraction de trafic / un vecteur marketing, visant uniquement à justifier la légitimité d’émissions de jetons à haute valorisation.
Cet article analysera en détail ce changement – notamment le phénomène de « faible circulation, FDV élevé », les structures de market makers predatory, et l’industrialisation des airdrops – et conclura que la principale production commerciale de la période infrastructure (2023-2025) n’est pas l’utilité technique, mais la sortie systématique du capital de capital-risque vers la liquidité retail.
Chapitre 1 : Prototype du Minshang : pragmatisme commercial et réseau d’arbitrage global
1.1 La sagesse du marché secondaire : de la Californie au monde entier
La maxime « vendre des pelles lors de la ruée vers l’or » est généralement attribuée à la ruée vers l’or de Californie en 1849. À l’époque, des entrepreneurs comme Samuel Brannan ne s’enrichissaient pas en trouvant de l’or dans les rivières, mais en monopolisant la chaîne d’approvisionnement des outils nécessaires aux mineurs, accumulant ainsi une richesse considérable. Dans le contexte commercial chinois, en particulier pour la confrérie du Fujian, cette philosophie dépasse la simple relation offre/demande : elle a évolué en un système complexe d’« arbitrage global ».
Le Fujian, province montagneuse peu fertile et orientée vers la mer, a historiquement dû se tourner vers la mer pour le commerce. Cette géographie a engendré un ADN commercial unique, comprenant deux principes clés :
Transfert de risque : les prospecteurs prennent le risque de ne pas trouver d’or, tandis que les commerçants, en vendant des outils, verrouillent leur profit à l’avance. Que le prospecteur réussisse ou non, la valeur de la pelle est réalisée au moment de la transaction.
Arbitrage en réseau : en exploitant des réseaux étroits basés sur la famille et la kinship, le capital et les marchandises circulent entre différentes juridictions et niveaux de développement économique. Par exemple, en achetant des produits à faible coût sur la côte chinoise pour les revendre avec une marge plus élevée en Afrique ou en Amérique du Sud, profitant de l’asymétrie d’informations et de régulations lacunaires.
L’esprit des Fujianais – « prendre des risques, aimer la compétition, et exploiter les règles » – trouve une parfaite réplique moderne dans le monde numérique sans frontières et peu régulé de la cryptomonnaie.
1.2 Miroirs parallèles dans le monde crypto : du Gas au pouvoir de gouvernance
Dans les premières années (2017-2021), la métaphore de « vendre des pelles » était largement valable. Les échanges (Binance, Coinbase), fabricants de mineurs (Bitmain), et mineurs Ethereum ont gagné des flux de trésorerie importants en servant la frénésie spéculative des petits investisseurs. Leur modèle : prélever une commission sur chaque transaction (frais de gaz ou de transaction).
Mais, à partir de la période 2023-2025, le marché se divise fondamentalement.
La paupérisation des « prospecteurs » : les petits investisseurs interagissant en chaîne deviennent plus prudents et moins disposés à payer des frais élevés.
L’inflation des « vendeurs de pelles » : une croissance exponentielle des projets d’infrastructure, avec une offre de Layer 2, Layer 3, blockchain modulaire, ponts inter-chaînes, dépassant largement la demande réelle de « prospection » (transactions concrètes).
Face à la compression des marges sur le service principal (espace de bloc), ces projets d’infrastructure adoptent une stratégie d’arbitrage inter-temporal inspirée des Fujianais, mais transformée en ingénierie financière : ils ne cherchent plus à échanger des biens contre de la monnaie ici-bas, mais à échanger des « attentes » (narratives) contre la « liquidité » (USD/stablecoins) là-haut.
Les VC et market makers crypto industrialisent cette logique d’arbitrage :
Arbitrage réglementaire : les fondations sont enregistrées à Caiman ou à Panama, les équipes de développement en Silicon Valley ou en Europe, mais la cible marketing reste les petits investisseurs asiatiques et d’Europe de l’Est.
Arbitrage de liquidité : en obtenant des tokens à très faible valorisation (seed round) sur le marché primaire, ils les revendent à des valorisations très élevées (FDV élevée) sur le marché secondaire via des market makers.
Arbitrage d’information : en exploitant l’écart d’informations entre la narration publique sur la gouvernance communautaire et les clauses privées « déverrouillées » par les initiés.
Chapitre 2 : Mutation du modèle économique : l’infrastructure comme « produit à pertes »
2.1 L’effondrement des revenus protocolaires et paradoxe technique
En 2025, le modèle traditionnel de « vendre des pelles » pour solutions Layer 2 est en crise existentielle. La réussite technologique du roadmap Ethereum, notamment avec la mise en œuvre d’EIP-4844 (Proto-Danksharding), introduit une capacité de stockage de données « Blob » qui réduit considérablement le coût de transmission de données de L2 à L1.
D’un point de vue technique, c’est une victoire majeure : le coût des transactions utilisateur chute de plus de 90%. Mais, du point de vue commercial, c’est une destruction de la marge de profit de L2. Avant, L2 pouvait revendre l’espace de bloc Ethereum coûteux pour faire de gros marges ; maintenant, avec des coûts proches de zéro, ils sont contraints de se livrer à une guerre de tarifs.
Selon des rapports de 1kx et Token Terminal, malgré une croissance du volume quotidien de transactions par 2,7 fois par rapport à 2021, le revenu total des frais de gaz de la blockchain a chuté de 86% en 2025. Cela signifie que le prix des « pelles » est devenu si faible qu’il ne supporte plus la valorisation des usines de fabrication. Les mineurs ne peuvent même plus couvrir leurs coûts de mise en marche.
2.2 ZkSync Era : la désillusion des revenus
ZkSync Era offre un exemple brutal sur la nature du revenu. Avant le TGE (Token Generation Event) de juin 2024, le réseau ZkSync générait chaque jour d’énormes revenus de validateurs, atteignant un pic à plus de 740 000 dollars par jour. Apparence : une « pelle » florissante.
Mais en réalité, c’est une fausse prospérité alimentée par « attentes d’airdrop ». Les utilisateurs paient des frais de gaz non pas pour utiliser le réseau (utilité), mais pour acheter un ticket de loterie potentiellement gagnant (airdrop).
