Lorsque nous parlons d’actifs qui prennent de la valeur sans générer de dividendes ni d’intérêts, l’or en est la preuve vivante que la confiance a un prix. En octobre 2025, une once d’or se négocie autour de 4 270 dollars, un chiffre qui semblerait de la science-fiction pour ceux qui l’achetaient à 400 dollars il y a deux décennies. Comment a-t-il pu se multiplier par plus de dix ? La réponse ne réside pas seulement dans les chiffres, mais dans la façon dont les investisseurs réagissent à la peur, à l’inflation et à l’instabilité.
Quatre actes d’un film de prix sans scénario
L’évolution du prix de l’or n’a pas été linéaire. Ce fut un voyage en trois actes bien différenciés, chacun racontant sa propre histoire de crise, d’espoir et de revalorisation.
Le décollage : 2005-2010
Au milieu des années 2000, personne ne prédisait que l’or passerait de 430 dollars à dépasser 1 200 en seulement cinq ans. Mais cela s’est produit. La faiblesse du dollar, la hausse du pétrole et surtout la crise hypothécaire de 2008 ont transformé le métal en bouée de sauvetage que tous recherchaient. Lorsque Lehman Brothers a fait faillite, les banques centrales ont intensifié leurs achats. L’or n’était plus un caprice de collectionneur : c’était une survie financière.
La pause réflexive : 2010-2015
Avec la crise contenue, les marchés ont respiré. L’or est passé de protagoniste à personnage secondaire. Il a oscillé entre 1 000 et 1 200 dollars, consolidant sa fonction de couverture mais sans offrir ces rendements spectaculaires d’autrefois. Il était technique, modéré, presque ennuyeux. Mais il n’a jamais perdu sa raison d’être.
Le deuxième acte : 2015-2020
Les tensions commerciales, la dette publique au maximum et les taux d’intérêt historiquement bas ont relancé la demande. Mais c’est la COVID-19 qui l’a propulsé. En 2020, pour la première fois dans l’histoire, l’or a dépassé les 2 000 dollars. Il n’était plus une ancre : c’était la boussole dans la tempête.
L’ascension sans frein : 2020-2025
Ces cinq dernières années ont connu la revalorisation la plus agressive. De 1 900 dollars à plus de 4 200, soit une hausse de 124%. En deux décennies, le gain cumulé tourne autour de 900%. L’extraordinaire n’est pas seulement dans le chiffre, mais dans le fait que la majorité de cette appréciation s’est produite dans un contexte où d’autres investissements croissaient aussi. Coïncidence ? Non. Besoin de refuge dans un monde de plus en plus incertain.
Combien d’argent aurait-on gagné si l’on avait investi dans l’or il y a dix ans ?
Entre 2015 et 2025, celui qui a investi dans l’or à un peu plus de 1 000 dollars l’once verrait aujourd’hui son capital valorisé de +295%. Converti en rendement annuel, cela représente entre 7% et 8% par an, année après année, sans achat de dividendes ni analyse de bilans. Juste la confiance et la volatilité.
Comment cela se compare-t-il aux actions ? Le tableau le dit tout :
Actif
Année en cours
1 An
5 Ans
Depuis le début
Or
14,51%
15,05%
94,35%
799,58%
S&P 500
12,82%
16,01%
89,76%
688,33%
Nasdaq-100
19,65%
23,47%
115,02%
5506,58%
IBEX 35
35,55%
33,67%
129,62%
87,03%
La surprise : depuis cinq ans, l’or a mieux performé que le S&P 500. Il est rare qu’un métal sans flux de trésorerie dépasse 500 entreprises américaines, mais c’est le cas. En 2008, alors que les marchés chutaient de plus de 30%, l’or n’a reculé que de 2%. En 2020, quand tout s’est paralysé, il a encore regagné du terrain. Le motif est clair : quand le monde tremble, l’or sourit.
Pourquoi continue-t-il à monter : les véritables moteurs
Ce n’est pas de la magie, c’est de l’économie. L’or monte lorsque des événements spécifiques se produisent :
Taux d’intérêt réels négatifs : Quand les obligations ne rapportent rien (ou perdent du pouvoir d’achat), investir dans l’or cesse d’être fou. Les banques centrales ont réduit les taux à zéro pendant des années. Résultat : l’or a bénéficié de cette pénurie d’alternatives.
Un dollar faible : L’or se négocie en dollars. Quand la monnaie américaine se déprécie (comme après 2020), acheter de l’or devient plus abordable pour le reste du monde. Plus d’acheteurs, plus de prix.
