L’Alliance des banquiers communautaires américains a récemment pris des mesures importantes, en écrivant directement au Congrès pour demander des modifications à la loi GENIUS. En surface, il s’agit de discuter des détails de la réglementation des stablecoins, mais en réalité, c’est une profonde inquiétude du système financier traditionnel face aux actifs numériques. Derrière ce conflit, se cache une faille réglementaire intéressante et une réorganisation en cours du pouvoir financier.
Vraies préoccupations des banques communautaires
Le comité des banquiers communautaires de l’American Bankers Association a exprimé la voix de plus de 200 cadres bancaires, avec une demande claire : le cadre actuel de régulation des stablecoins comporte des lacunes qu’il faut rapidement combler.
Voici le problème précis :
La loi GENIUS interdit explicitement aux émetteurs de stablecoins de verser directement des intérêts ou des rendements aux détenteurs
Mais la loi n’interdit pas aux plateformes d’échange de cryptomonnaies d’offrir des récompenses liées à la détention de stablecoins
Cela crée une « échappatoire » — l’émetteur ne paie pas d’intérêts, mais la plateforme d’échange offre des récompenses, avec un effet final équivalent
Les banques communautaires soulignent que des acteurs comme Binance, Coinbase, exploitent cette zone grise, en distribuant des récompenses aux utilisateurs de stablecoins qui constituent en réalité une forme de « revenus de dépôt ». Quelle menace cela représente-t-il pour eux ? Selon l’avertissement du Banking Policy Institute dirigé par Jamie Dimon, si ces incitations ne sont pas réglementées, cela pourrait entraîner une fuite de dépôts bancaires pouvant atteindre plusieurs dizaines de billions de dollars.
Le raisonnement du secteur bancaire est le suivant : les banques locales attirent des dépôts pour prêter aux petites entreprises, agriculteurs, étudiants et acheteurs immobiliers. Si ces dépôts massifs migrent vers des plateformes de stablecoins, leur capacité à prêter sera affaiblie. Et le problème clé : ces plateformes cryptographiques ne disposent pas de fonctions de prêt bancaire ni de protection FDIC, mais participent de facto à une « concurrence déloyale » pour les dépôts.
La faille réglementaire est bien réelle
Techniquement, l’inquiétude des banques communautaires n’est pas infondée.
La logique originelle de la loi GENIUS était de prévenir le détournement de fonds des comptes d’épargne protégés par la FDIC vers des stablecoins. Pour cela, la loi interdit explicitement aux émetteurs de stablecoins de verser des intérêts. Mais les législateurs n’avaient pas anticipé la créativité des plateformes d’échange — je ne suis pas un émetteur, je suis une plateforme, je donne aux utilisateurs des « récompenses » ou des « programmes de fidélité », pas des « intérêts ».
Cette faille existe bel et bien, et elle est exploitée. Selon les dernières nouvelles, les principaux CEX américains ont clairement indiqué qu’ils considèrent que la loi interdit aux émetteurs de verser des intérêts, mais pas aux plateformes d’échange d’offrir des récompenses. Cette interprétation a une certaine base légale, mais en pratique, elle semble surtout une façon de contourner la règle.
Par conséquent, le comité des banquiers communautaires demande au Congrès d’étendre l’interdiction des « bénéfices » de la loi GENIUS aux sociétés affiliées et partenaires des émetteurs de stablecoins dans la législation sur la structure du marché des cryptomonnaies en cours d’élaboration. En d’autres termes, il faut combler cette faille.
La contestation de l’industrie crypto et un conflit plus profond
L’industrie crypto ne va pas rester les bras croisés. La Blockchain Association et la Cryptocurrency Innovation Council ont directement contesté la logique bancaire :
Les stablecoins ne servent pas à une expansion du crédit traditionnel, donc il n’y a pas de problème de « bank run » sur les dépôts
Une régulation excessive tuerait l’innovation et limiterait le choix des consommateurs
Les principaux CEX américains ont clairement indiqué que mélanger les deux notions va à l’encontre de l’esprit de la législation
Mais cette contestation soulève un problème : bien que les stablecoins ne soient pas directement utilisés pour l’expansion du crédit, ils attirent effectivement des flux de capitaux. Des informations récentes montrent que Circle a obtenu l’approbation de la Federal Trust Bank pour ses stablecoins, qui commencent à être intégrés dans le cadre réglementaire fédéral, ce qui indique que les stablecoins s’intègrent dans le système financier américain. Par ailleurs, PwC et d’autres institutions financières traditionnelles accélèrent leur entrée sur le marché, ce qui confirme que l’attractivité des stablecoins est réelle.
