Analyse de la tendance du dollar américain pour la seconde moitié de 2025 : fin du cycle de hausse des taux, difficulté à changer le contexte baissier

La nature et les critères de mesure du taux de change du dollar américain

Le taux de change du dollar américain reflète la valeur relative du dollar par rapport aux autres monnaies. Prenons l’exemple de l’euro face au dollar (EUR/USD) : si le taux est de 1,04, cela signifie qu’un euro peut être échangé contre 1,04 dollars ; lorsque cette valeur monte à 1,09, cela indique une appréciation de l’euro et une dépréciation du dollar ; inversement, cela signifie une appréciation du dollar.

L’indice du dollar (DXY) est l’outil principal pour mesurer la force globale du dollar. Il est composé d’un panier pondéré de six monnaies : euro, yen japonais, livre sterling, dollar canadien, couronne suédoise et franc suisse. La valeur de l’indice indique la force ou la faiblesse du dollar par rapport à ces monnaies de réserve. Il est important de noter que la tendance de l’indice du dollar ne suit pas toujours parfaitement la politique de la Réserve fédérale — une baisse des taux d’intérêt n’entraîne pas nécessairement une chute de l’indice, cela dépend aussi des mesures prises par les banques centrales des pays composant le panier.

Évolution historique du cycle du dollar : huit phases et leurs enseignements

En retraçant l’évolution du dollar sur près de cinquante ans, on peut mieux comprendre la situation actuelle :

1971-1980 (déclin initial) : Après l’effondrement du système de Bretton Woods, le dollar a été décorrélé de l’or, entrant dans une phase d’émission excessive. La crise pétrolière a ensuite déclenché une stagflation mondiale, et l’indice du dollar est tombé en dessous de 90.

1980-1985 (reprise forte) : L’ancien président de la Fed, Paul Volcker, a réussi à maîtriser l’inflation par une politique de taux d’intérêt agressive (le taux des fonds fédéraux a atteint 20 %, puis est resté entre 8-10 %), ce qui a propulsé l’indice du dollar à un sommet historique en 1985. La tendance haussière du dollar a alors pris fin.

1985-1995 (baisse prolongée) : Le double déficit américain (fiscal et commercial) a pesé sur le dollar, amorçant un long cycle de dépréciation.

1995-2002 (essor de l’ère Internet) : La prospérité économique sous Clinton et le rapatriement des capitaux aux États-Unis ont porté l’indice du dollar à un sommet de 120.

2002-2010 (éclatement de la bulle et crise financière) : La bulle Internet a éclaté, les événements du 11 septembre, et la politique de quantitative easing ont entraîné une dépréciation continue du dollar. Pendant la crise financière de 2008, l’indice est tombé à un niveau historiquement bas autour de 60.

2011-2020 (reprise et stabilité) : La crise de la dette européenne et le krach boursier chinois ont maintenu une relative stabilité économique aux États-Unis, soutenue par plusieurs hausses de taux de la Fed.

Début 2020 - début 2022 (assouplissement pandémique) : La pandémie de COVID-19 a conduit la Fed à adopter des taux zéro et un QE illimité, provoquant une chute importante de l’indice du dollar, tandis que l’inflation a explosé.

Début 2022 - fin 2024 (hausse brutale des taux) : La Fed a relevé ses taux pour lutter contre une inflation atteignant ses plus hauts en 25 ans, tout en menant une réduction de la taille de son bilan (QT). Le dollar a été renforcé, mais le cycle de hausse des taux a épuisé la marge de manœuvre pour une baisse future.

La situation actuelle du dollar : convergence technique et fondamentale

L’indice du dollar a baissé pendant cinq jours consécutifs, se situant autour de 103,45, un niveau inférieur à celui de novembre. Plus important encore, il a cassé la moyenne mobile simple à 200 jours, ce qui est généralement considéré comme un signal clair de vente.

Les fondamentaux indiquent également une pression à la baisse. Les données d’emploi américaines de mars ont été inférieures aux attentes, ce qui a renforcé les anticipations de plusieurs baisses de taux par la Fed d’ici 2025, entraînant une baisse des rendements obligataires américains et réduisant l’attractivité relative du dollar. La trajectoire de la politique monétaire de la Fed devient le pivot de la tendance du dollar — si le marché confirme le début d’un cycle de baisse des taux, la faiblesse du dollar s’accentuera.

