En tant que deuxième plus grande monnaie de réserve mondiale, l’euro a connu une histoire mouvementée depuis sa mise en circulation officielle en 2002, s’étendant sur 20 années riches en événements. Du sommet historique de 1,6038 lors de la crise financière de 2008, au point le plus bas de 0,9536 provoqué par la guerre russo-ukrainienne en 2022, l’évolution du taux de change de l’euro reflète les transformations économiques mondiales. Cet article analysera le processus de formation du point le plus bas de l’euro, en décryptant la logique économique sous-jacente, et évaluera les opportunités d’investissement futures.
La formation du point le plus bas de l’euro : comprendre trois périodes clés de changement
Pour saisir pourquoi l’euro a chuté à son niveau le plus bas, il faut remonter à trois périodes décisives — chacune marquant une réévaluation de la confiance du marché dans la monnaie unique.
2008 : le sommet historique de 1,6038 et la chute qui s’ensuivit
En juillet 2008, le taux de change euro/dollar atteignait un sommet historique de 1,6038, un record qui n’a pas été dépassé pendant 14 ans. Cependant, ce sommet est devenu un véritable tournant. La crise des prêts subprimes (2007-2008) a éclaté, entraînant une réaction en chaîne dans le système financier mondial.
Les chocs provenaient de plusieurs fronts : des positions massives exposées à des produits liés aux prêts subprimes dans le système bancaire ont rapidement perdu de leur valeur ; le marché du crédit s’est complètement gelé ; la faillite de Lehman Brothers a intensifié la panique. Le système bancaire européen, étroitement lié aux institutions financières américaines, a rapidement subi des pressions. La récession a suivi — baisse des investissements et de la consommation, hausse du chômage, et des gouvernements ont été contraints de lancer des plans de relance massifs, provoquant une explosion des déficits publics.
La Banque centrale européenne (BCE) a alors lancé une politique de taux négatifs et de quantitative easing sur huit ans, tentant de relancer l’économie. Si ces mesures ont apporté une liquidité à court terme, elles ont aussi semé les graines d’une dépréciation de l’euro. La situation s’est aggravée avec l’émergence de crises de la dette dans des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie, ce qui a profondément ébranlé la confiance dans la capacité de l’Union européenne à rembourser ses dettes.
2017 : rebond depuis le point bas de 1,034 jusqu’à une brève accalmie
Après près de neuf années de baisse continue, l’euro a touché un creux de 1,034 en janvier 2017, avant de commencer à rebondir. Cette période a marqué un tournant dans le sentiment du marché. La politique accommodante de la BCE a commencé à porter ses fruits : les données économiques s’amélioraient — le taux de chômage dans la zone euro est passé sous 10 %, et l’indice PMI manufacturier a dépassé 55. La victoire de forces pro-européennes lors des élections en France et en Allemagne a renforcé la confiance des investisseurs.
Par ailleurs, le début des négociations du Brexit a apporté une certaine stabilité, atténuant une partie de l’incertitude. La politique américaine sous l’administration Trump, avec ses incertitudes, a paradoxalement poussé certains capitaux vers des actifs européens perçus comme plus sûrs. L’euro, longtemps survendu, était alors sous-évalué, ce qui a préparé le terrain pour sa reprise.
2018 : sommet temporaire de 1,2556 puis nouvelle baisse
En février 2018, l’euro a brièvement atteint 1,2556, un sommet depuis mai 2015. Cependant, cette valeur restait bien en deçà du record de 1,6038. La Réserve fédérale américaine a lancé un cycle de hausse des taux en mars, renforçant le dollar et exerçant une pression dépréciative continue sur l’euro. La croissance économique de la zone euro a également ralenti — le PIB réel a diminué, passant de 3,1 % en 2017 à un rythme inférieur, et l’indice PMI manufacturier a reculé. La montée des tensions politiques, notamment avec la formation d’un gouvernement conjoint entre le Mouvement 5 étoiles en Italie et la Ligue du Nord, a aussi alimenté l’incertitude, faisant s’évanouir l’optimisme sur la zone euro.
2022 : le moment décisif avec le point le plus bas de 0,9536
En septembre 2022, le taux euro/dollar a brièvement chuté à 0,9536, atteignant son niveau le plus bas depuis vingt ans, dépassant même le point de 2017. Ce seuil symbolise un nouveau creux de confiance dans l’euro.