De ce point de vue, l’inquiétude des banques communautaires n’est pas totalement infondée. Les récompenses via les plateformes d’échange concurrencent effectivement les dépôts bancaires, mais de façon plus discrète.
Une problématique plus profonde : finance traditionnelle vs innovation financière
Ce conflit reflète une problématique plus profonde : lorsque de nouveaux outils financiers (stablecoins) offrent des avantages que la finance traditionnelle (dépôts bancaires) ne peut pas fournir, comment doit-on équilibrer la régulation ?
Du point de vue de l’utilisateur, la combinaison stablecoin + récompenses d’échange est plus attractive : liquidité 24h/24, rendements plus élevés, accès mondial. Les dépôts bancaires traditionnels, bien que protégés par la FDIC, offrent une liquidité moindre et un rendement plus faible.
Du point de vue de la stabilité financière, l’inquiétude des banques communautaires est aussi légitime : si des flux massifs de capitaux migrent vers ces plateformes, la capacité des banques locales à prêter pourrait être affaiblie, impactant le financement des petites entreprises.
Quelles perspectives pour l’avenir
Selon l’évolution actuelle des politiques, ce conflit risque de s’intensifier :
La loi GENIUS a déjà passé un vote procédural au Sénat (66:32) et avance vers une étape substantielle
Le Congrès pousse une législation sur la structure du marché des cryptomonnaies, où la voix des banques communautaires pourrait être intégrée
Les émetteurs de stablecoins et plateformes continueront à chercher de nouvelles incitations pour contourner la réglementation
L’issue de cette bataille déterminera la place des stablecoins dans le système financier américain
Les scénarios possibles : une régulation plus stricte, mais pas une interdiction totale. Plus probablement, la loi clarifiera ce qui constitue une « incitation interdite » versus une « récompense autorisée », afin de trouver un équilibre entre innovation et stabilité.
En résumé
Ce n’est pas simplement une opposition entre régulation et désobéissance, mais une inquiétude profonde du système financier traditionnel face aux nouveaux outils financiers. La demande des banques communautaires a une certaine légitimité — les stablecoins, via les récompenses d’échange, attirent effectivement des dépôts bancaires. Mais l’industrie crypto a aussi raison : une interdiction totale tuerait l’innovation.
Le vrai enjeu est que la conception de la loi GENIUS comporte des failles, et la régulation doit devenir plus fine. La prochaine étape législative sera plus précise, probablement en définissant clairement ce qui constitue une « incitation » et en étendant la régulation aux intermédiaires comme les plateformes d’échange. Ce processus sera long, mais la direction est claire : les stablecoins seront soumis à une régulation plus stricte, mais ne seront pas interdits. Ce qui, à long terme, est une bonne nouvelle pour les investisseurs optimistes sur leur développement, car cela renforcera la confiance du marché dans les stablecoins.
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Plus de 200 banques communautaires américaines demandent de l'aide au Congrès : les stablecoins "volent" leurs dépôts
L’Alliance des banquiers communautaires américains a récemment pris des mesures importantes, en écrivant directement au Congrès pour demander des modifications à la loi GENIUS. En surface, il s’agit de discuter des détails de la réglementation des stablecoins, mais en réalité, c’est une profonde inquiétude du système financier traditionnel face aux actifs numériques. Derrière ce conflit, se cache une faille réglementaire intéressante et une réorganisation en cours du pouvoir financier.
Vraies préoccupations des banques communautaires
Le comité des banquiers communautaires de l’American Bankers Association a exprimé la voix de plus de 200 cadres bancaires, avec une demande claire : le cadre actuel de régulation des stablecoins comporte des lacunes qu’il faut rapidement combler.
Voici le problème précis :
Les banques communautaires soulignent que des acteurs comme Binance, Coinbase, exploitent cette zone grise, en distribuant des récompenses aux utilisateurs de stablecoins qui constituent en réalité une forme de « revenus de dépôt ». Quelle menace cela représente-t-il pour eux ? Selon l’avertissement du Banking Policy Institute dirigé par Jamie Dimon, si ces incitations ne sont pas réglementées, cela pourrait entraîner une fuite de dépôts bancaires pouvant atteindre plusieurs dizaines de billions de dollars.
Le raisonnement du secteur bancaire est le suivant : les banques locales attirent des dépôts pour prêter aux petites entreprises, agriculteurs, étudiants et acheteurs immobiliers. Si ces dépôts massifs migrent vers des plateformes de stablecoins, leur capacité à prêter sera affaiblie. Et le problème clé : ces plateformes cryptographiques ne disposent pas de fonctions de prêt bancaire ni de protection FDIC, mais participent de facto à une « concurrence déloyale » pour les dépôts.
