EUR/USD en 2026-2027 : Le euro peut-il poursuivre sa remarquable hausse ?

Le EUR/USD a montré en 2025 une appréciation qui a surpris de nombreux analystes. Du creux de janvier à 1,02 jusqu’au pic de septembre à 1,19 – un mouvement de plus de 1 600 pips. En novembre, la paire est cotée à 1,16. Mais cela n’est-il que le début d’une nouvelle ère pour l’euro, ou les premiers signes de fatigue apparaissent-ils déjà ? Cette prognose EUR/USD analyse les scénarios les plus probables pour 2026 et 2027.

Le dilemme central : pourquoi la prévision EUR/USD est si difficile

La situation actuelle semble claire à première vue : la Banque centrale européenne fait une pause dans ses baisses de taux (Taux de dépôt : 2,00%), tandis que la Fed continue d’assouplir. Mais derrière, se cachent des contradictions profondes.

D’un côté, la logique structurelle des taux d’intérêt. Si la Fed réduit son taux directeur à 3,4% en 2026 et que la BCE reste inchangée à 2,00%, alors le flux de capitaux devrait théoriquement se diriger davantage vers l’euro. Les modèles historiques indiquent qu’un écart de taux de 100 points de base entraîne une appréciation EUR/USD de 5-8% – donc vers 1,22-1,25.

De l’autre, les réalités politiques et structurelles qui pèsent sur cette thèse.

L’Amérique sous Trump : pourquoi l’économie américaine est plus résiliente que prévu

Le second mandat de Trump a montré que son manuel de politique économique fonctionne – du moins à court terme. Le PIB américain a crû de 3,8% au T2 2025, porté par le boom des investissements dans l’IA.

La réforme fiscale du “One Big Beautiful Bill Act” (4 juillet) a pérennisé les baisses d’impôts de 2017. Les entreprises paient toujours 21% d’impôts – un taux qui, avec des coûts énergétiques faibles, attire d’importants flux de capitaux :

  • TSMC construit trois usines de chips en Arizona (165 milliards de dollars)
  • Samsung investit 44 milliards de dollars au Texas
  • Intel s’étend dans l’Ohio (20 milliards de dollars)

La politique douanière fonctionne aussi différemment de ce que beaucoup attendaient. Le “Journée de la Libération” du 2 avril, avec des taxes douanières jusqu’à 145%, a certes provoqué des chocs sur le marché – mais un moratoire de 90 jours a suivi. Les taxes moyennes sont désormais de 15-18%, et surtout : les USA ont obtenu des engagements d’investissements en milliards pour réduire ces taxes. Trump a incité ses partenaires à investir activement en Amérique.

Le prix à payer : le déficit américain atteindra environ 6% du PIB en 2026. La dette augmente. La critique publique de Trump sur l’indépendance de la Fed fragilise la confiance des investisseurs internationaux. C’est probablement la raison pour laquelle le dollar a perdu plus de 10% face à l’euro depuis le début de 2025.

L’Europe à l’épreuve : le stimulus de 500 milliards pourrait échouer

L’Allemagne a annoncé un plan d’infrastructure de 500 milliards d’euros réparti sur 12 ans. Les marchés ont salué – mais la réalité est plus compliquée.

Le problème des coûts énergétiques : les prix de l’électricité en Allemagne sont de 30-35 centimes/kWh pour les ménages et 15-20 centimes/kWh pour l’industrie – deux à trois fois plus qu’aux USA. Pour les secteurs à forte consommation d’énergie (Chimie, acier, semi-conducteurs), l’Allemagne reste structurellement peu attractive, même avec le prix industriel de 5 centimes/kWh prévu pour 2026-2028. Les investissements dans l’infrastructure ne réduisent pas ces coûts. Le danger : les usines déjà délocalisées ne reviendront pas. Le stimulus ne traite que les symptômes.

Le piège de l’implémentation : les projets d’infrastructure allemands prennent en moyenne 17 ans, dont 13 pour obtenir les permis. Le secteur de la construction signale 250 000 postes vacants. Résultat : les multiplicateurs économiques du stimulus pourraient être bien plus faibles que prévu.

Les dépenses militaires stimulent le dollar : une partie du “Fonds spécial” est consacrée à la défense américaine (F-35, Patriot, Chinook). Cela stimule les USA, pas l’Allemagne.

Le plus grand risque – la politique : les élections régionales de 2026 pourraient faire de l’AfD la première force dans certains Länder (sondages actuels : près de 25% au niveau national). Une crise gouvernementale et une paralysie politique en découleraient. Les spreads allemands s’élargiraient, le déploiement du stimulus serait retardé.

La France et la zone euro : un risque sous-estimé

L’instabilité politique en France est réelle. En octobre 2025, un gouvernement a sombré en 24 heures. Le déficit est d’environ 6% du PIB, la dette à 113%. Les obligations françaises rapportent désormais plus que les espagnoles – un signal d’alerte.

La zone euro a crû de seulement 0,2% au T3 2025 par rapport au trimestre précédent (annualisé : 1,3%). Elle reste bien derrière les USA (3,8% au T2 2025). Pour 2026, une croissance de 1,5% est anticipée.