Après la fin de l’airdrop en juin 2024, les revenus quotidiens de ZkSync ont immédiatement chuté à environ 6 800 dollars, soit une baisse de 99%.
Si un magasin physique arrêtait d’offrir des coupons, et que son flux client disparaissait instantanément, cela montrerait que son produit principal n’a pas de demande réelle.
2.3 Starknet : décalage extrême entre valorisation et revenus
Starknet illustre également l’absurdité de cette logique de valorisation. Bien qu’en avance en matière de preuve à divulgation zero, ses données financières ne soutiennent pas ses prix en marché primaire.
Au début 2024, la valorisation FDV de Starknet ( STRK ) dépassait 7 milliards de dollars, atteignant même 20 milliards en marché OTC.
En même temps, ses revenus protocolaires annuels après EIP-4844 n’étaient que de quelques dizaines de millions de dollars — un ratio P/S (Prix sur ventes) de 500 à 700. En comparaison, le véritable « vendeur de pelles » du secteur AI, NVIDIA, a un ratio P/S généralement entre 30 et 40.
Les investisseurs achètent STRK non pas en actualisant ses flux futurs (approche traditionnelle d’investissement par actions), mais en jouant une stratégie de pari : croire qu’il y aura des acheteurs « plus croyants » qui prendront le relais à des prix élevés.
Le mode traditionnel du Minshang – « faibles marges, flux de trésorerie stable » – est abandonné dans la cryptosphère au profit d’un modèle basé sur de la « finance alchimique » : créer de toute pièce un actif financier à haute valorisation via la fabrication de barrières techniques et narratives, et le vendre à des petits investisseurs sans capacité de discernement.
Chapitre 3 : Mécanismes de financiarisation : le piège du « faible flottant, FDV élevé »
Pour maintenir le modèle commercial de « vendre des tokens » sans revenus réels, l’industrie a popularisé une structure de marché spécifique : « faible flottant, haute valorisation FDV » (Low Float, High FDV).
3.1 Alerte de Binance Research
En mai 2024, Binance Research a publié un rapport titré « Low Float et High FDV : comment en sommes-nous arrivés là ? » critiquant systématiquement cette situation. Le rapport indique que cette structure déformée de tokens en circulation est devenue une norme dans l’émission de tokens d’infrastructure.
( )
Mécanismes d’opération :
Prix du marché primaire : des fonds de capital-risque (VC) entrent en seed à une valorisation de 50 millions à 100 millions de dollars.
Rareté artificielle : lors de l’introduction en bourse, seulement 5% – 10% de l’offre totale sont libérés. Les market makers, avec cette liquidité très faible, peuvent facilement faire monter le prix avec peu de fonds.
Illusion de capitalisation : un token avec 100 millions d’offres en circulation à 1 dollar a une « capitalisation en circulation » de 100 millions de dollars, ce qui paraît peu cher (Small Cap). Mais si l’offre totale est de 10 milliards, la FDV atteint 10 milliards de dollars.
Vente systématique : dans les 3-5 ans qui suivent, les 95% restants seront libérés. Pour maintenir un prix de 1 dollar, le marché doit absorber 95 milliards de dollars de nouveaux fonds. Sur un marché basé sur la masse, cela est mathématiquement impossible : le prix s’effondre forcément.
3.2 Ancrage psychologique pour les petits investisseurs
Cette structure exploite précisément les biais cognitifs des petits investisseurs. Ceux-ci se concentrent souvent uniquement sur « le prix unitaire » (Unit Bias : 0,1 dollar paraît moins cher que 100 dollars) ou la « capitalisation en circulation », en ignorant la pression inflationniste représentée par la FDV.
Pour des VC ou projets aussi prudents et malins que le Minshang, c’est une arbitrage inter-temporal parfait :
a) ils verrouillent des retours énormes en comptabilité (de seed à FDV multipliée par 100).
b) ils profitent de la poursuite par les petits investisseurs de la hausse à court terme causée par le « faible flottant », en tant que source de liquidité pour sortir.
c) en déployant une libération linéaire sur plusieurs années, ils répartissent la pression de vente, comme une « cuisson à feu doux » pour récolter la liquidité du marché.
3.3 Comparaison de données : le décalage de valorisation en 2025
En 2025, cette bulle de valorisation est devenue extrême. Selon un rapport de 1kx, le ratio P/S (prix sur ventes) médian des blockchains de Layer 1 atteint 7 300, tandis que pour les protocoles DeFi générant un vrai cash-flow, il n’est que de 17.
( )
Ce gigantesque écart de valorisation révèle une vérité de marché évidente : la logique de valorisation des projets d’infrastructure ne repose pas sur leur capacité à faire du profit en tant que « pelles », mais sur leur capacité à vendre comme actifs financiers. Les projets sont en réalité des presses à billets, et non des sociétés technologiques.
Chapitre 4 : Vue du Minshang sur l’évolution du marché : de « vente de services » à « vente de produits »
4.1 La logique « ancienne » (2017-2021) : vendre des pelles
Dans la période ICO ou DeFi Summer, la logique était proche de la vieille philosophie du Minshang :
Scénario : petits investisseurs cherchent à prospecter (trades / spéculation).
Pelles : échanges, gas des blockchains publiques, protocoles de prêt.
Logique : tu me vends une pelle, je te paie un loyer (frais).
Token : comme un « bon de prévente » ou une « carte de membre », représentant le droit d’utiliser la pelle ou de percevoir une part des bénéfices futurs.
4.2 La mutation 2023-2025 : « Token = Produit »
En 2025, avec la surabondance d’infrastructures (L2 en overflow), « percevoir des péages » ne rapporte plus (frais de gas quasi nuls). Les projets et capitalistes découvrent qu’il vaut mieux vendre directement « l’action de la société de pelles » (Token) comme marchandise, plutôt que de fabriquer de bonnes pelles pour faire de petites marges.
Dans ce nouveau modèle :
Vrai produit : le Token. C’est le seul produit générant des revenus (USDT / USDC).
Matériel marketing : blockchain, jeux, outils. Leur seul rôle : fournir un narratif pour donner du crédit au Token.