Le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne a directement impacté la sécurité énergétique de l’Europe. La réduction drastique des approvisionnements en gaz naturel et en pétrole russe a provoqué une flambée des prix de l’énergie au premier semestre 2022, alimentant directement l’inflation dans la zone euro. Cette inflation élevée a mis une pression énorme sur les entreprises et le pouvoir d’achat des consommateurs. Parallèlement, la montée de l’aversion au risque a conduit les capitaux mondiaux à se tourner vers des actifs perçus comme plus sûrs, notamment le dollar américain.
La BCE a été contrainte d’augmenter ses taux à deux reprises en juillet et septembre, mettant fin à huit années de taux négatifs. Bien que ces hausses aient montré la volonté de lutter contre l’inflation, elles ont aussi renforcé la dynamique de l’appréciation du dollar, en contraste avec la politique plus prudente de la Fed. La hausse persistante des prix de l’énergie, la crainte d’une récession, et l’attractivité du dollar comme valeur refuge ont ainsi poussé le taux de change euro/dollar à son niveau le plus bas historique.
La vérité économique derrière le taux de change : la lutte entre politiques monétaires et contexte mondial
Les fluctuations de l’euro ne sont pas des événements isolés, mais le résultat d’interactions complexes entre plusieurs facteurs. De son sommet en 2008 à son point le plus bas en 2022, elles traduisent la dynamique entre politiques économiques, géopolitique mondiale et attentes du marché.
La divergence des politiques monétaires constitue le moteur principal. La BCE a maintenu une politique accommodante pour faire face à la crise de la dette et à la faiblesse de l’inflation, tandis que la Fed, après la reprise économique, a amorcé un cycle de resserrement plus tôt. Cela a accru l’attractivité des taux américains, favorisant les flux de capitaux vers le dollar.
Les différences de croissance économique jouent aussi un rôle clé. La zone euro souffre de problèmes structurels tels que le vieillissement de la population et l’obsolescence industrielle, avec une croissance à long terme inférieure à celle des États-Unis. Cela limite l’optimisme des investisseurs quant aux perspectives économiques de la zone euro.
Les tensions géopolitiques sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années. Du Brexit en 2016 à la guerre russo-ukrainienne en 2022, chaque crise majeure a renforcé la tendance à la fuite vers la sécurité du dollar. Ces risques géopolitiques sont désormais une composante régulière de la dépréciation de l’euro.
Les enjeux de sécurité énergétique ont un impact supérieur dans la zone euro. La guerre en Ukraine a coupé la dépendance de l’Europe au gaz russe, mais le coût des sources alternatives est bien plus élevé qu’auparavant, ce qui a directement augmenté les coûts des entreprises et alimenté l’inflation, fragilisant encore davantage l’euro.
L’évaluation de l’investissement dans l’euro en 2024 : où se trouvent les opportunités ?
En 2024, la logique d’investissement dans l’euro a connu des changements subtils. La Fed, ayant amorcé une politique de pause en fin 2023, laisse entrevoir le début d’un cycle de baisse des taux. Les données historiques montrent que chaque cycle de baisse des taux américains entraîne une chute significative de l’indice dollar en 3 à 5 ans.
Bien que la BCE maintienne des taux encore inférieurs à ceux des États-Unis, elle conserve un niveau relativement élevé, ce qui soutient l’euro. Si la Fed continue de réduire ses taux tandis que la BCE reste prudente, l’écart de taux se réduira, voire s’inversera, favorisant une appréciation de l’euro.
Cependant, cette opportunité s’accompagne de risques. La croissance économique de la zone euro reste fragile — le PMI manufacturier récent est tombé en dessous de 45, traduisant des perspectives pessimistes. En cas de crise géopolitique majeure ou de crise financière, les capitaux pourraient à nouveau se réfugier aux États-Unis, renforçant le dollar et dépréciant l’euro. Il est donc crucial pour les investisseurs de suivre de près les indicateurs économiques de la zone euro, les orientations de la BCE, ainsi que l’évolution du contexte géopolitique mondial.
Quatre voies d’investissement pour les investisseurs taïwanais
Pour les investisseurs taïwanais souhaitant participer à l’investissement dans l’euro, plusieurs options s’offrent à eux :
Comptes de change bancaires : méthode traditionnelle mais limitée
Ouvrir un compte en devises étrangères auprès d’une banque commerciale ou d’une banque internationale. Avantages : sécurité et fiabilité. Inconvénients : restrictions sur les fonds, généralement une seule position longue, sans possibilité de vente à découvert à court terme.