La faille réglementaire est bien réelle
Techniquement, l’inquiétude des banques communautaires n’est pas infondée.
La logique originelle de la loi GENIUS était de prévenir le détournement de fonds des comptes d’épargne protégés par la FDIC vers des stablecoins. Pour cela, la loi interdit explicitement aux émetteurs de stablecoins de verser des intérêts. Mais les législateurs n’avaient pas anticipé la créativité des plateformes d’échange — je ne suis pas un émetteur, je suis une plateforme, je donne aux utilisateurs des « récompenses » ou des « programmes de fidélité », pas des « intérêts ».
Cette faille existe bel et bien, et elle est exploitée. Selon les dernières nouvelles, les principaux CEX américains ont clairement indiqué qu’ils considèrent que la loi interdit aux émetteurs de verser des intérêts, mais pas aux plateformes d’échange d’offrir des récompenses. Cette interprétation a une certaine base légale, mais en pratique, elle semble surtout une façon de contourner la règle.
Par conséquent, le comité des banquiers communautaires demande au Congrès d’étendre l’interdiction des « bénéfices » de la loi GENIUS aux sociétés affiliées et partenaires des émetteurs de stablecoins dans la législation sur la structure du marché des cryptomonnaies en cours d’élaboration. En d’autres termes, il faut combler cette faille.
La contestation de l’industrie crypto et un conflit plus profond
L’industrie crypto ne va pas rester les bras croisés. La Blockchain Association et la Cryptocurrency Innovation Council ont directement contesté la logique bancaire :
Mais cette contestation soulève un problème : bien que les stablecoins ne soient pas directement utilisés pour l’expansion du crédit, ils attirent effectivement des flux de capitaux. Des informations récentes montrent que Circle a obtenu l’approbation de la Federal Trust Bank pour ses stablecoins, qui commencent à être intégrés dans le cadre réglementaire fédéral, ce qui indique que les stablecoins s’intègrent dans le système financier américain. Par ailleurs, PwC et d’autres institutions financières traditionnelles accélèrent leur entrée sur le marché, ce qui confirme que l’attractivité des stablecoins est réelle.
De ce point de vue, l’inquiétude des banques communautaires n’est pas totalement infondée. Les récompenses via les plateformes d’échange concurrencent effectivement les dépôts bancaires, mais de façon plus discrète.
Une problématique plus profonde : finance traditionnelle vs innovation financière
Ce conflit reflète une problématique plus profonde : lorsque de nouveaux outils financiers (stablecoins) offrent des avantages que la finance traditionnelle (dépôts bancaires) ne peut pas fournir, comment doit-on équilibrer la régulation ?
Du point de vue de l’utilisateur, la combinaison stablecoin + récompenses d’échange est plus attractive : liquidité 24h/24, rendements plus élevés, accès mondial. Les dépôts bancaires traditionnels, bien que protégés par la FDIC, offrent une liquidité moindre et un rendement plus faible.
Du point de vue de la stabilité financière, l’inquiétude des banques communautaires est aussi légitime : si des flux massifs de capitaux migrent vers ces plateformes, la capacité des banques locales à prêter pourrait être affaiblie, impactant le financement des petites entreprises.
Quelles perspectives pour l’avenir
Selon l’évolution actuelle des politiques, ce conflit risque de s’intensifier :
Les scénarios possibles : une régulation plus stricte, mais pas une interdiction totale. Plus probablement, la loi clarifiera ce qui constitue une « incitation interdite » versus une « récompense autorisée », afin de trouver un équilibre entre innovation et stabilité.
En résumé
Ce n’est pas simplement une opposition entre régulation et désobéissance, mais une inquiétude profonde du système financier traditionnel face aux nouveaux outils financiers. La demande des banques communautaires a une certaine légitimité — les stablecoins, via les récompenses d’échange, attirent effectivement des dépôts bancaires. Mais l’industrie crypto a aussi raison : une interdiction totale tuerait l’innovation.
Le vrai enjeu est que la conception de la loi GENIUS comporte des failles, et la régulation doit devenir plus fine. La prochaine étape législative sera plus précise, probablement en définissant clairement ce qui constitue une « incitation » et en étendant la régulation aux intermédiaires comme les plateformes d’échange. Ce processus sera long, mais la direction est claire : les stablecoins seront soumis à une régulation plus stricte, mais ne seront pas interdits. Ce qui, à long terme, est une bonne nouvelle pour les investisseurs optimistes sur leur développement, car cela renforcera la confiance du marché dans les stablecoins.