Modèle économique : vendre des Tokens = revenus de vente.
C’est une régression extrêmement triste – le secteur ne cherche plus à faire de l’argent via des services technologiques, mais à fixer des prix d’air et à vendre via des moyens financiers.
4.3 Production et packaging : la crédibilité de haut niveau et le « jeu de crédibilité »
Si le Token est un bien, alors pour le vendre à prix élevé (sortie), il faut un packaging de haut niveau.
Crédit institutionnel : non pour l’investissement, mais pour la « marque »
Dans la période 2023-2025, le rôle des VC devient celui de « franchiseur de marque » plutôt que d’investisseur à risque.
La vérité derrière les financements massifs : Starknet a levé $80 milliards, LayerZero $30 milliards. Ces chiffres astronomiques ne reposent pas sur des revenus futurs (les revenus annuels de Starknet ne couvrent même pas les salaires), mais sur l’anticipation de combien de tokens ils pourront vendre à des petits investisseurs à l’avenir.
Les noms de VC de premier plan comme a16z ou Paradigm, comme les marques Nike collées sur des usines de chaussures du Fujian, servent à rassurer les petits investisseurs : « Ce produit (Token) est authentique, il vaut la peine d’être acheté à prix élevé ».
Ce qui est intéressant, c’est pourquoi ces VC peuvent proposer des valorisations aussi élevées ? Parce que les petits investisseurs croient que leur prix d’achat est au moins aussi bas que celui des grands VC, voire plus bas, alors que la valorisation n’a en réalité pas de limite inférieure.
4.4 Influenceurs et recommandations : pas seulement du marketing, mais des « distributeurs »
Les KOL dans cette chaîne ne sont plus là pour faire de l’analyse de valeur, mais pour distribuer.
Recommandations = sortie immédiate : projets ou market makers donnent à des KOL des tokens à bas prix ou des commissions. Leur rôle : créer du FOMO, maintenir la hype, assurer suffisamment de liquidité pour absorber la pression de vente lors du déblocage VC.
Chapitre 5 : Le complexe industriel des market makers : intermédiaires invisibles
Si le Token est un produit, alors le market maker (aka « dealer » sauvage) est un distributeur. Entre 2023 et 2025, la relation entre projets et market makers s’est dégradée d’un service à une connivence predatory, rappelant la stratégie de contrôle des canaux par des réseaux familiaux dans la confrérie du Fujian, mais avec pour objectif non plus la circulation de biens, mais la récolte de positions adverses.
Dans cette période, le contrat standard entre projet et market maker est une « émission de tokens + option d’achat » :
Structure du trade : le projet prête sans intérêt plusieurs dizaines de millions de tokens (par exemple 2-5% de la circulation) comme « stock ». En même temps, il octroie une option d’achat, généralement à un prix d’exercice fixé au prix d’introduction ou légèrement supérieur.
Désalignement incitatif :
Si le prix monte au-delà du prix d’exercice, le market maker exerce son option, achète à bas prix, puis revend cher aux petits investisseurs pour réaliser un profit.
Si le prix baisse, il retourne simplement les tokens empruntés au projet, sans subir de pertes. Et dans certains cas, il « inonde » le marché dès le début avec des tokens à destination des initiés.
Le market maker n’est plus un fournisseur neutre de liquidité, mais un spéculateur sur la volatilité haussière. Il a tout intérêt à provoquer des mouvements violents pour pousser le prix au-dessus du prix d’exercice, afin d’écouler sa position. Ce modèle, mathématiquement, condamne le market maker à être en opposition avec les petits investisseurs.
Voir :
5.2 Contrats de short squeeze : la façon la plus efficace de trouver un « pigeon »
« La mécanique des contrats est un vecteur d’évacuation », c’est la technique la plus agressive du trader de cette période, donnant lieu à des narratifs comme « délistage » ou « manipulation avant cotation ».
Que faire quand il n’y a plus d’acheteurs en spot (pas de take-profit) ? Créer des acheteurs forcés.
Piéger et contrôler : avant l’annonce de déblocage ou lors d’un événement négatif, le marché est généralement bearish, avec des fonds à taux négatif.
Manipuler le marché : le market maker utilise ses positions concentrées en spot (faible flottant), avec peu de fonds, pour faire monter le prix.
Short squeeze : les positions short se font liquider lors de liquidations massives, forçant à acheter en marché.
Sortie : le projet ou le market maker profite de ces liquidations pour vendre à prix élevé ses tokens aux « pigeons » forcés.
Exemple précis :
C’est comme si un Fujianais annonçait sur le marché « la pelle va baisser », puis quand tout le monde short, il monopolise l’offre et hausse le prix, forçant les shorts à payer cher.
5.3 Scandale Movement Labs : le « cartel » inscrit dans le contrat
Le scandale Movement Labs ( MOVE ) de 2025 a complètement dévoilé cette industrie grisée.
Une enquête de Coindesk montre que Movement Labs a signé un accord secret avec un mystérieux intermédiaire appelé Rentech (lié à Web3Port, market maker), lui confiant environ 10 % de l’offre de tokens (66 millions). Le contrat contient des clauses étonnantes, visant à pousser la FDV à 5 milliards de dollars. Une fois cet objectif atteint, les deux parties se partagent les profits de la vente.
Lorsque Rentech a commencé à vendre massivement des tokens, Binance a détecté l’anomalie et a suspendu les comptes liés, Coinbase a également suspendu la négociation de MOVE. Cet incident prouve que la « gestion de la capitalisation » souvent appelée « market cap management » est en réalité une écriture dans le contrat pour manipuler le prix à la hausse avant la sortie.
Ce procédé rappelle les opérations des vieux commerçants du Fujian opérant dans les zones grises du commerce mondial : utilisation de réseaux complexes d’intermédiaires et de coquilles multiples pour contourner la régulation et contrôler les prix. Mais dans la cryptosphère, ces manipulations volent directement le capital des petits investisseurs.
Conclusion :
Si ces projets étaient vraiment dans le business des « pelles », ils optimiseraient leur revenu de gas et leur activité quotidienne. Mais ils semblent ne pas s’en soucier, ne faisant que bâtir des châteaux en Espagne dans leur short.
