A première vue, la performance récente de Lucid Motors semble impressionnante sur le papier. La société vient d’annoncer son septième record consécutif de livraisons trimestrielles, avec plus de 4 000 véhicules expédiés au T3 — une hausse de 23 % par rapport au trimestre précédent et une augmentation de 46 % en glissement annuel. Pour une startup de véhicules électriques encore en phase de montée en puissance, ces chiffres justifieraient généralement l’enthousiasme des investisseurs.
Pourtant, l’action Lucid a chuté d’environ 52 % au cours des trois derniers mois, ce qui suggère que Wall Street perçoit quelque chose de préoccupant derrière ces titres de livraison. La déconnexion révèle une vérité fondamentale sur les fabricants de VE en phase de démarrage : battre des records de ventes et rester solvable sont deux défis très différents.
Pourquoi la gravité change la donne (Théoriquement)
La stratégie de Lucid repose sur le croisement Gravity, que la société présente comme son moteur de volume. Voici le calcul qui excite les optimistes : Gravity possède un marché adressable six fois supérieur à celui de la berline Air de Lucid. Si la production peut s’étendre avec succès, le croisement devrait ouvrir l’accès aux acheteurs grand public plutôt qu’aux passionnés ultra-premium.
La société a récemment lancé la version Gravity Touring — le modèle de base tant promis, enfin disponible à moins de 80 000 $. Cette version d’entrée de gamme, à un prix plus accessible que le prix de départ de 96 550 $ du Grand Touring, délivre 560 chevaux et peut atteindre 60 mph en 4 secondes. Le PDG par intérim Marc Winterhoff l’a présenté comme « l’ouverture d’un nouveau public pour la marque Lucid ».
En théorie, cette stratégie tarifaire devrait faire augmenter les livraisons à mesure que Lucid s’approche d’acheteurs plus sensibles aux prix. Les rampes de production sont en cours, et les vents contraires de la chaîne d’approvisionnement — notamment la pénurie d’aimants chinois qui a affecté l’industrie plus tôt cette année — se sont largement atténués.
La crise de liquidités dont personne ne veut parler
C’est ici que le récit se décompose : livrer plus de voitures n’aide pas si vous saignez du cash dans le processus.
Lucid a revu à la baisse ses prévisions de production pour l’année complète, passant à 18 000-20 000 véhicules à mi-parcours, puis s’est fixé sur la limite inférieure. Plus inquiétant encore, la société a manqué à la fois ses estimations de revenus et de bénéfices en Q3, poursuivant sa série de sous-performance par rapport aux attentes de Wall Street.
Le bilan raconte la vraie histoire. Lucid a brûlé une quantité importante de capital et se trouve désormais dans une position précaire. En réponse, la société a :
Augmenté sa facilité de prêt à terme de $750 million à $2 billion, sécurisant plus de marge de manœuvre pour ses opérations
Levée $975 million via des notes seniors convertibles arrivant à échéance en 2031, en utilisant une grande partie pour refinancer une dette antérieure due en 2026
Ces manœuvres ont acheté du temps et réduit la dilution immédiate des actionnaires, mais ce ne sont que des pansements financiers sur un problème structurel : Lucid doit atteindre la rentabilité à des volumes de production plus élevés, réduire ses coûts de fabrication par unité, et faire les deux tout en étant en concurrence dans un marché EV de plus en plus saturé.
Le scepticisme de Wall Street est justifié
Les investisseurs ne sont pas pessimistes parce que Lucid ne battra pas plus de records de livraison — la version Gravity de base aidera presque certainement la société à maintenir une croissance trimestre après trimestre à court terme. Le scepticisme existe parce que :
L’échelle reste théorique — atteindre 20 000 véhicules annuels est significatif ; atteindre la rentabilité à ce volume est une toute autre histoire
L’amélioration des marges est non prouvée — la plupart des startups ont du mal à réduire leurs coûts tout en augmentant leur production
Les besoins en capital ne s’arrêteront pas là — les 2,975 milliards de dollars levés par Lucid ne sont probablement que le début
Pour la plupart des investisseurs, Lucid représente un pari à haut risque, à long terme, qui exige que la société exécute parfaitement sur plusieurs fronts simultanément : montée en puissance de la production, réduction des coûts, expansion du marché, et gestion de la trésorerie.