Courtiers en devises et plateformes CFD : flexibles et faciles d’accès
Les plateformes CFD proposées par des courtiers internationaux sont populaires auprès des petits investisseurs et des traders à court terme. Elles offrent des mécanismes de trading bidirectionnel, des leviers, et des coûts d’entrée faibles.
Services de change des sociétés de courtage locales : option localisée
Certaines sociétés de courtage taïwanaises proposent aussi des services de change, avec un support local et une régulation assurée.
Bourses à terme : outils professionnels
Pour les investisseurs plus expérimentés, le marché à terme offre des outils plus sophistiqués pour l’arbitrage et la couverture. Il est possible d’ouvrir un compte pour trader des contrats à terme sur devises.
En résumé : l’état actuel et l’avenir de l’investissement dans l’euro
Du point le plus bas historique de 0,9536 à la situation présente, le marché a déjà intégré une partie des pessimismes passés. Bien que la zone euro fasse face à des défis structurels à long terme, à court terme, la politique de la Fed de baisse des taux, la stabilisation progressive de l’approvisionnement énergétique, et la persistance de la BCE offrent des leviers pour une reprise de l’euro.
L’essentiel est que les investisseurs puissent distinguer entre rebond cyclique et tendance de fond. Si la BCE maintient des taux élevés tandis que la Fed amorce une baisse, l’euro pourrait retrouver une tendance haussière, au moins à moyen terme. En revanche, en cas de crise financière majeure ou d’aggravation géopolitique, la fuite vers la sécurité pourrait renforcer le dollar et affaiblir l’euro.
Il est crucial de suivre en permanence les données économiques américaines et européennes, les minutes des réunions de la BCE, ainsi que l’évolution du contexte international, afin d’anticiper la direction de l’économie globale. Investir dans l’euro représente non seulement un test de la lecture des politiques monétaires, mais aussi une mesure de la compréhension approfondie des enjeux mondiaux.
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Rétrospective du point le plus bas historique de l'euro : 20 ans de trajectoire allant du sommet de 1.6038 au creux de 0.9536
En tant que deuxième plus grande monnaie de réserve mondiale, l’euro a connu une histoire mouvementée depuis sa mise en circulation officielle en 2002, s’étendant sur 20 années riches en événements. Du sommet historique de 1,6038 lors de la crise financière de 2008, au point le plus bas de 0,9536 provoqué par la guerre russo-ukrainienne en 2022, l’évolution du taux de change de l’euro reflète les transformations économiques mondiales. Cet article analysera le processus de formation du point le plus bas de l’euro, en décryptant la logique économique sous-jacente, et évaluera les opportunités d’investissement futures.
La formation du point le plus bas de l’euro : comprendre trois périodes clés de changement
Pour saisir pourquoi l’euro a chuté à son niveau le plus bas, il faut remonter à trois périodes décisives — chacune marquant une réévaluation de la confiance du marché dans la monnaie unique.
2008 : le sommet historique de 1,6038 et la chute qui s’ensuivit
En juillet 2008, le taux de change euro/dollar atteignait un sommet historique de 1,6038, un record qui n’a pas été dépassé pendant 14 ans. Cependant, ce sommet est devenu un véritable tournant. La crise des prêts subprimes (2007-2008) a éclaté, entraînant une réaction en chaîne dans le système financier mondial.
Les chocs provenaient de plusieurs fronts : des positions massives exposées à des produits liés aux prêts subprimes dans le système bancaire ont rapidement perdu de leur valeur ; le marché du crédit s’est complètement gelé ; la faillite de Lehman Brothers a intensifié la panique. Le système bancaire européen, étroitement lié aux institutions financières américaines, a rapidement subi des pressions. La récession a suivi — baisse des investissements et de la consommation, hausse du chômage, et des gouvernements ont été contraints de lancer des plans de relance massifs, provoquant une explosion des déficits publics.
La Banque centrale européenne (BCE) a alors lancé une politique de taux négatifs et de quantitative easing sur huit ans, tentant de relancer l’économie. Si ces mesures ont apporté une liquidité à court terme, elles ont aussi semé les graines d’une dépréciation de l’euro. La situation s’est aggravée avec l’émergence de crises de la dette dans des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie, ce qui a profondément ébranlé la confiance dans la capacité de l’Union européenne à rembourser ses dettes.