Car leur vrai business : produire des tokens à très faible coût, les valoriser à des niveaux exorbitants, puis les revendre sur le marché secondaire via contrats et market makers, pour récupérer du USDT / USDC (de l’argent réel).
C’est pour cela que 2025 ressemble à un casino, car personne ne fait réellement du business, tout le monde ne fait que du trading.
Chapitre 6 : Nouvel ordre du marché en 2025 : contre-attaque sur la couche applicative
En 2025, la fatigue face au « casino infrastructure » atteint son paroxysme. Les données montrent que les capitaux et l’attention se déplacent du « vendre des pelles » (infrastructure) vers la couche « vraie richesse » : l’application capable d’extraire de la valeur.
6.1 La transition du récit des blockchains vers le flux de trésorerie des Dapps
Un rapport de la fin 2025 de 1kx sur « les revenus en chaîne » illustre cette tendance.
Réorientation des revenus : au premier semestre 2025, la contribution totale des protocoles DeFi, applications grand public et wallets atteint 63% des frais totaux en chaîne, tandis que la part de l’infrastructure Layer 1 et Layer 2 diminue à 22%.
Croissance comparée : les revenus de la couche applicative ont augmenté de 126% en un an, alors que ceux de l’infrastructure stagnent ou reculent.
Retour à la logique commerciale : ces chiffres marquent la fin de l’ère où les « vendeurs de pelles » dominaient les profits. Avec la baisse du coût de l’infrastructure (approche commoditée), la capacité de capter la valeur se déplace vers les applications directement en contact avec les utilisateurs. Les DApps capables de créer une véritable fidélité et un flux de trésorerie, comme hyperliquid ou pump.fun ), deviennent les nouvelles stars du marché, reléguant les L2.
6.2 La réévaluation du token comme coût d’acquisition
L’industrie reconsidère la valeur économique des « airdrops ». En 2025, le token n’est plus une marque de gouvernance, de dividende ou d’identité, mais un coût d’acquisition (CAC) et un signal négatif pour la vente à découvert.
Les données de Blockchain ads montrent que le coût pour acquérir un utilisateur réel via un token peut atteindre 85-100 dollars ou plus — bien supérieur aux standards du Web2, étant une conséquence de la dépendance à la voie principale.
Des projets comme ZkSync, qui dépensent plusieurs centaines de millions de dollars (en tokens) en incitations, découvrent que ces utilisateurs sont des « mercenaires » : dès que l’incitation s’arrête, la liquidité se retire. Cela pousse les projets à passer d’un modèle de « dépense massive » à un modèle plus fin, basé sur le « points » et le « partage de gains réels ».
Chapitre 7 : Conclusion : la fin de la fête des commerçants
De 2023 à 2025, le marché crypto a joué une grande pièce de capitalisation primitive déguisée en « innovation technologique ». La vieille sagesse du Minshang – « vendre des pelles lors de la ruée vers l’or » – a été poussée à l’extrême :
Pelles gratuites : pour attirer le trafic, les vraies pelles (espace bloc) sont sans cesse bradées, voire subventionnées en dessous du coût (via tokens).
Société de fabrication : les commerçants ne gagnent plus à vendre des pelles, mais à vendre des « actions de l’usine à pelles » (high FDV tokens) à des petits qui pensent détenir le monopole de la mine.
Système d’arbitrage institutionnalisé : market makers, VC et exchanges forment une communauté d’intérêts, utilisant outils financiers complexes (options, emprunts, contrats) pour transférer la richesse au détail.
En reconsidérant le marché crypto 2025 avec la vision d’un commerçant du Fujian, on voit une image claire :
Ce groupe (projets + VC) prétendait bâtir des maisons en Ukraine (nouveau secteur Web3 à haut risque), mais en réalité, ils ne se soucient pas de savoir si ces maisons seront habitées. Leur vrai jeu :
d’abord poser une enseigne sur le terrain, puis imprimer une foule de « jetons en briques » (Token).
faire appel à de grandes figures de Wall Street (VC) pour faire croire que ces briques en tokens pourront bientôt échanger de l’or.
faire appel à des « porte-paroles » locaux (KOL) pour annoncer que la valeur va monter.
Au final, ils utilisent des mécanismes de smart contracts pour liquider ceux qui veulent short ces briques, et échangent leurs papiers (Token) contre de l’argent réel.
C’est pourquoi on dit que « lancer un jeton, c’est sortir de la marchandise ». Car dans leur business modèle, il n’y a jamais eu « profit grâce aux services technologiques » : vendre des tokens est la seule façon de faire du business.
Quand Token = Produit, cette industrie devient forcément un jeu de capital basé sur la transmission de l’obus, et non une affaire de création de valeur. C’est peut-être la plus grande tristesse de la crypto en 2025.
Ce n’est pas que le clone n’ait pas de marché haussier, mais que le marché haussier ne peut pas accueillir des clones sans cash flow.
Et finalement, la grande question : qui a permis cette situation de FDV élevé et faible circulation aujourd’hui ? Qui a transformé le token en un produit / service final ?
Est-ce une rampe de lancement ? un meme ? une bourse ? un VC ? un média ? un trader ? un analyste ? un projet ? — Ou nous tous ?
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Point de vue : Pourquoi dit-on que 2025 sera l'année où l'ajout de jetons sera synonyme de sortie de marché ?
Auteur : @agintender
Lien :
Déclaration : Cet article est une reproduction, les lecteurs peuvent obtenir plus d’informations via le lien original. Si l’auteur a une objection à la forme de reproduction, veuillez nous contacter, nous ferons les modifications selon la demande de l’auteur. La reproduction est uniquement destinée au partage d’informations, ne constitue pas un conseil en investissement et ne reflète pas le point de vue ou la position de Wu Shuo.
Pourquoi dit-on que 2025 sera l’année où « la mise en circulation équivaut à sortie de token » ? Parce que dans le business plan des projets de niveau top, il n’y a jamais « profit grâce aux services technologiques » : la vente de tokens est le seul modèle commercial.
