## Calcul de la rentabilité réelle de vos obligations : au-delà du coupon que vous voyez
Lorsque vous évaluez où placer votre argent en revenu fixe, le coupon qu'ils promeuvent n'est que la moitié de l'histoire. La véritable rentabilité dépend d'un autre facteur que la majorité ignore : le prix auquel vous achetez l'obligation. C'est ici qu'intervient la **formule TIR** — ou Taux Interne de Rendement — une métrique qui vous montre quel est réellement le rendement que vous obtiendrez.
### Pourquoi la TIR est différente du coupon qu'ils promettent ?
Imaginez deux obligations : l'une verse un coupon de 8% mais que vous achetez à un prix gonflé (107 €), l'autre verse 5% mais que vous achetez à un prix bas (94 €). Laquelle choisissez-vous simplement en regardant le coupon ? La majorité opterait pour la première. Mais avec la **formule TIR**, vous découvririez que la seconde offre une rentabilité réelle plus élevée.
Cela se produit parce que la TIR capture deux sources de rentabilité simultanément :
**Les coupons périodiques.** Ce sont les paiements que vous recevez annuellement, semestriellement ou trimestriellement. Ils peuvent être fixes, variables ou même inexistants (dans les obligations zéro-coupon).
**Le gain ou la perte à l’échéance.** Lorsque l’obligation arrive à échéance, on vous rembourse toujours le nominal (100 €). Si vous l’avez acheté à 94 €, vous gagnez 6 €. Si vous l’avez acheté à 107 €, vous perdez 7 €. Cette différence, amortie durant les années où vous détenez l’actif, ajuste de manière significative votre véritable rentabilité.
### Comment fonctionne une obligation ordinaire en pratique
Une obligation typique dure un nombre défini d’années. Vous payez son prix d’achat aujourd’hui, recevrez des coupons périodiques jusqu’à l’échéance, et à ce moment-là, vous récupérez votre nominal plus le dernier coupon. Pendant la vie de l’obligation, son prix sur le marché secondaire fluctue en fonction des changements de taux d’intérêt et de la qualité crédit de l’émetteur.
Si vous l’achetez sur le marché secondaire, vous pouvez l’acquérir de trois manières différentes :
**À la parité :** vous payez exactement sa valeur nominale (1.000 € pour une obligation de 1.000 € de nominal).
**En dessous de la parité :** vous payez moins que le nominal (vous payez 975 € pour une obligation de 1.000 €), ce qui augmente votre rentabilité.
**Au-dessus de la parité :** vous payez plus que le nominal (vous payez 1.086 € pour une obligation de 1.000 €), ce qui réduit votre rentabilité réelle.
### Application de la formule TIR : exemple pratique
Supposons que vous trouviez une obligation cotant à **94,5 €**, avec un coupon de **6% annuel** et **4 ans** jusqu’à l’échéance. Sa **formule TIR** serait :
*TIR = (Flux de trésorerie actualisés au présent = Prix payé)*
En résolvant cette équation, vous obtenez : **TIR = 7,62%**
Notez que la TIR (7,62%) dépasse le coupon (6%) grâce à ce prix d’achat avantageux sous la parité.
Maintenant, la même obligation mais cotant à **107,5 €** :
*En appliquant la même formule TIR :*
Résultat : **TIR = 3,93%**
Ici, le prix gonflé comprime la rentabilité. Ce qui semblait être un 6% annuel ne devient réellement que 3,93% lorsque vous incluez la perte que vous subirez à l’échéance.
### TIR vs. TIN vs. TAE : ne confondez pas ces termes
Il est crucial de différencier ces métriques car chacune vous raconte quelque chose de différent :
**TIR (Taux Interne de Rendement).** Mesure la rentabilité réelle d’une obligation en tenant compte à la fois des coupons et des variations de prix. C’est la métrique la plus précise pour comparer des obligations sur le marché secondaire.
**TIN (Taux d’Intérêt Nominal).** C’est simplement le taux d’intérêt convenu sans inclure de coûts supplémentaires. C’est la valeur la plus pure de l’intérêt, mais incomplète pour prendre des décisions.
**TAE (Taux Annuel Equivalente).** Ajoute au TIN les frais cachés comme commissions, assurances et autres coûts. C’est ce que recommandent des régulateurs comme la Banque d’Espagne pour comparer des offres de financement.