2017 : rebond depuis le point bas de 1,034 jusqu’à une brève accalmie
Après près de neuf années de baisse continue, l’euro a touché un creux de 1,034 en janvier 2017, avant de commencer à rebondir. Cette période a marqué un tournant dans le sentiment du marché. La politique accommodante de la BCE a commencé à porter ses fruits : les données économiques s’amélioraient — le taux de chômage dans la zone euro est passé sous 10 %, et l’indice PMI manufacturier a dépassé 55. La victoire de forces pro-européennes lors des élections en France et en Allemagne a renforcé la confiance des investisseurs.
Par ailleurs, le début des négociations du Brexit a apporté une certaine stabilité, atténuant une partie de l’incertitude. La politique américaine sous l’administration Trump, avec ses incertitudes, a paradoxalement poussé certains capitaux vers des actifs européens perçus comme plus sûrs. L’euro, longtemps survendu, était alors sous-évalué, ce qui a préparé le terrain pour sa reprise.
2018 : sommet temporaire de 1,2556 puis nouvelle baisse
En février 2018, l’euro a brièvement atteint 1,2556, un sommet depuis mai 2015. Cependant, cette valeur restait bien en deçà du record de 1,6038. La Réserve fédérale américaine a lancé un cycle de hausse des taux en mars, renforçant le dollar et exerçant une pression dépréciative continue sur l’euro. La croissance économique de la zone euro a également ralenti — le PIB réel a diminué, passant de 3,1 % en 2017 à un rythme inférieur, et l’indice PMI manufacturier a reculé. La montée des tensions politiques, notamment avec la formation d’un gouvernement conjoint entre le Mouvement 5 étoiles en Italie et la Ligue du Nord, a aussi alimenté l’incertitude, faisant s’évanouir l’optimisme sur la zone euro.
2022 : le moment décisif avec le point le plus bas de 0,9536
En septembre 2022, le taux euro/dollar a brièvement chuté à 0,9536, atteignant son niveau le plus bas depuis vingt ans, dépassant même le point de 2017. Ce seuil symbolise un nouveau creux de confiance dans l’euro.
Le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne a directement impacté la sécurité énergétique de l’Europe. La réduction drastique des approvisionnements en gaz naturel et en pétrole russe a provoqué une flambée des prix de l’énergie au premier semestre 2022, alimentant directement l’inflation dans la zone euro. Cette inflation élevée a mis une pression énorme sur les entreprises et le pouvoir d’achat des consommateurs. Parallèlement, la montée de l’aversion au risque a conduit les capitaux mondiaux à se tourner vers des actifs perçus comme plus sûrs, notamment le dollar américain.
La BCE a été contrainte d’augmenter ses taux à deux reprises en juillet et septembre, mettant fin à huit années de taux négatifs. Bien que ces hausses aient montré la volonté de lutter contre l’inflation, elles ont aussi renforcé la dynamique de l’appréciation du dollar, en contraste avec la politique plus prudente de la Fed. La hausse persistante des prix de l’énergie, la crainte d’une récession, et l’attractivité du dollar comme valeur refuge ont ainsi poussé le taux de change euro/dollar à son niveau le plus bas historique.
La vérité économique derrière le taux de change : la lutte entre politiques monétaires et contexte mondial
Les fluctuations de l’euro ne sont pas des événements isolés, mais le résultat d’interactions complexes entre plusieurs facteurs. De son sommet en 2008 à son point le plus bas en 2022, elles traduisent la dynamique entre politiques économiques, géopolitique mondiale et attentes du marché.
La divergence des politiques monétaires constitue le moteur principal. La BCE a maintenu une politique accommodante pour faire face à la crise de la dette et à la faiblesse de l’inflation, tandis que la Fed, après la reprise économique, a amorcé un cycle de resserrement plus tôt. Cela a accru l’attractivité des taux américains, favorisant les flux de capitaux vers le dollar.
Les différences de croissance économique jouent aussi un rôle clé. La zone euro souffre de problèmes structurels tels que le vieillissement de la population et l’obsolescence industrielle, avec une croissance à long terme inférieure à celle des États-Unis. Cela limite l’optimisme des investisseurs quant aux perspectives économiques de la zone euro.