Quand Token = Produit = Source unique de revenu, cette industrie devient forcément un jeu de capital basé sur la passe d’obus, et non un BUIDL visant à créer de la valeur. De 2023 à 2025, c’est une période de transformation structurelle mémorable dans l’histoire de la cryptomonnaie, marquant la déconnexion fondamentale entre utilité du protocole et valorisation des actifs. Même les « commerçants fujianais » traditionnels s’écrieraient « Jia lat » (c’est dur).
Introduction : Ruines en Ukraine et calculs des Fujianais
Dans le monde des affaires, la confrérie commerciale du Fujian (« Minshang ») est célèbre pour son intuition commerciale aiguë : là où il y a une différence de prix, il y a une opportunité ; là où il y a chaos, il y a arbitrage. Même dans le feu de la guerre en Ukraine, des Fujianais cherchent des opportunités de richesse risquée.
La confrérie commerciale du Fujian (« Minshang ») connaît une règle fondamentale : lors de la ruée vers l’or, le chemin le plus sûr vers la richesse n’est pas la spéculation minière, mais la fourniture d’outils nécessaires (pelles) et de services logistiques aux prospecteurs.
Dans le contexte de l’économie cryptographique, « vendre des pelles » correspond théoriquement à fournir des infrastructures blockchain (L1, L2, ponts inter-chaînes), dont les revenus devraient provenir des frais de gaz et du débit de transaction (« péages »). Cependant, de 2023 à 2025, avec l’arrivée de technologies comme EIP-4844 et la surabondance d’offres en infrastructure L2/L3, la viabilité commerciale de « vendre des pelles » en tant que revenu indépendant commence à s’effriter.
Par conséquent, le secteur se tourne vers un mode de « arbitrage mondial » déformé. Les projets ne cherchent plus à vendre des services d’infrastructure aux utilisateurs, mais à vendre les droits financiers (Token) de cette infrastructure elle-même comme produit principal aux petits investisseurs. À ce stade, la « pelle » devient un outil d’attraction de trafic / un vecteur marketing, visant uniquement à justifier la légitimité d’émissions de jetons à haute valorisation.
Cet article analysera en détail ce changement – notamment le phénomène de « faible circulation, FDV élevé », les structures de market makers predatory, et l’industrialisation des airdrops – et conclura que la principale production commerciale de la période infrastructure (2023-2025) n’est pas l’utilité technique, mais la sortie systématique du capital de capital-risque vers la liquidité retail.
Chapitre 1 : Prototype du Minshang : pragmatisme commercial et réseau d’arbitrage global
1.1 La sagesse du marché secondaire : de la Californie au monde entier
La maxime « vendre des pelles lors de la ruée vers l’or » est généralement attribuée à la ruée vers l’or de Californie en 1849. À l’époque, des entrepreneurs comme Samuel Brannan ne s’enrichissaient pas en trouvant de l’or dans les rivières, mais en monopolisant la chaîne d’approvisionnement des outils nécessaires aux mineurs, accumulant ainsi une richesse considérable. Dans le contexte commercial chinois, en particulier pour la confrérie du Fujian, cette philosophie dépasse la simple relation offre/demande : elle a évolué en un système complexe d’« arbitrage global ».
Le Fujian, province montagneuse peu fertile et orientée vers la mer, a historiquement dû se tourner vers la mer pour le commerce. Cette géographie a engendré un ADN commercial unique, comprenant deux principes clés :
Transfert de risque : les prospecteurs prennent le risque de ne pas trouver d’or, tandis que les commerçants, en vendant des outils, verrouillent leur profit à l’avance. Que le prospecteur réussisse ou non, la valeur de la pelle est réalisée au moment de la transaction.
Arbitrage en réseau : en exploitant des réseaux étroits basés sur la famille et la kinship, le capital et les marchandises circulent entre différentes juridictions et niveaux de développement économique. Par exemple, en achetant des produits à faible coût sur la côte chinoise pour les revendre avec une marge plus élevée en Afrique ou en Amérique du Sud, profitant de l’asymétrie d’informations et de régulations lacunaires.
L’esprit des Fujianais – « prendre des risques, aimer la compétition, et exploiter les règles » – trouve une parfaite réplique moderne dans le monde numérique sans frontières et peu régulé de la cryptomonnaie.
1.2 Miroirs parallèles dans le monde crypto : du Gas au pouvoir de gouvernance
Dans les premières années (2017-2021), la métaphore de « vendre des pelles » était largement valable. Les échanges (Binance, Coinbase), fabricants de mineurs (Bitmain), et mineurs Ethereum ont gagné des flux de trésorerie importants en servant la frénésie spéculative des petits investisseurs. Leur modèle : prélever une commission sur chaque transaction (frais de gaz ou de transaction).
Mais, à partir de la période 2023-2025, le marché se divise fondamentalement.
La paupérisation des « prospecteurs » : les petits investisseurs interagissant en chaîne deviennent plus prudents et moins disposés à payer des frais élevés.
L’inflation des « vendeurs de pelles » : une croissance exponentielle des projets d’infrastructure, avec une offre de Layer 2, Layer 3, blockchain modulaire, ponts inter-chaînes, dépassant largement la demande réelle de « prospection » (transactions concrètes).
Face à la compression des marges sur le service principal (espace de bloc), ces projets d’infrastructure adoptent une stratégie d’arbitrage inter-temporal inspirée des Fujianais, mais transformée en ingénierie financière : ils ne cherchent plus à échanger des biens contre de la monnaie ici-bas, mais à échanger des « attentes » (narratives) contre la « liquidité » (USD/stablecoins) là-haut.
Les VC et market makers crypto industrialisent cette logique d’arbitrage :
Arbitrage réglementaire : les fondations sont enregistrées à Caiman ou à Panama, les équipes de développement en Silicon Valley ou en Europe, mais la cible marketing reste les petits investisseurs asiatiques et d’Europe de l’Est.
Arbitrage de liquidité : en obtenant des tokens à très faible valorisation (seed round) sur le marché primaire, ils les revendent à des valorisations très élevées (FDV élevée) sur le marché secondaire via des market makers.
Arbitrage d’information : en exploitant l’écart d’informations entre la narration publique sur la gouvernance communautaire et les clauses privées « déverrouillées » par les initiés.