Inflation à vif : La pandémie a fait exploser l’inflation. Les gouvernements ont dépensé des milliards. Quand votre argent perd du pouvoir, vous cherchez quelque chose qui ne le perde pas. L’or a protégé les investisseurs de cette érosion. Ce n’est pas de la rentabilité, c’est de la survie.
Tensions géopolitiques : Sanctions commerciales, guerres commerciales, conflits réels. Les banques centrales des pays émergents ont accru leurs achats d’or pour réduire leur dépendance au dollar. Quand la politique est volatile, l’or est stable.
Comment utiliser l’or sans devenir un spéculateur
Voici le point critique : l’or n’est pas un actif pour s’enrichir. C’est un actif pour ne pas s’appauvrir. Les conseillers sérieux recommandent entre 5% et 10% du patrimoine en or physique, ETFs ou fonds qui le répliquent.
Dans un portefeuille chargé d’actions, c’est une assurance. Quand tout chute, ces 5-10% maintiennent la valeur. De plus, l’or a quelque chose que le bitcoin envie : une liquidité universelle. Dans n’importe quel pays, à tout moment, vous pouvez le convertir en argent. Il n’y a pas de restrictions de capital, pas de blocages. En période de tension monétaire ou de crise de devises, cela compte plus que vous ne pensez.
La conclusion que personne ne veut entendre
Le prix de l’or en vingt ans raconte une vérité gênante : les investisseurs n’ont plus autant confiance dans les systèmes qu’avant. Il y a vingt ans, on achetait des actions. Aujourd’hui, beaucoup achètent aussi de l’or. Ce n’est pas qu’il y ait moins de gains sur les actions (le Nasdaq-100 reste le roi à long terme), mais le parcours pour y arriver devient de plus en plus turbulent.
L’or reste ce qu’il a toujours été : une assurance silencieuse. Il ne promet pas la richesse rapide. Il promet que quand tout vacille, votre richesse vacille moins. Dans un monde où l’inflation revient, où les conflits prolifèrent et où les taux d’intérêt jouent au ping-pong, ne pas avoir d’or dans un portefeuille diversifié n’est pas de la prudence, c’est du risque.
L’évolution du prix de l’or sur les 20 dernières années n’est pas un accident historique. C’est le résultat d’investisseurs cherchant ce qu’ils ont toujours cherché : la sécurité. Et en 2025, ce concept vaut plus que jamais.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Vingt ans d'or : de 400 dollars à plus de 4 200 - l'histoire d'un métal qui défie les crises
Lorsque nous parlons d’actifs qui prennent de la valeur sans générer de dividendes ni d’intérêts, l’or en est la preuve vivante que la confiance a un prix. En octobre 2025, une once d’or se négocie autour de 4 270 dollars, un chiffre qui semblerait de la science-fiction pour ceux qui l’achetaient à 400 dollars il y a deux décennies. Comment a-t-il pu se multiplier par plus de dix ? La réponse ne réside pas seulement dans les chiffres, mais dans la façon dont les investisseurs réagissent à la peur, à l’inflation et à l’instabilité.
Quatre actes d’un film de prix sans scénario
L’évolution du prix de l’or n’a pas été linéaire. Ce fut un voyage en trois actes bien différenciés, chacun racontant sa propre histoire de crise, d’espoir et de revalorisation.
Le décollage : 2005-2010
Au milieu des années 2000, personne ne prédisait que l’or passerait de 430 dollars à dépasser 1 200 en seulement cinq ans. Mais cela s’est produit. La faiblesse du dollar, la hausse du pétrole et surtout la crise hypothécaire de 2008 ont transformé le métal en bouée de sauvetage que tous recherchaient. Lorsque Lehman Brothers a fait faillite, les banques centrales ont intensifié leurs achats. L’or n’était plus un caprice de collectionneur : c’était une survie financière.
La pause réflexive : 2010-2015
Avec la crise contenue, les marchés ont respiré. L’or est passé de protagoniste à personnage secondaire. Il a oscillé entre 1 000 et 1 200 dollars, consolidant sa fonction de couverture mais sans offrir ces rendements spectaculaires d’autrefois. Il était technique, modéré, presque ennuyeux. Mais il n’a jamais perdu sa raison d’être.
Le deuxième acte : 2015-2020
Les tensions commerciales, la dette publique au maximum et les taux d’intérêt historiquement bas ont relancé la demande. Mais c’est la COVID-19 qui l’a propulsé. En 2020, pour la première fois dans l’histoire, l’or a dépassé les 2 000 dollars. Il n’était plus une ancre : c’était la boussole dans la tempête.
