Pourquoi le dollar australien continue-t-il de baisser ? Les trois causes fondamentales derrière une décennie de faiblesse

De nombreux investisseurs se demandent souvent : « Pourquoi le dollar australien ne cesse-t-il de baisser ? » La réponse est correcte, car au cours des dix dernières années, le dollar australien a effectivement sous-performé. Depuis le début 2013, passant de 1,05, il a déprécié de plus de 35% face au dollar américain. Pendant ce temps, l’indice du dollar américain a augmenté de 28,35%, tandis que l’euro, le yen, le dollar canadien et d’autres principales monnaies ont également subi des pressions de dévaluation similaires. Il ne s’agit pas seulement d’un cas isolé du dollar australien, mais d’un « cycle dollar fort » à l’échelle mondiale.

Les raisons profondes de la baisse continue du dollar australien sont au nombre de trois : premièrement, la force structurelle du dollar américain ; deuxièmement, la demande mondiale de matières premières en déclin à long terme ; troisièmement, l’érosion progressive de l’avantage des différentiels de taux d’intérêt. Comprendre ces trois facteurs est essentiel pour répondre à la question de pourquoi le dollar australien a du mal à rebondir.

Le cycle du dollar fort n’est pas terminé, le dollar australien ne peut échapper à la dépréciation

La principale raison pour laquelle le dollar australien continue de s’affaiblir est que la tendance mondiale à la hausse du dollar américain n’a pas changé. La force persistante du dollar repose sur des taux d’intérêt plus élevés et une résilience économique relative aux États-Unis.

La Fed a lancé en 2022 un cycle agressif de hausse des taux, portant le taux de référence à un sommet historique de 4,25%-4,50%. En comparaison, le taux en cash de la Reserve Bank of Australia (RBA) est actuellement d’environ 3,60%. Cette différence de taux, apparemment modérée, crée un « attrait du capital » crucial dans la répartition mondiale des fonds. Lorsque les actifs en dollar offrent des rendements plus élevés, les investisseurs internationaux ont tendance à augmenter leurs positions en dollars, réduisant leur exposition à l’AUD et autres actifs risqués.

Sur le plan technique, chaque fois que l’AUD tente de s’approcher des sommets précédents face au dollar, la pression vendeuse s’intensifie. Cela reflète une confiance limitée dans le dollar australien. La majorité des acteurs du marché pensent que, dans un contexte où l’économie américaine reste relativement solide, la position dominante du dollar est difficile à remettre en question. Même si la RBA augmente à nouveau ses taux vers 3,85% en 2026, cela ne suffira probablement pas à inverser la différence de taux avec la Fed, qui pourrait maintenir ses taux élevés plus longtemps.

En résumé, l’avantage structurel du dollar américain agit comme un « mur invisible » limitant la hausse de l’AUD. La raison principale de la baisse continue du dollar australien est la force du dollar américain.

La faiblesse de la demande de matières premières, la perte du rôle de « monnaie de matière première » de l’AUD

L’AUD est considéré comme une « monnaie de matière première » car l’économie australienne dépend fortement de l’exportation de matières premières, notamment le minerai de fer, le charbon et l’énergie. C’est pourquoi l’AUD est fortement corrélée à ces prix. Cependant, au cours des dix dernières années, le moteur de la demande extérieure qui soutenait la hausse de l’AUD s’est affaibli.

Entre 2009 et 2011, la forte reprise économique de la Chine a entraîné un marché haussier des matières premières, faisant grimper l’AUD près de 1,05. Mais en 2023-2024, la reprise chinoise a clairement faibli, avec une volatilité persistante à des niveaux élevés. Bien que les prix du minerai de fer et de l’or aient connu une forte hausse au second semestre 2025, atteignant 0,6636, pourquoi l’AUD n’a-t-il pas réussi à se stabiliser ? La réponse réside dans le fait que, à court terme, les rebonds des matières premières ne suffisent pas à changer la faiblesse structurelle à long terme.

Les politiques tarifaires américaines ont également aggravé cette situation en impactant le commerce mondial. La chute des exportations de matières premières (métaux, énergie) a considérablement réduit l’attrait de l’AUD en tant que monnaie de matière première. Lorsqu’il y a une reprise de la demande en Chine, l’AUD peut rebondir, mais dès que les données chinoises se détériorent à nouveau, l’AUD tend à « monter puis redescendre » — ce qui résume la performance de l’AUD ces deux dernières années.