Chapitre 2 : Mutation du modèle économique : l’infrastructure comme « produit à pertes »
2.1 L’effondrement des revenus protocolaires et paradoxe technique
En 2025, le modèle traditionnel de « vendre des pelles » pour solutions Layer 2 est en crise existentielle. La réussite technologique du roadmap Ethereum, notamment avec la mise en œuvre d’EIP-4844 (Proto-Danksharding), introduit une capacité de stockage de données « Blob » qui réduit considérablement le coût de transmission de données de L2 à L1.
D’un point de vue technique, c’est une victoire majeure : le coût des transactions utilisateur chute de plus de 90%. Mais, du point de vue commercial, c’est une destruction de la marge de profit de L2. Avant, L2 pouvait revendre l’espace de bloc Ethereum coûteux pour faire de gros marges ; maintenant, avec des coûts proches de zéro, ils sont contraints de se livrer à une guerre de tarifs.
Selon des rapports de 1kx et Token Terminal, malgré une croissance du volume quotidien de transactions par 2,7 fois par rapport à 2021, le revenu total des frais de gaz de la blockchain a chuté de 86% en 2025. Cela signifie que le prix des « pelles » est devenu si faible qu’il ne supporte plus la valorisation des usines de fabrication. Les mineurs ne peuvent même plus couvrir leurs coûts de mise en marche.
2.2 ZkSync Era : la désillusion des revenus
ZkSync Era offre un exemple brutal sur la nature du revenu. Avant le TGE (Token Generation Event) de juin 2024, le réseau ZkSync générait chaque jour d’énormes revenus de validateurs, atteignant un pic à plus de 740 000 dollars par jour. Apparence : une « pelle » florissante.
Mais en réalité, c’est une fausse prospérité alimentée par « attentes d’airdrop ». Les utilisateurs paient des frais de gaz non pas pour utiliser le réseau (utilité), mais pour acheter un ticket de loterie potentiellement gagnant (airdrop).
Après la fin de l’airdrop en juin 2024, les revenus quotidiens de ZkSync ont immédiatement chuté à environ 6 800 dollars, soit une baisse de 99%.
Si un magasin physique arrêtait d’offrir des coupons, et que son flux client disparaissait instantanément, cela montrerait que son produit principal n’a pas de demande réelle.
2.3 Starknet : décalage extrême entre valorisation et revenus
Starknet illustre également l’absurdité de cette logique de valorisation. Bien qu’en avance en matière de preuve à divulgation zero, ses données financières ne soutiennent pas ses prix en marché primaire.
Au début 2024, la valorisation FDV de Starknet ( STRK ) dépassait 7 milliards de dollars, atteignant même 20 milliards en marché OTC.
En même temps, ses revenus protocolaires annuels après EIP-4844 n’étaient que de quelques dizaines de millions de dollars — un ratio P/S (Prix sur ventes) de 500 à 700. En comparaison, le véritable « vendeur de pelles » du secteur AI, NVIDIA, a un ratio P/S généralement entre 30 et 40.
Les investisseurs achètent STRK non pas en actualisant ses flux futurs (approche traditionnelle d’investissement par actions), mais en jouant une stratégie de pari : croire qu’il y aura des acheteurs « plus croyants » qui prendront le relais à des prix élevés.
Le mode traditionnel du Minshang – « faibles marges, flux de trésorerie stable » – est abandonné dans la cryptosphère au profit d’un modèle basé sur de la « finance alchimique » : créer de toute pièce un actif financier à haute valorisation via la fabrication de barrières techniques et narratives, et le vendre à des petits investisseurs sans capacité de discernement.
Chapitre 3 : Mécanismes de financiarisation : le piège du « faible flottant, FDV élevé »
Pour maintenir le modèle commercial de « vendre des tokens » sans revenus réels, l’industrie a popularisé une structure de marché spécifique : « faible flottant, haute valorisation FDV » (Low Float, High FDV).
3.1 Alerte de Binance Research
En mai 2024, Binance Research a publié un rapport titré « Low Float et High FDV : comment en sommes-nous arrivés là ? » critiquant systématiquement cette situation. Le rapport indique que cette structure déformée de tokens en circulation est devenue une norme dans l’émission de tokens d’infrastructure. ( )
Mécanismes d’opération :
Prix du marché primaire : des fonds de capital-risque (VC) entrent en seed à une valorisation de 50 millions à 100 millions de dollars.
Rareté artificielle : lors de l’introduction en bourse, seulement 5% – 10% de l’offre totale sont libérés. Les market makers, avec cette liquidité très faible, peuvent facilement faire monter le prix avec peu de fonds.
Illusion de capitalisation : un token avec 100 millions d’offres en circulation à 1 dollar a une « capitalisation en circulation » de 100 millions de dollars, ce qui paraît peu cher (Small Cap). Mais si l’offre totale est de 10 milliards, la FDV atteint 10 milliards de dollars.
Vente systématique : dans les 3-5 ans qui suivent, les 95% restants seront libérés. Pour maintenir un prix de 1 dollar, le marché doit absorber 95 milliards de dollars de nouveaux fonds. Sur un marché basé sur la masse, cela est mathématiquement impossible : le prix s’effondre forcément.
3.2 Ancrage psychologique pour les petits investisseurs
Cette structure exploite précisément les biais cognitifs des petits investisseurs. Ceux-ci se concentrent souvent uniquement sur « le prix unitaire » (Unit Bias : 0,1 dollar paraît moins cher que 100 dollars) ou la « capitalisation en circulation », en ignorant la pression inflationniste représentée par la FDV.
Pour des VC ou projets aussi prudents et malins que le Minshang, c’est une arbitrage inter-temporal parfait : a) ils verrouillent des retours énormes en comptabilité (de seed à FDV multipliée par 100). b) ils profitent de la poursuite par les petits investisseurs de la hausse à court terme causée par le « faible flottant », en tant que source de liquidité pour sortir. c) en déployant une libération linéaire sur plusieurs années, ils répartissent la pression de vente, comme une « cuisson à feu doux » pour récolter la liquidité du marché.
3.3 Comparaison de données : le décalage de valorisation en 2025
En 2025, cette bulle de valorisation est devenue extrême. Selon un rapport de 1kx, le ratio P/S (prix sur ventes) médian des blockchains de Layer 1 atteint 7 300, tandis que pour les protocoles DeFi générant un vrai cash-flow, il n’est que de 17.