**Intérêt Technique.** Utilisé dans les assurances, inclut des coûts comme l’assurance vie intégrée au produit.
### Quels facteurs modifient votre TIR
Même si vous ne faites pas le calcul mathématique précis, il est utile d’intuiter comment la TIR évolue :
**Coupon plus élevé = TIR plus élevée.** Un coupon plus généreux amplifie votre rentabilité totale.
**Coupon plus faible = TIR plus faible.** Moins de paiements périodiques compriment le rendement.
**Achat sous la parité = TIR renforcée.** Cette décote initiale augmente le rendement.
**Achat au-dessus de la parité = TIR pénalisée.** Ce surcoût réduit votre gain net.
**Caractéristiques particulières.** Les obligations convertibles varient avec le prix de l’action sous-jacente. Les obligations indexées à l’inflation s’adaptent selon cette grandeur économique.
### Pourquoi la TIR est votre outil décisif en revenu fixe
La **formule TIR** vous permet de comparer des investissements cibles. Si vous trouvez une obligation A avec TIR de 3,67% et une autre B avec TIR de 4,22%, vous savez instantanément laquelle est supérieure, indépendamment du coupon qu’elle promeut.
C’est particulièrement utile lorsque les coupons sont trompeurs. Une obligation avec un coupon promu de 8% peut avoir une TIR décevante de 3,67% si vous l’achetez cher. Une autre avec un coupon de 5% pourrait vous surprendre avec une TIR de 4,22% si elle est bien valorisée.
### Dernier avertissement : la TIR n’est pas tout
Même si la TIR est votre meilleur indicateur de rentabilité, ne négligez jamais la qualité crédit de l’émetteur. Pendant la crise grecque, les obligations souveraines helléniques ont atteint une TIR supérieure à 19%. Ce n’était pas une opportunité, c’était un piège : le pays était au bord du défaut.
Seule l’intervention de la Banque Centrale Européenne a évité à la Grèce de déclarer son insolvabilité et d’annuler ces obligations. Une TIR astronomique signale souvent un risque disproportionné, pas une bonne affaire.
Donc : guidez-vous par la TIR, mais comparez toujours avec la solvabilité et la stabilité politique de l’émetteur. La formule TIR est votre boussole, mais l’analyse du risque est votre carte.
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## Calcul de la rentabilité réelle de vos obligations : au-delà du coupon que vous voyez
Lorsque vous évaluez où placer votre argent en revenu fixe, le coupon qu'ils promeuvent n'est que la moitié de l'histoire. La véritable rentabilité dépend d'un autre facteur que la majorité ignore : le prix auquel vous achetez l'obligation. C'est ici qu'intervient la **formule TIR** — ou Taux Interne de Rendement — une métrique qui vous montre quel est réellement le rendement que vous obtiendrez.
### Pourquoi la TIR est différente du coupon qu'ils promettent ?
Imaginez deux obligations : l'une verse un coupon de 8% mais que vous achetez à un prix gonflé (107 €), l'autre verse 5% mais que vous achetez à un prix bas (94 €). Laquelle choisissez-vous simplement en regardant le coupon ? La majorité opterait pour la première. Mais avec la **formule TIR**, vous découvririez que la seconde offre une rentabilité réelle plus élevée.
Cela se produit parce que la TIR capture deux sources de rentabilité simultanément :
**Les coupons périodiques.** Ce sont les paiements que vous recevez annuellement, semestriellement ou trimestriellement. Ils peuvent être fixes, variables ou même inexistants (dans les obligations zéro-coupon).
**Le gain ou la perte à l’échéance.** Lorsque l’obligation arrive à échéance, on vous rembourse toujours le nominal (100 €). Si vous l’avez acheté à 94 €, vous gagnez 6 €. Si vous l’avez acheté à 107 €, vous perdez 7 €. Cette différence, amortie durant les années où vous détenez l’actif, ajuste de manière significative votre véritable rentabilité.
### Comment fonctionne une obligation ordinaire en pratique
Une obligation typique dure un nombre défini d’années. Vous payez son prix d’achat aujourd’hui, recevrez des coupons périodiques jusqu’à l’échéance, et à ce moment-là, vous récupérez votre nominal plus le dernier coupon. Pendant la vie de l’obligation, son prix sur le marché secondaire fluctue en fonction des changements de taux d’intérêt et de la qualité crédit de l’émetteur.
