Les contrats de mars pour le cacao à terme de Londres (CAH26) ont augmenté de 2,61 % (+76 points) aujourd’hui, tandis que le cacao de New York (CCH26) a progressé de 0,98 % (+41 points), marquant une inversion par rapport à la faiblesse récente. La reprise des contrats à terme de Londres s’inscrit dans le contexte de la réduction des livraisons de cacao vers les ports ivoiriens, ce qui a déclenché une activité de couverture à la baisse sur l’ensemble des marchés de matières premières. Cette hausse des prix souligne comment les contraintes d’offre peuvent rapidement changer le sentiment du marché, même face à des préoccupations plus larges concernant l’abondance mondiale de cacao.
Les changements d’offre en Côte d’Ivoire stimulent la dynamique des prix
Les agriculteurs en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, ont transporté 1,23 million de tonnes métriques (MMT) de cacao vers les ports depuis le 1er octobre 2025 jusqu’au 1er février 2026, soit une baisse de 4,7 % par rapport aux 1,24 MMT livrées durant la même période l’an dernier. Cette contraction des flux portuaires a été le catalyseur de la reprise des contrats à terme de Londres et de la hausse générale du marché. Malgré cette amélioration récente des prix, la marchandise reste sous pression en raison de vents contraires structurels, avec des approvisionnements mondiaux encore élevés par rapport à la demande.
La demande en déclin continue de peser sur les marchés
Les prix du cacao restent sous pression en raison d’une faiblesse persistante de la demande, car des prix élevés du chocolat ont érodé le pouvoir d’achat des consommateurs. Barry Callebaut AG, le plus grand producteur mondial de chocolat en vrac, a annoncé une baisse de 22 % du volume des ventes de sa division cacao au trimestre se terminant le 30 novembre, attribuant cette chute à une demande faible sur le marché et à une stratégie de pivot vers des lignes de produits à marge plus élevée.
Les données de broyage provenant des principales régions de consommation confirment cette morosité de la demande. L’European Cocoa Association a rapporté une contraction de 8,3 % en glissement annuel des broyage de cacao au quatrième trimestre, à 304 470 tonnes métriques (MT), ce qui représente le plus bas niveau du quatrième trimestre en plus d’une décennie et une baisse plus importante que la diminution anticipée de 2,9 %. Les broyage en Asie ont diminué de 4,8 % en glissement annuel à 197 022 MT, tandis que ceux en Amérique du Nord ont augmenté de seulement 0,3 % à 103 117 MT. La confluence de ces baisses régionales souligne un refroidissement structurel de la consommation mondiale de cacao que les prix à terme de Londres devront finir par prendre en compte.
La dynamique des stocks complique la situation des prix
Les stocks de cacao détenus dans les ports américains surveillés par ICE ont chuté à un niveau historiquement bas de 1 626 105 sacs, soit 10,5 mois d’approvisionnement, le 26 décembre, mais ont depuis rebondi pour atteindre un sommet de 2,5 mois à 1 775 219 sacs à la fin de la semaine dernière. Ce rebond des stocks exerce généralement une pression à la baisse sur les prix du cacao, compensant en partie le sentiment haussier généré par la réduction des expéditions ivoiriennes. La hausse des stocks indique une disponibilité physique suffisante malgré la réduction des flux portuaires, limitant le potentiel de hausse à moyen terme pour les contrats à terme de Londres.
Perspectives de récolte en Afrique de l’Ouest et rééquilibrage de l’offre mondiale
Les conditions météorologiques tropicales en Afrique de l’Ouest ont favorisé un développement robuste des cabosses, avec Mondelez rapportant que le dernier comptage de cabosses dépasse la moyenne quinquennale de 7 % et dépasse largement la récolte de l’an dernier. La Côte d’Ivoire et le Ghana devraient réaliser des récoltes de février-mars plus importantes, avec des cabosses plus grosses et en meilleure santé qu’en année précédente. La principale récolte en Côte d’Ivoire a déjà commencé, et les agriculteurs locaux se montrent optimistes quant à la qualité de la récolte.
Sur le plan de l’offre plus large, une réduction des exportations de cacao du Nigeria, cinquième producteur mondial, soutient modestement les prix. Les exportations de cacao du Nigeria en novembre ont diminué de 7 % en glissement annuel, à 35 203 MT, et la Cocoa Association of Nigeria prévoit une baisse de 11 % de la production 2025/26 à 305 000 MT, contre une estimation de 344 000 MT en 2024/25.
Surplus mondial en réduction face aux révisions des prévisions
L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a considérablement réduit son estimation du surplus mondial de cacao pour 2024/25 à seulement 49 000 MT le 28 novembre, contre une prévision précédente de 142 000 MT. L’organisation a également abaissé son estimation de la production mondiale de cacao pour 2024/25 à 4,69 MMT contre 4,84 MMT. Rabobank a révisé la semaine dernière son surplus mondial de cacao pour 2025/26 à 250 000 MT, contre une projection de novembre de 328 000 MT, ce qui témoigne d’une confiance croissante dans le resserrement des équilibres entre l’offre et la demande.
Pour contextualiser, l’ICCO avait estimé un déficit dramatique de 494 000 MT pour 2023/24, le plus grand déficit en plus de six décennies, après une chute de 12,9 % de la production en glissement annuel à 4,368 MMT. La reprise vers un léger surplus de 49 000 MT en 2024/25 et le surplus prévu de 250 000 à 287 000 MT pour 2025/26 représentent un rééquilibrage significatif, bien que cela laisse encore les contrats à terme de Londres vulnérables à des surprises de la demande ou à des perturbations régionales de la production.