( )
Ce gigantesque écart de valorisation révèle une vérité de marché évidente : la logique de valorisation des projets d’infrastructure ne repose pas sur leur capacité à faire du profit en tant que « pelles », mais sur leur capacité à vendre comme actifs financiers. Les projets sont en réalité des presses à billets, et non des sociétés technologiques.
Chapitre 4 : Vue du Minshang sur l’évolution du marché : de « vente de services » à « vente de produits »
4.1 La logique « ancienne » (2017-2021) : vendre des pelles
Dans la période ICO ou DeFi Summer, la logique était proche de la vieille philosophie du Minshang : Scénario : petits investisseurs cherchent à prospecter (trades / spéculation). Pelles : échanges, gas des blockchains publiques, protocoles de prêt. Logique : tu me vends une pelle, je te paie un loyer (frais). Token : comme un « bon de prévente » ou une « carte de membre », représentant le droit d’utiliser la pelle ou de percevoir une part des bénéfices futurs.
4.2 La mutation 2023-2025 : « Token = Produit »
En 2025, avec la surabondance d’infrastructures (L2 en overflow), « percevoir des péages » ne rapporte plus (frais de gas quasi nuls). Les projets et capitalistes découvrent qu’il vaut mieux vendre directement « l’action de la société de pelles » (Token) comme marchandise, plutôt que de fabriquer de bonnes pelles pour faire de petites marges. Dans ce nouveau modèle : Vrai produit : le Token. C’est le seul produit générant des revenus (USDT / USDC). Matériel marketing : blockchain, jeux, outils. Leur seul rôle : fournir un narratif pour donner du crédit au Token. Modèle économique : vendre des Tokens = revenus de vente.
C’est une régression extrêmement triste – le secteur ne cherche plus à faire de l’argent via des services technologiques, mais à fixer des prix d’air et à vendre via des moyens financiers.
4.3 Production et packaging : la crédibilité de haut niveau et le « jeu de crédibilité »
Si le Token est un bien, alors pour le vendre à prix élevé (sortie), il faut un packaging de haut niveau.
Crédit institutionnel : non pour l’investissement, mais pour la « marque »
Dans la période 2023-2025, le rôle des VC devient celui de « franchiseur de marque » plutôt que d’investisseur à risque.
La vérité derrière les financements massifs : Starknet a levé $80 milliards, LayerZero $30 milliards. Ces chiffres astronomiques ne reposent pas sur des revenus futurs (les revenus annuels de Starknet ne couvrent même pas les salaires), mais sur l’anticipation de combien de tokens ils pourront vendre à des petits investisseurs à l’avenir.
Les noms de VC de premier plan comme a16z ou Paradigm, comme les marques Nike collées sur des usines de chaussures du Fujian, servent à rassurer les petits investisseurs : « Ce produit (Token) est authentique, il vaut la peine d’être acheté à prix élevé ».
Ce qui est intéressant, c’est pourquoi ces VC peuvent proposer des valorisations aussi élevées ? Parce que les petits investisseurs croient que leur prix d’achat est au moins aussi bas que celui des grands VC, voire plus bas, alors que la valorisation n’a en réalité pas de limite inférieure.
4.4 Influenceurs et recommandations : pas seulement du marketing, mais des « distributeurs »
Les KOL dans cette chaîne ne sont plus là pour faire de l’analyse de valeur, mais pour distribuer.
Recommandations = sortie immédiate : projets ou market makers donnent à des KOL des tokens à bas prix ou des commissions. Leur rôle : créer du FOMO, maintenir la hype, assurer suffisamment de liquidité pour absorber la pression de vente lors du déblocage VC.
Chapitre 5 : Le complexe industriel des market makers : intermédiaires invisibles
Si le Token est un produit, alors le market maker (aka « dealer » sauvage) est un distributeur. Entre 2023 et 2025, la relation entre projets et market makers s’est dégradée d’un service à une connivence predatory, rappelant la stratégie de contrôle des canaux par des réseaux familiaux dans la confrérie du Fujian, mais avec pour objectif non plus la circulation de biens, mais la récolte de positions adverses.
5.1 Modèle d’emprunt + options d’achat (Loan + Call Option)
Dans cette période, le contrat standard entre projet et market maker est une « émission de tokens + option d’achat » :
Structure du trade : le projet prête sans intérêt plusieurs dizaines de millions de tokens (par exemple 2-5% de la circulation) comme « stock ». En même temps, il octroie une option d’achat, généralement à un prix d’exercice fixé au prix d’introduction ou légèrement supérieur.
Désalignement incitatif :
Le market maker n’est plus un fournisseur neutre de liquidité, mais un spéculateur sur la volatilité haussière. Il a tout intérêt à provoquer des mouvements violents pour pousser le prix au-dessus du prix d’exercice, afin d’écouler sa position. Ce modèle, mathématiquement, condamne le market maker à être en opposition avec les petits investisseurs. Voir :
5.2 Contrats de short squeeze : la façon la plus efficace de trouver un « pigeon »
« La mécanique des contrats est un vecteur d’évacuation », c’est la technique la plus agressive du trader de cette période, donnant lieu à des narratifs comme « délistage » ou « manipulation avant cotation ». Que faire quand il n’y a plus d’acheteurs en spot (pas de take-profit) ? Créer des acheteurs forcés.
Exemple précis :
C’est comme si un Fujianais annonçait sur le marché « la pelle va baisser », puis quand tout le monde short, il monopolise l’offre et hausse le prix, forçant les shorts à payer cher.
5.3 Scandale Movement Labs : le « cartel » inscrit dans le contrat
Le scandale Movement Labs ( MOVE ) de 2025 a complètement dévoilé cette industrie grisée.
Une enquête de Coindesk montre que Movement Labs a signé un accord secret avec un mystérieux intermédiaire appelé Rentech (lié à Web3Port, market maker), lui confiant environ 10 % de l’offre de tokens (66 millions). Le contrat contient des clauses étonnantes, visant à pousser la FDV à 5 milliards de dollars. Une fois cet objectif atteint, les deux parties se partagent les profits de la vente.