Si vous l’achetez sur le marché secondaire, vous pouvez l’acquérir de trois manières différentes :
**À la parité :** vous payez exactement sa valeur nominale (1.000 € pour une obligation de 1.000 € de nominal).
**En dessous de la parité :** vous payez moins que le nominal (vous payez 975 € pour une obligation de 1.000 €), ce qui augmente votre rentabilité.
**Au-dessus de la parité :** vous payez plus que le nominal (vous payez 1.086 € pour une obligation de 1.000 €), ce qui réduit votre rentabilité réelle.
### Application de la formule TIR : exemple pratique
Supposons que vous trouviez une obligation cotant à **94,5 €**, avec un coupon de **6% annuel** et **4 ans** jusqu’à l’échéance. Sa **formule TIR** serait :
*TIR = (Flux de trésorerie actualisés au présent = Prix payé)*
En résolvant cette équation, vous obtenez : **TIR = 7,62%**
Notez que la TIR (7,62%) dépasse le coupon (6%) grâce à ce prix d’achat avantageux sous la parité.
Maintenant, la même obligation mais cotant à **107,5 €** :
*En appliquant la même formule TIR :*
Résultat : **TIR = 3,93%**
Ici, le prix gonflé comprime la rentabilité. Ce qui semblait être un 6% annuel ne devient réellement que 3,93% lorsque vous incluez la perte que vous subirez à l’échéance.
### TIR vs. TIN vs. TAE : ne confondez pas ces termes
Il est crucial de différencier ces métriques car chacune vous raconte quelque chose de différent :
**TIR (Taux Interne de Rendement).** Mesure la rentabilité réelle d’une obligation en tenant compte à la fois des coupons et des variations de prix. C’est la métrique la plus précise pour comparer des obligations sur le marché secondaire.
**TIN (Taux d’Intérêt Nominal).** C’est simplement le taux d’intérêt convenu sans inclure de coûts supplémentaires. C’est la valeur la plus pure de l’intérêt, mais incomplète pour prendre des décisions.
**TAE (Taux Annuel Equivalente).** Ajoute au TIN les frais cachés comme commissions, assurances et autres coûts. C’est ce que recommandent des régulateurs comme la Banque d’Espagne pour comparer des offres de financement.
**Intérêt Technique.** Utilisé dans les assurances, inclut des coûts comme l’assurance vie intégrée au produit.
### Quels facteurs modifient votre TIR
Même si vous ne faites pas le calcul mathématique précis, il est utile d’intuiter comment la TIR évolue :
**Coupon plus élevé = TIR plus élevée.** Un coupon plus généreux amplifie votre rentabilité totale.
**Coupon plus faible = TIR plus faible.** Moins de paiements périodiques compriment le rendement.
**Achat sous la parité = TIR renforcée.** Cette décote initiale augmente le rendement.
**Achat au-dessus de la parité = TIR pénalisée.** Ce surcoût réduit votre gain net.
**Caractéristiques particulières.** Les obligations convertibles varient avec le prix de l’action sous-jacente. Les obligations indexées à l’inflation s’adaptent selon cette grandeur économique.
### Pourquoi la TIR est votre outil décisif en revenu fixe
La **formule TIR** vous permet de comparer des investissements cibles. Si vous trouvez une obligation A avec TIR de 3,67% et une autre B avec TIR de 4,22%, vous savez instantanément laquelle est supérieure, indépendamment du coupon qu’elle promeut.
C’est particulièrement utile lorsque les coupons sont trompeurs. Une obligation avec un coupon promu de 8% peut avoir une TIR décevante de 3,67% si vous l’achetez cher. Une autre avec un coupon de 5% pourrait vous surprendre avec une TIR de 4,22% si elle est bien valorisée.
### Dernier avertissement : la TIR n’est pas tout
Même si la TIR est votre meilleur indicateur de rentabilité, ne négligez jamais la qualité crédit de l’émetteur. Pendant la crise grecque, les obligations souveraines helléniques ont atteint une TIR supérieure à 19%. Ce n’était pas une opportunité, c’était un piège : le pays était au bord du défaut.
Seule l’intervention de la Banque Centrale Européenne a évité à la Grèce de déclarer son insolvabilité et d’annuler ces obligations. Une TIR astronomique signale souvent un risque disproportionné, pas une bonne affaire.
Donc : guidez-vous par la TIR, mais comparez toujours avec la solvabilité et la stabilité politique de l’émetteur. La formule TIR est votre boussole, mais l’analyse du risque est votre carte.