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Les contrats à terme sur le cacao à Londres gagnent du terrain alors que les expéditions en Côte d'Ivoire se resserrent
Les contrats de mars pour le cacao à terme de Londres (CAH26) ont augmenté de 2,61 % (+76 points) aujourd’hui, tandis que le cacao de New York (CCH26) a progressé de 0,98 % (+41 points), marquant une inversion par rapport à la faiblesse récente. La reprise des contrats à terme de Londres s’inscrit dans le contexte de la réduction des livraisons de cacao vers les ports ivoiriens, ce qui a déclenché une activité de couverture à la baisse sur l’ensemble des marchés de matières premières. Cette hausse des prix souligne comment les contraintes d’offre peuvent rapidement changer le sentiment du marché, même face à des préoccupations plus larges concernant l’abondance mondiale de cacao.
Les changements d’offre en Côte d’Ivoire stimulent la dynamique des prix
Les agriculteurs en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, ont transporté 1,23 million de tonnes métriques (MMT) de cacao vers les ports depuis le 1er octobre 2025 jusqu’au 1er février 2026, soit une baisse de 4,7 % par rapport aux 1,24 MMT livrées durant la même période l’an dernier. Cette contraction des flux portuaires a été le catalyseur de la reprise des contrats à terme de Londres et de la hausse générale du marché. Malgré cette amélioration récente des prix, la marchandise reste sous pression en raison de vents contraires structurels, avec des approvisionnements mondiaux encore élevés par rapport à la demande.
La demande en déclin continue de peser sur les marchés
Les prix du cacao restent sous pression en raison d’une faiblesse persistante de la demande, car des prix élevés du chocolat ont érodé le pouvoir d’achat des consommateurs. Barry Callebaut AG, le plus grand producteur mondial de chocolat en vrac, a annoncé une baisse de 22 % du volume des ventes de sa division cacao au trimestre se terminant le 30 novembre, attribuant cette chute à une demande faible sur le marché et à une stratégie de pivot vers des lignes de produits à marge plus élevée.
Les données de broyage provenant des principales régions de consommation confirment cette morosité de la demande. L’European Cocoa Association a rapporté une contraction de 8,3 % en glissement annuel des broyage de cacao au quatrième trimestre, à 304 470 tonnes métriques (MT), ce qui représente le plus bas niveau du quatrième trimestre en plus d’une décennie et une baisse plus importante que la diminution anticipée de 2,9 %. Les broyage en Asie ont diminué de 4,8 % en glissement annuel à 197 022 MT, tandis que ceux en Amérique du Nord ont augmenté de seulement 0,3 % à 103 117 MT. La confluence de ces baisses régionales souligne un refroidissement structurel de la consommation mondiale de cacao que les prix à terme de Londres devront finir par prendre en compte.
La dynamique des stocks complique la situation des prix
Les stocks de cacao détenus dans les ports américains surveillés par ICE ont chuté à un niveau historiquement bas de 1 626 105 sacs, soit 10,5 mois d’approvisionnement, le 26 décembre, mais ont depuis rebondi pour atteindre un sommet de 2,5 mois à 1 775 219 sacs à la fin de la semaine dernière. Ce rebond des stocks exerce généralement une pression à la baisse sur les prix du cacao, compensant en partie le sentiment haussier généré par la réduction des expéditions ivoiriennes. La hausse des stocks indique une disponibilité physique suffisante malgré la réduction des flux portuaires, limitant le potentiel de hausse à moyen terme pour les contrats à terme de Londres.
Perspectives de récolte en Afrique de l’Ouest et rééquilibrage de l’offre mondiale
Les conditions météorologiques tropicales en Afrique de l’Ouest ont favorisé un développement robuste des cabosses, avec Mondelez rapportant que le dernier comptage de cabosses dépasse la moyenne quinquennale de 7 % et dépasse largement la récolte de l’an dernier. La Côte d’Ivoire et le Ghana devraient réaliser des récoltes de février-mars plus importantes, avec des cabosses plus grosses et en meilleure santé qu’en année précédente. La principale récolte en Côte d’Ivoire a déjà commencé, et les agriculteurs locaux se montrent optimistes quant à la qualité de la récolte.
Sur le plan de l’offre plus large, une réduction des exportations de cacao du Nigeria, cinquième producteur mondial, soutient modestement les prix. Les exportations de cacao du Nigeria en novembre ont diminué de 7 % en glissement annuel, à 35 203 MT, et la Cocoa Association of Nigeria prévoit une baisse de 11 % de la production 2025/26 à 305 000 MT, contre une estimation de 344 000 MT en 2024/25.
Surplus mondial en réduction face aux révisions des prévisions
L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a considérablement réduit son estimation du surplus mondial de cacao pour 2024/25 à seulement 49 000 MT le 28 novembre, contre une prévision précédente de 142 000 MT. L’organisation a également abaissé son estimation de la production mondiale de cacao pour 2024/25 à 4,69 MMT contre 4,84 MMT. Rabobank a révisé la semaine dernière son surplus mondial de cacao pour 2025/26 à 250 000 MT, contre une projection de novembre de 328 000 MT, ce qui témoigne d’une confiance croissante dans le resserrement des équilibres entre l’offre et la demande.
Pour contextualiser, l’ICCO avait estimé un déficit dramatique de 494 000 MT pour 2023/24, le plus grand déficit en plus de six décennies, après une chute de 12,9 % de la production en glissement annuel à 4,368 MMT. La reprise vers un léger surplus de 49 000 MT en 2024/25 et le surplus prévu de 250 000 à 287 000 MT pour 2025/26 représentent un rééquilibrage significatif, bien que cela laisse encore les contrats à terme de Londres vulnérables à des surprises de la demande ou à des perturbations régionales de la production.