Les tensions géopolitiques sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années. Du Brexit en 2016 à la guerre russo-ukrainienne en 2022, chaque crise majeure a renforcé la tendance à la fuite vers la sécurité du dollar. Ces risques géopolitiques sont désormais une composante régulière de la dépréciation de l’euro.
Les enjeux de sécurité énergétique ont un impact supérieur dans la zone euro. La guerre en Ukraine a coupé la dépendance de l’Europe au gaz russe, mais le coût des sources alternatives est bien plus élevé qu’auparavant, ce qui a directement augmenté les coûts des entreprises et alimenté l’inflation, fragilisant encore davantage l’euro.
L’évaluation de l’investissement dans l’euro en 2024 : où se trouvent les opportunités ?
En 2024, la logique d’investissement dans l’euro a connu des changements subtils. La Fed, ayant amorcé une politique de pause en fin 2023, laisse entrevoir le début d’un cycle de baisse des taux. Les données historiques montrent que chaque cycle de baisse des taux américains entraîne une chute significative de l’indice dollar en 3 à 5 ans.
Bien que la BCE maintienne des taux encore inférieurs à ceux des États-Unis, elle conserve un niveau relativement élevé, ce qui soutient l’euro. Si la Fed continue de réduire ses taux tandis que la BCE reste prudente, l’écart de taux se réduira, voire s’inversera, favorisant une appréciation de l’euro.
Cependant, cette opportunité s’accompagne de risques. La croissance économique de la zone euro reste fragile — le PMI manufacturier récent est tombé en dessous de 45, traduisant des perspectives pessimistes. En cas de crise géopolitique majeure ou de crise financière, les capitaux pourraient à nouveau se réfugier aux États-Unis, renforçant le dollar et dépréciant l’euro. Il est donc crucial pour les investisseurs de suivre de près les indicateurs économiques de la zone euro, les orientations de la BCE, ainsi que l’évolution du contexte géopolitique mondial.
Quatre voies d’investissement pour les investisseurs taïwanais
Pour les investisseurs taïwanais souhaitant participer à l’investissement dans l’euro, plusieurs options s’offrent à eux :
Comptes de change bancaires : méthode traditionnelle mais limitée
Ouvrir un compte en devises étrangères auprès d’une banque commerciale ou d’une banque internationale. Avantages : sécurité et fiabilité. Inconvénients : restrictions sur les fonds, généralement une seule position longue, sans possibilité de vente à découvert à court terme.
Courtiers en devises et plateformes CFD : flexibles et faciles d’accès
Les plateformes CFD proposées par des courtiers internationaux sont populaires auprès des petits investisseurs et des traders à court terme. Elles offrent des mécanismes de trading bidirectionnel, des leviers, et des coûts d’entrée faibles.
Services de change des sociétés de courtage locales : option localisée
Certaines sociétés de courtage taïwanaises proposent aussi des services de change, avec un support local et une régulation assurée.
Bourses à terme : outils professionnels
Pour les investisseurs plus expérimentés, le marché à terme offre des outils plus sophistiqués pour l’arbitrage et la couverture. Il est possible d’ouvrir un compte pour trader des contrats à terme sur devises.
En résumé : l’état actuel et l’avenir de l’investissement dans l’euro
Du point le plus bas historique de 0,9536 à la situation présente, le marché a déjà intégré une partie des pessimismes passés. Bien que la zone euro fasse face à des défis structurels à long terme, à court terme, la politique de la Fed de baisse des taux, la stabilisation progressive de l’approvisionnement énergétique, et la persistance de la BCE offrent des leviers pour une reprise de l’euro.
L’essentiel est que les investisseurs puissent distinguer entre rebond cyclique et tendance de fond. Si la BCE maintient des taux élevés tandis que la Fed amorce une baisse, l’euro pourrait retrouver une tendance haussière, au moins à moyen terme. En revanche, en cas de crise financière majeure ou d’aggravation géopolitique, la fuite vers la sécurité pourrait renforcer le dollar et affaiblir l’euro.
Il est crucial de suivre en permanence les données économiques américaines et européennes, les minutes des réunions de la BCE, ainsi que l’évolution du contexte international, afin d’anticiper la direction de l’économie globale. Investir dans l’euro représente non seulement un test de la lecture des politiques monétaires, mais aussi une mesure de la compréhension approfondie des enjeux mondiaux.