Le point positif : l’inflation, à 2,0%, est sous contrôle, le taux de chômage à 6,3%. La BCE a de la marge. Mais là aussi, un dilemme se profile : si le stimulus allemand fonctionne pleinement, l’inflation pourrait repartir à la hausse – la BCE devrait alors relever ses taux. Ce qui est politiquement impossible pour des pays très endettés. Un vrai scénario de conflit de priorités.

Scénarios techniques : où va l’EUR/USD ?

Supports : 1,1550 et 1,1470 sont les niveaux clés. Une chute sous 1,15 mettrait en danger le scénario haussier et pourrait entraîner des mouvements vers 1,10-1,12.

Résistances : la zone 1,1800-1,1920 est la barrière critique. Une cassure durable au-dessus de 1,20 ouvrirait la voie vers 1,22-1,25.

Que disent les banques ?

Pour fin 2026, le consensus est assez unanime – toutes les grandes institutions anticipent une nouvelle appréciation de l’euro :

Institution Objectif EUR/USD
Morgan Stanley 1,25
BNP Paribas 1,25
Goldman Sachs 1,25
RBC Capital Markets 1,24
JP Morgan 1,22
ING 1,22–1,25
Commerzbank 1,20
Wells Fargo 1,18–1,20

Pour fin 2027, Wells Fargo est nettement plus prudent, avec une prévision de 1,12. La majorité des autres reste haussière :

Institution Objectif EUR/USD
Deutsche Bank 1,30
Morgan Stanley 1,27
RBC Capital Markets 1,24
Commerzbank 1,22
Wells Fargo 1,12

Trois scénarios possibles pour 2026-2027

Scénario de base (Probabilité : 50%) : EUR/USD oscille entre 1,10 et 1,20. La logique haussière des taux établit une limite inférieure, les risques européens limitent le potentiel de hausse. L’Allemagne évolue de façon mitigée – le stimulus agit en partie, mais se dissipe aussi. Les USA évitent la récession, mais ne croissent qu’à 1,8-2,2%. La paire reste majoritairement entre 1,14 et 1,17.

Scénario baissier (Probabilité : 25%) : EUR/USD tombe à 1,05-1,10. Les élections régionales de 2026 renforcent l’AfD, la grande coalition devient dysfonctionnelle, le stimulus s’arrête. Les spreads allemands s’élargissent, la France s’enflamme. La BCE doit baisser ses taux. Paradoxalement, la croissance américaine surprend positivement : boom IA, productivité en hausse, inflation à 2%, la Fed fait une pause à 3,50%. Cas extrême : EUR/USD teste 1,05.

Scénario optimiste (Probabilité : 25%) : EUR/USD grimpe à 1,22-1,28. L’Allemagne se stabilise, le stimulus agit rapidement, la France se détend. Le PIB de la zone euro atteint 2%, ce qui serait transformateur. La BCE annonce fin 2026 une hausse des taux pour 2027. Parallèlement, la crise américaine s’aggrave : inflation persistante, marché du travail faible, stagflation. Les investisseurs étrangers réduisent leurs positions US. EUR/USD franchit 1,20 et monte vers 1,22-1,28.

Agir ou attendre ? La stratégie pour 2026-2027

La prognose EUR/USD incertaine nécessite une approche flexible, basée sur les événements. Points clés :

  • Élections régionales en Allemagne
  • Nomination du successeur de Powell à la Fed : mai 2026(
  • Évolution du budget en France
  • Données économiques américaines
  • Données économiques allemandes

La gestion des risques est essentielle. La situation est dynamique – il faut rester flexible et réagir vite.

Ignorer les plus grands risques, c’est s’exposer

Le risque allemand est fortement sous-estimé : une crise politique n’est pas un scénario théorique – la probabilité est élevée.

Chocs géopolitiques : une escalade en Ukraine ou une crise énergétique 2.0 entraîneraient d’importants flux vers le dollar. La diversification énergétique de l’Europe est avancée, mais pas infaillible.

Résilience américaine surprenante : le boom IA pourrait générer 2-3% de gains de productivité annuels. Faibles taxes, énergie bon marché, domination technologique rendent les USA indispensables pour les entreprises.

Conclusion : l’EUR/USD entre espoirs et risques

La paire EUR/USD reste en 2026-2027 dans un contexte de tension. La logique des taux plaide pour l’euro )Seuils 1,10-1,12(. Le dollar est surévalué de 23%. Les flux de capitaux pourraient s’inverser.

Mais la fragmentation politique en Allemagne )Crise électorale 2026(, les coûts énergétiques élevés en Europe et la force de l’économie américaine )IA, fiscalité( agissent comme contrepoids.

L’enjeu : la stabilité politique en Allemagne après les élections ? La relance malgré les obstacles structurels ? La résilience de l’économie US ?

Les réponses détermineront si une nouvelle force de l’euro apparaît – ou si le dollar reprend sa domination. Pour les traders, cela signifie : préparer les scénarios, rester flexible, et ne pas sous-estimer les risques actuellement le plus ignorés.

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