Bien qu’une correction technique puisse intervenir à court terme, la tendance globale reste à la pression sur le dollar. Si la Fed entame effectivement plusieurs baisses de taux et que les données économiques restent faibles, le dollar pourrait continuer à baisser dans la seconde moitié de 2025, avec un support technique situé sous 102.00.

Scénarios pour la tendance du dollar au second semestre 2025

En combinant analyse technique, cycle économique et attentes politiques, trois scénarios se dessinent pour le dollar en 2025 :

Scénario de base (probabilité 60 %) : dépréciation modérée, maintien de la tendance baissière
La Fed poursuivra ses baisses de taux (3-4 fois), les rendements obligataires continueront de baisser, et l’indice du dollar oscillera entre 95 et 100, dans un contexte global de faiblesse. Les monnaies non américaines, notamment celles liées aux cycles économiques (comme l’Australian dollar) et les monnaies refuges (yen japonais), en profiteront.

Scénario optimiste (probabilité 25 %) : rebond et test
Une escalade des tensions géopolitiques ou des données économiques américaines meilleures que prévu (plus de 250 000 créations d’emplois non agricoles) pourraient faire remonter l’indice du dollar vers 100-103. Cependant, ce rebond serait probablement de courte durée, car les fondamentaux du marché de la baisse des taux seraient modifiés.

Scénario pessimiste (probabilité 15 %) : dépréciation accélérée
Si la vente des obligations américaines se détériore ou si le risque de crise de la dette s’accroît, la prime de crédit du dollar pourrait se réduire fortement, entraînant une chute rapide de l’indice sous 95, avec un risque de débordement financier.

Prévisions pour les principales paires de devises au second semestre

Euro/dollar (EUR/USD) : progression continue à la hausse

L’euro, actuellement à 1,0835, montre une tendance haussière claire. La Fed est attendue pour une baisse de taux plus rapide et plus forte que la BCE, ce qui soutient l’euro. Si la Fed entame un cycle de baisse et que la BCE reste prudente, l’EUR/USD pourrait dépasser la barre psychologique de 1,0900, visant à moyen terme 1,10-1,15. Les anciens sommets et les lignes de tendance constituent des supports solides. Une stabilisation à ces niveaux pourrait libérer une dynamique haussière.

Livre sterling/dollar (GBP/USD) : oscillations avec tendance haussière

La Banque d’Angleterre (BoE) devrait ralentir ses baisses de taux par rapport à la Fed, ce qui soutient la livre face au dollar. La prudence du marché quant à une baisse de taux de la BoE maintiendra probablement la paire entre 1,25 et 1,35, avec une tendance à la hausse. Si la divergence économique et politique s’accentue, le taux pourrait dépasser 1,40, mais il faut rester vigilant face aux risques politiques et à la liquidité du marché.

Dollar américain / yuan chinois (USD/CNH) : consolidation et baisse

Le dollar face au yuan oscille entre 7,2300 et 7,2600, sans tendance claire. Si la Fed baisse fortement ses taux et que la croissance chinoise reste robuste, le USD/CNH pourrait tester le support à 7,20. La capacité de la PBOC à intervenir sur le marché limite aussi la surévaluation du yuan, stabilisant la paire. Techniquement, une cassure en dessous de 7,2260 avec un RSI en zone de survente pourrait offrir une opportunité d’achat à court terme.

Dollar / yen (USD/JPY) : tendance baissière confirmée

Les salaires japonais de janvier ont augmenté de 3,1 %, un record depuis 32 ans, indiquant une sortie du Japon de la stagnation des faibles inflations et faibles salaires. Cela pourrait accélérer la hausse des taux par la BoJ, surtout sous pression américaine. La divergence entre la Fed et la BoJ entraînera une baisse du USD/JPY. Si la paire passe sous 146,90, elle pourrait tester des supports plus faibles ; pour inverser la tendance, il faut dépasser 150,0. La tendance pour le second semestre 2025 est clairement baissière.

Dollar australien / dollar américain (AUD/USD) : support solide, potentiel de hausse

Les données économiques australiennes sont très positives : croissance du PIB de 0,6 % au trimestre, +1,3 % en glissement annuel, et un excédent commercial de 562 milliards en janvier. La RBA reste prudente, laissant peu de chances de baisse de taux, ce qui soutient l’Australian dollar. Si la Fed poursuit son assouplissement et que le dollar se déprécie, l’AUD/USD pourrait continuer à monter, avec un potentiel de hausse accru.

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