Lorsque Rentech a commencé à vendre massivement des tokens, Binance a détecté l’anomalie et a suspendu les comptes liés, Coinbase a également suspendu la négociation de MOVE. Cet incident prouve que la « gestion de la capitalisation » souvent appelée « market cap management » est en réalité une écriture dans le contrat pour manipuler le prix à la hausse avant la sortie.
Ce procédé rappelle les opérations des vieux commerçants du Fujian opérant dans les zones grises du commerce mondial : utilisation de réseaux complexes d’intermédiaires et de coquilles multiples pour contourner la régulation et contrôler les prix. Mais dans la cryptosphère, ces manipulations volent directement le capital des petits investisseurs.
Conclusion :
Si ces projets étaient vraiment dans le business des « pelles », ils optimiseraient leur revenu de gas et leur activité quotidienne. Mais ils semblent ne pas s’en soucier, ne faisant que bâtir des châteaux en Espagne dans leur short.
Car leur vrai business : produire des tokens à très faible coût, les valoriser à des niveaux exorbitants, puis les revendre sur le marché secondaire via contrats et market makers, pour récupérer du USDT / USDC (de l’argent réel).
C’est pour cela que 2025 ressemble à un casino, car personne ne fait réellement du business, tout le monde ne fait que du trading.
Chapitre 6 : Nouvel ordre du marché en 2025 : contre-attaque sur la couche applicative
En 2025, la fatigue face au « casino infrastructure » atteint son paroxysme. Les données montrent que les capitaux et l’attention se déplacent du « vendre des pelles » (infrastructure) vers la couche « vraie richesse » : l’application capable d’extraire de la valeur.
6.1 La transition du récit des blockchains vers le flux de trésorerie des Dapps Un rapport de la fin 2025 de 1kx sur « les revenus en chaîne » illustre cette tendance.
Réorientation des revenus : au premier semestre 2025, la contribution totale des protocoles DeFi, applications grand public et wallets atteint 63% des frais totaux en chaîne, tandis que la part de l’infrastructure Layer 1 et Layer 2 diminue à 22%.
Croissance comparée : les revenus de la couche applicative ont augmenté de 126% en un an, alors que ceux de l’infrastructure stagnent ou reculent.
Retour à la logique commerciale : ces chiffres marquent la fin de l’ère où les « vendeurs de pelles » dominaient les profits. Avec la baisse du coût de l’infrastructure (approche commoditée), la capacité de capter la valeur se déplace vers les applications directement en contact avec les utilisateurs. Les DApps capables de créer une véritable fidélité et un flux de trésorerie, comme hyperliquid ou pump.fun ), deviennent les nouvelles stars du marché, reléguant les L2.
6.2 La réévaluation du token comme coût d’acquisition
L’industrie reconsidère la valeur économique des « airdrops ». En 2025, le token n’est plus une marque de gouvernance, de dividende ou d’identité, mais un coût d’acquisition (CAC) et un signal négatif pour la vente à découvert.
Les données de Blockchain ads montrent que le coût pour acquérir un utilisateur réel via un token peut atteindre 85-100 dollars ou plus — bien supérieur aux standards du Web2, étant une conséquence de la dépendance à la voie principale.
Des projets comme ZkSync, qui dépensent plusieurs centaines de millions de dollars (en tokens) en incitations, découvrent que ces utilisateurs sont des « mercenaires » : dès que l’incitation s’arrête, la liquidité se retire. Cela pousse les projets à passer d’un modèle de « dépense massive » à un modèle plus fin, basé sur le « points » et le « partage de gains réels ».
Chapitre 7 : Conclusion : la fin de la fête des commerçants
De 2023 à 2025, le marché crypto a joué une grande pièce de capitalisation primitive déguisée en « innovation technologique ». La vieille sagesse du Minshang – « vendre des pelles lors de la ruée vers l’or » – a été poussée à l’extrême :
Pelles gratuites : pour attirer le trafic, les vraies pelles (espace bloc) sont sans cesse bradées, voire subventionnées en dessous du coût (via tokens). Société de fabrication : les commerçants ne gagnent plus à vendre des pelles, mais à vendre des « actions de l’usine à pelles » (high FDV tokens) à des petits qui pensent détenir le monopole de la mine. Système d’arbitrage institutionnalisé : market makers, VC et exchanges forment une communauté d’intérêts, utilisant outils financiers complexes (options, emprunts, contrats) pour transférer la richesse au détail.
En reconsidérant le marché crypto 2025 avec la vision d’un commerçant du Fujian, on voit une image claire :
Ce groupe (projets + VC) prétendait bâtir des maisons en Ukraine (nouveau secteur Web3 à haut risque), mais en réalité, ils ne se soucient pas de savoir si ces maisons seront habitées. Leur vrai jeu : d’abord poser une enseigne sur le terrain, puis imprimer une foule de « jetons en briques » (Token). faire appel à de grandes figures de Wall Street (VC) pour faire croire que ces briques en tokens pourront bientôt échanger de l’or. faire appel à des « porte-paroles » locaux (KOL) pour annoncer que la valeur va monter.
Au final, ils utilisent des mécanismes de smart contracts pour liquider ceux qui veulent short ces briques, et échangent leurs papiers (Token) contre de l’argent réel.
C’est pourquoi on dit que « lancer un jeton, c’est sortir de la marchandise ». Car dans leur business modèle, il n’y a jamais eu « profit grâce aux services technologiques » : vendre des tokens est la seule façon de faire du business.
Quand Token = Produit, cette industrie devient forcément un jeu de capital basé sur la transmission de l’obus, et non une affaire de création de valeur. C’est peut-être la plus grande tristesse de la crypto en 2025.
Ce n’est pas que le clone n’ait pas de marché haussier, mais que le marché haussier ne peut pas accueillir des clones sans cash flow.
Et finalement, la grande question : qui a permis cette situation de FDV élevé et faible circulation aujourd’hui ? Qui a transformé le token en un produit / service final ? Est-ce une rampe de lancement ? un meme ? une bourse ? un VC ? un média ? un trader ? un analyste ? un projet ? — Ou nous tous ?