L’ascension sans frein : 2020-2025
Ces cinq dernières années ont connu la revalorisation la plus agressive. De 1 900 dollars à plus de 4 200, soit une hausse de 124%. En deux décennies, le gain cumulé tourne autour de 900%. L’extraordinaire n’est pas seulement dans le chiffre, mais dans le fait que la majorité de cette appréciation s’est produite dans un contexte où d’autres investissements croissaient aussi. Coïncidence ? Non. Besoin de refuge dans un monde de plus en plus incertain.
Combien d’argent aurait-on gagné si l’on avait investi dans l’or il y a dix ans ?
Entre 2015 et 2025, celui qui a investi dans l’or à un peu plus de 1 000 dollars l’once verrait aujourd’hui son capital valorisé de +295%. Converti en rendement annuel, cela représente entre 7% et 8% par an, année après année, sans achat de dividendes ni analyse de bilans. Juste la confiance et la volatilité.
Comment cela se compare-t-il aux actions ? Le tableau le dit tout :
La surprise : depuis cinq ans, l’or a mieux performé que le S&P 500. Il est rare qu’un métal sans flux de trésorerie dépasse 500 entreprises américaines, mais c’est le cas. En 2008, alors que les marchés chutaient de plus de 30%, l’or n’a reculé que de 2%. En 2020, quand tout s’est paralysé, il a encore regagné du terrain. Le motif est clair : quand le monde tremble, l’or sourit.
Pourquoi continue-t-il à monter : les véritables moteurs
Ce n’est pas de la magie, c’est de l’économie. L’or monte lorsque des événements spécifiques se produisent :
Taux d’intérêt réels négatifs : Quand les obligations ne rapportent rien (ou perdent du pouvoir d’achat), investir dans l’or cesse d’être fou. Les banques centrales ont réduit les taux à zéro pendant des années. Résultat : l’or a bénéficié de cette pénurie d’alternatives.
Un dollar faible : L’or se négocie en dollars. Quand la monnaie américaine se déprécie (comme après 2020), acheter de l’or devient plus abordable pour le reste du monde. Plus d’acheteurs, plus de prix.
Inflation à vif : La pandémie a fait exploser l’inflation. Les gouvernements ont dépensé des milliards. Quand votre argent perd du pouvoir, vous cherchez quelque chose qui ne le perde pas. L’or a protégé les investisseurs de cette érosion. Ce n’est pas de la rentabilité, c’est de la survie.
Tensions géopolitiques : Sanctions commerciales, guerres commerciales, conflits réels. Les banques centrales des pays émergents ont accru leurs achats d’or pour réduire leur dépendance au dollar. Quand la politique est volatile, l’or est stable.
Comment utiliser l’or sans devenir un spéculateur
Voici le point critique : l’or n’est pas un actif pour s’enrichir. C’est un actif pour ne pas s’appauvrir. Les conseillers sérieux recommandent entre 5% et 10% du patrimoine en or physique, ETFs ou fonds qui le répliquent.
Dans un portefeuille chargé d’actions, c’est une assurance. Quand tout chute, ces 5-10% maintiennent la valeur. De plus, l’or a quelque chose que le bitcoin envie : une liquidité universelle. Dans n’importe quel pays, à tout moment, vous pouvez le convertir en argent. Il n’y a pas de restrictions de capital, pas de blocages. En période de tension monétaire ou de crise de devises, cela compte plus que vous ne pensez.
La conclusion que personne ne veut entendre
Le prix de l’or en vingt ans raconte une vérité gênante : les investisseurs n’ont plus autant confiance dans les systèmes qu’avant. Il y a vingt ans, on achetait des actions. Aujourd’hui, beaucoup achètent aussi de l’or. Ce n’est pas qu’il y ait moins de gains sur les actions (le Nasdaq-100 reste le roi à long terme), mais le parcours pour y arriver devient de plus en plus turbulent.
L’or reste ce qu’il a toujours été : une assurance silencieuse. Il ne promet pas la richesse rapide. Il promet que quand tout vacille, votre richesse vacille moins. Dans un monde où l’inflation revient, où les conflits prolifèrent et où les taux d’intérêt jouent au ping-pong, ne pas avoir d’or dans un portefeuille diversifié n’est pas de la prudence, c’est du risque.
L’évolution du prix de l’or sur les 20 dernières années n’est pas un accident historique. C’est le résultat d’investisseurs cherchant ce qu’ils ont toujours cherché : la sécurité. Et en 2025, ce concept vaut plus que jamais.