Les investisseurs doivent comprendre que l’une des raisons clés pour lesquelles l’AUD ne cesse de baisser est que la demande mondiale de matières premières, qui soutenait les exportations australiennes, entre dans une phase de déclin structurel, et non simplement cyclique. À moins qu’une véritable inversion de la production et de l’activité d’infrastructure mondiales ne se produise, l’AUD aura du mal à échapper à la récession des cycles de matières premières.

La diminution des différentiels de taux, l’espace limité de la politique de la RBA

Autrefois, une monnaie à taux d’intérêt élevé était synonyme de l’AUD, mais cet avantage s’estompe. Pourquoi l’attrait de l’AUD diminue-t-il ? En partie parce que la structure des différentiels de taux change.

Pendant le marché haussier des matières premières de 2009-2011, les taux australiens étaient nettement supérieurs à ceux des États-Unis, attirant ainsi des flux de carry trade importants. Aujourd’hui, la Fed maintient ses taux à un niveau relativement élevé, tandis que la RBA dispose d’un espace limité pour augmenter ses taux. Le taux en cash de la RBA est d’environ 3,60%, avec une prévision de montée à 3,85% vers 2026, mais la Fed pourrait également maintenir ses taux entre 3,5% et 4,0%.

Cela signifie que l’« avantage du différentiel de taux » qui attirait auparavant les investisseurs internationaux se réduit. Lorsque le différentiel n’est plus évident, l’AUD perd un de ses principaux soutiens. La raison pour laquelle les investisseurs choisissent l’AUD passe d’un « rendement élevé » à une « considération fondamentale ». Dans un contexte où l’économie australienne est faible et l’attractivité des actifs limitée, cette transition est défavorable à l’AUD.

La troisième raison fondamentale pour laquelle l’AUD continue de baisser est que la RBA a du mal à retrouver, comme par le passé, un avantage en relevant agressivement ses taux. Même si elle augmente ses taux, cela ne fera que limiter la chute, sans nécessairement faire remonter l’AUD.

La faiblesse de l’économie chinoise, la perte de moteur externe de l’AUD

L’économie australienne étant fortement concentrée sur ses exportations, la demande chinoise est le facteur déterminant de la tendance à moyen terme de l’AUD. En observant la corrélation entre l’AUD et les données industrielles chinoises, on comprend pourquoi l’AUD a du mal à rebondir lorsque la reprise chinoise stagne.

Lorsque la construction et la fabrication en Chine repartent à la hausse, les prix du minerai de fer ont tendance à suivre, et l’AUD reflète rapidement cette dynamique. Mais depuis 2024, la reprise économique chinoise est en difficulté, avec un marché immobilier faible, une demande de consommation faible et des pressions tarifaires américaines sur les exportations. Ces facteurs limitent la demande chinoise en matières premières.

En conséquence, même si la RBA maintient une posture relativement hawkish, même si les matières premières rebondissent à court terme, l’AUD ne parvient pas à suivre une tendance haussière durable. La « locomotive extérieure » qu’est la Chine est éteinte. Dans un environnement de demande extérieure faible, il est difficile pour l’AUD de s’apprécier seul. Si la reprise chinoise en 2026 reste sans résultats clairs, la pression sur l’AUD persistera.

L’année 2026 pourra-t-elle voir une reprise de l’AUD ? Trois conditions indispensables

En 2026, les opinions divergent quant à l’avenir de l’AUD. Les optimistes pensent que l’AUD a déjà une base pour rebondir, tandis que les prudents craignent un espace limité à la hausse.

Morgan Stanley a prévu une hausse possible jusqu’à 0,72, en se basant sur une politique hawkish de la RBA et la hausse des prix des matières premières. Le modèle de Traders Union prévoit environ 0,6875 fin 2026, puis 0,725 en 2027, en soulignant la vigueur du marché du travail australien et la reprise de la demande de matières premières. UBS, en revanche, reste prudent, estimant qu’environ 0,68 à la fin de l’année est plus réaliste, en raison de l’incertitude globale du commerce et des changements de politique de la Fed.

Le dernier rapport de la Commonwealth Bank (CBA) est encore plus réservé, suggérant que la reprise de l’AUD pourrait être temporaire. Ils prévoient que l’AUD atteindra un sommet en mars 2026, puis redescendra vers la fin de l’année.