La conclusion
Lucid continuera probablement à établir des records de livraison. Ce n’est pas la question. La vraie question est de savoir si la société pourra atteindre la rentabilité avant que sa réserve de capital ne s’épuise. Fixer des records sans profits est un hobby coûteux, pas un modèle économique durable. En ce moment, le rapport risque-récompense penche fortement vers la prudence.
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L'essor de la livraison de Lucid cache un problème plus profond : pourquoi des trimestres records pourraient ne pas sauver l'action
Le paradoxe de la croissance sans rentabilité
A première vue, la performance récente de Lucid Motors semble impressionnante sur le papier. La société vient d’annoncer son septième record consécutif de livraisons trimestrielles, avec plus de 4 000 véhicules expédiés au T3 — une hausse de 23 % par rapport au trimestre précédent et une augmentation de 46 % en glissement annuel. Pour une startup de véhicules électriques encore en phase de montée en puissance, ces chiffres justifieraient généralement l’enthousiasme des investisseurs.
Pourtant, l’action Lucid a chuté d’environ 52 % au cours des trois derniers mois, ce qui suggère que Wall Street perçoit quelque chose de préoccupant derrière ces titres de livraison. La déconnexion révèle une vérité fondamentale sur les fabricants de VE en phase de démarrage : battre des records de ventes et rester solvable sont deux défis très différents.
Pourquoi la gravité change la donne (Théoriquement)
La stratégie de Lucid repose sur le croisement Gravity, que la société présente comme son moteur de volume. Voici le calcul qui excite les optimistes : Gravity possède un marché adressable six fois supérieur à celui de la berline Air de Lucid. Si la production peut s’étendre avec succès, le croisement devrait ouvrir l’accès aux acheteurs grand public plutôt qu’aux passionnés ultra-premium.
La société a récemment lancé la version Gravity Touring — le modèle de base tant promis, enfin disponible à moins de 80 000 $. Cette version d’entrée de gamme, à un prix plus accessible que le prix de départ de 96 550 $ du Grand Touring, délivre 560 chevaux et peut atteindre 60 mph en 4 secondes. Le PDG par intérim Marc Winterhoff l’a présenté comme « l’ouverture d’un nouveau public pour la marque Lucid ».
En théorie, cette stratégie tarifaire devrait faire augmenter les livraisons à mesure que Lucid s’approche d’acheteurs plus sensibles aux prix. Les rampes de production sont en cours, et les vents contraires de la chaîne d’approvisionnement — notamment la pénurie d’aimants chinois qui a affecté l’industrie plus tôt cette année — se sont largement atténués.
La crise de liquidités dont personne ne veut parler
C’est ici que le récit se décompose : livrer plus de voitures n’aide pas si vous saignez du cash dans le processus.
Lucid a revu à la baisse ses prévisions de production pour l’année complète, passant à 18 000-20 000 véhicules à mi-parcours, puis s’est fixé sur la limite inférieure. Plus inquiétant encore, la société a manqué à la fois ses estimations de revenus et de bénéfices en Q3, poursuivant sa série de sous-performance par rapport aux attentes de Wall Street.
Le bilan raconte la vraie histoire. Lucid a brûlé une quantité importante de capital et se trouve désormais dans une position précaire. En réponse, la société a :
Ces manœuvres ont acheté du temps et réduit la dilution immédiate des actionnaires, mais ce ne sont que des pansements financiers sur un problème structurel : Lucid doit atteindre la rentabilité à des volumes de production plus élevés, réduire ses coûts de fabrication par unité, et faire les deux tout en étant en concurrence dans un marché EV de plus en plus saturé.
Le scepticisme de Wall Street est justifié
Les investisseurs ne sont pas pessimistes parce que Lucid ne battra pas plus de records de livraison — la version Gravity de base aidera presque certainement la société à maintenir une croissance trimestre après trimestre à court terme. Le scepticisme existe parce que :
Pour la plupart des investisseurs, Lucid représente un pari à haut risque, à long terme, qui exige que la société exécute parfaitement sur plusieurs fronts simultanément : montée en puissance de la production, réduction des coûts, expansion du marché, et gestion de la trésorerie.
La conclusion
Lucid continuera probablement à établir des records de livraison. Ce n’est pas la question. La vraie question est de savoir si la société pourra atteindre la rentabilité avant que sa réserve de capital ne s’épuise. Fixer des records sans profits est un hobby coûteux, pas un modèle économique durable. En ce moment, le rapport risque-récompense penche fortement vers la prudence.