Pourquoi l’AUD a-t-il du mal à prendre une direction claire ? Parce qu’une véritable inversion à moyen/long terme nécessite la satisfaction simultanée de trois conditions :

Premièrement, la RBA doit maintenir une posture hawkish. Si l’inflation reste persistante et que le marché de l’emploi demeure résilient, la RBA aura des raisons de continuer à augmenter ses taux, ce qui aidera à reconstruire l’avantage du différentiel. Sinon, si les attentes de hausse s’éteignent, le soutien à l’AUD s’affaiblira nettement.

Deuxièmement, l’économie chinoise doit réellement s’améliorer. Une simple reprise à court terme des matières premières ne suffit pas. La difficulté de l’AUD à sortir de sa tendance baissière provient principalement du manque de dynamique durable en Chine. Seule une véritable reprise de la construction et de la consommation chinoises pourra stabiliser la demande en minerai de fer, permettant à l’AUD de s’apprécier durablement.

Troisièmement, le dollar américain doit entrer dans une phase de faiblesse structurelle. C’est la condition la plus difficile à remplir. La force du dollar repose sur l’avantage économique et les taux d’intérêt relatifs des États-Unis, deux facteurs difficiles à inverser à court terme. À moins que la Fed ne baisse ses taux de manière agressive ou que l’économie américaine ne sombre dans une récession marquée, le dollar continuera à dominer le marché des devises.

Actuellement, ces trois conditions ne sont pas réunies. L’AUD pourrait osciller entre 0,68 et 0,70 au premier semestre 2026, influencé par les données chinoises et le rapport sur l’emploi non agricole américain. La raison pour laquelle l’AUD ne s’effondre pas est la solidité des fondamentaux australiens et la posture hawkish relative de la RBA. La raison pour laquelle il ne dépasse pas 0,75 est que l’avantage structurel du dollar demeure.

Risques liés au trading de l’AUD et conseils pratiques

L’AUD, en tant que cinquième devise la plus échangée au monde, bénéficie d’une forte liquidité. De nombreux investisseurs participent via le trading sur marge, avec certains plateformes proposant des leviers allant jusqu’à 1-200. La barrière à l’entrée est faible, ce qui en fait une option attractive pour les investisseurs de petite et moyenne taille.

Mais il est crucial de souligner que la difficulté à prévoir précisément l’évolution de l’AUD réside dans la multitude de facteurs complexes qui l’influencent. Tout trading de devises comporte des risques élevés, et les investisseurs peuvent perdre la totalité de leur capital. Le levier amplifie à la fois les gains et les pertes. Il est donc conseillé aux investisseurs de bien comprendre les risques suivants avant de trader l’AUD :

  • Un changement soudain de politique de la Fed ou de la RBA peut entraîner une dépréciation rapide de l’AUD.
  • Des données économiques chinoises inférieures aux attentes peuvent entraîner une vente de l’AUD, en raison de sa nature de monnaie de matière première.
  • La montée de l’aversion au risque global peut faire revenir les capitaux vers le dollar, exerçant une pression à la baisse sur l’AUD, même si ses fondamentaux restent stables.

La raison pour laquelle l’AUD continue de baisser est compréhensible, mais sa trajectoire future dépend de l’interaction de nombreux facteurs incertains. Les investisseurs avisés doivent évaluer leur tolérance au risque et agir avec prudence.

Conclusion : l’AUD face à un triple défi à long terme

La dépréciation continue de l’AUD ne s’explique pas par des fluctuations à court terme, mais par des facteurs structurels à long terme : un cycle dollar fort encore en cours, une dégradation structurelle de la demande en matières premières, et la disparition progressive de l’avantage des différentiels de taux.

À court terme, la posture hawkish de la RBA et la hausse ponctuelle des matières premières peuvent soutenir l’AUD. Cependant, à moyen et long terme, il faut rester vigilant face à l’incertitude économique mondiale et à un possible rebond du dollar américain. Bien que l’AUD soit très liquide et que ses mouvements soient relativement réguliers, la tendance à long terme reste influencée par de multiples variables.

2026 sera une année clé pour observer si l’AUD peut réellement inverser sa tendance. Les investisseurs doivent suivre attentivement la politique de la RBA, les données économiques chinoises et la position de la Fed pour identifier la bonne direction de trading dans cette volatilité.

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