Les semaines passées ont apporté de la clarté à une question cruciale hantant les décideurs du monde entier : l’inflation est-elle enfin en train de ralentir, ou les pressions sur les prix ne font-elles que faire une pause ? Alors que les données du PIB de Tokyo et d’autres publications économiques plus larges offrent un tableau mitigé, les grandes banques centrales se trouvent à un moment clé, avec des décisions prises dans les prochains trimestres susceptibles de façonner les conditions du marché jusqu’en 2026 et au-delà.
Le secteur industriel chinois sous pression - La faiblesse de la fabrication s’étend au-delà de l’industrie lourde
Les profits industriels chinois racontent une histoire sobering. Pour la période janvier-novembre 2025, les profits cumulés des grandes entreprises industrielles n’ont augmenté que de 0,1 % en glissement annuel, un ralentissement marqué par rapport à la croissance de 1,9 % sur les dix premiers mois. Rien qu’en novembre, les profits ont chuté de 13,1 % en glissement annuel, après une baisse de 5,5 % en octobre — la contraction mensuelle la plus forte en plus d’un an.
Les dégâts ne sont pas répartis uniformément. La fabrication de haute technologie a montré une résilience, avec une hausse des profits de 10 %, tandis que la fabrication d’équipements a progressé de 7,7 %. Mais cette force masque une faiblesse sévère ailleurs. L’exploitation et le lavage du charbon ont vu leurs profits s’effondrer de 47,3 % en glissement annuel, tandis que l’extraction de pétrole et de gaz a chuté de 13,6 %. Les entreprises publiques ont enregistré une baisse de 1,6 % de leurs profits, tandis que les entreprises privées ont reculé de seulement 0,1 % — un signe inquiétant d’une pression généralisée plutôt que d’une faiblesse isolée.
Les analystes pointent du doigt une demande intérieure faible et une déflation persistante à la porte des usines comme responsables, avertissant que sans améliorations significatives de la capacité de fixation des prix et de la demande, les profits resteront vulnérables. Cette détérioration de la fabrication a des effets en cascade, pouvant freiner l’investissement et la croissance de l’emploi dans toute la région.
Le défi de l’inflation en Australie - Les données du T4 peuvent-elles justifier une orientation de resserrement de la RBA ?
Les décideurs australiens font face à leur propre dilemme. La publication trimestrielle de l’inflation de décembre est arrivée à un moment critique, avec un IPC global à 3,4 % en glissement annuel en novembre — obstinément au-dessus de la fourchette cible de 2-3 % de la Reserve Bank of Australia. La RBA a reconnu que la fermeté récente de l’inflation reflétait des facteurs temporaires, mais a aussi signalé une volatilité croissante dans les lectures mensuelles de l’IPC.
Les attentes d’inflation du T4 se sont avérées cruciales. Les acteurs du marché, notamment les analystes de la National Australia Bank, anticipaient un résultat nettement ferme, prévoyant une inflation moyenne ajustée à 0,9 % trimestre sur trimestre et 3,3 % en glissement annuel. Ces prévisions dépassaient celles de la RBA, qui s’attendait à 0,75 % trimestre sur trimestre et 3,2 % en glissement annuel, en raison de pressions persistantes sur les coûts du logement, d’une accélération de l’inflation des services — notamment les prix saisonniers du voyage — et de coûts élevés pour les véhicules neufs.
Toute surprise à la hausse renforcerait l’orientation de resserrement de la banque, même si le marché estimait environ 60 % de probabilité d’une baisse en février. Cette tension reflète l’équilibre que doit maintenir la RBA : préserver sa crédibilité sur l’inflation tout en reconnaissant un affaiblissement du marché du travail. Une inflation du T4 plus forte que prévu compliquerait considérablement cette narration.
La Fed reste patiente face à la résilience et à l’inflation persistante
La décision de la Réserve fédérale en janvier de maintenir les taux entre 3,50 et 3,75 % n’a surpris personne, selon un sondage Reuters montrant des attentes unanimes pour un statu quo. Cependant, la véritable histoire résidait dans la guidance, notamment concernant la patience de la banque centrale face à un éventuel assouplissement futur.
Une croissance robuste au second semestre 2025 et une inflation persistante au-dessus de la cible ont créé une réalité inconfortable : il n’y avait pas d’urgence à réduire les taux. La résilience économique, combinée à des pressions sur les prix toujours présentes, a laissé les décideurs en mode attente. Le comité a répété un message dépendant des données, évitant délibérément tout signal indiquant une baisse imminente des taux.
La conférence de presse du président Powell est devenue le point focal critique. Les acteurs du marché ont scruté son langage pour détecter tout changement de ton, surtout face à la pression politique croissante sur la Fed. Les critiques publiques de Trump et les enquêtes légales concernant la rénovation du siège de la Fed ont soulevé des questions sur l’indépendance institutionnelle, mais les responsables ont évité tout commentaire politique. Les analystes estiment que le risque reste orienté vers des taux maintenus élevés jusqu’au premier trimestre, avec une baisse plus probable plus tard en 2026 si l’inflation montre des signes plus clairs de modération. D’autres hausses restent très improbables, mais une croissance plus forte et une politique fiscale expansionniste suggèrent que tout cycle d’assouplissement se déroulerait progressivement.
La Banque du Canada face aux vents tarifaires et à une pression centrale contenue
L’inflation au Canada a évolué en décembre, avec un IPC global à 2,4 % en glissement annuel, contre 2,2 %, dépassant légèrement les attentes. La hausse des prix des aliments, de l’alcool et de certains biens a été à l’origine de cette augmentation, partiellement compensée par des effets de base défavorables liés aux vacances de la TPS de l’année précédente et à une forte baisse mensuelle des prix de l’énergie.
Les mesures de l’inflation de base offrent un tableau nuancé. Si l’IPC hors alimentation et énergie a légèrement augmenté, les mesures de base préférées de la Banque du Canada ont diminué, suggérant que les pressions sous-jacentes sur les prix restent contenues. Oxford Economics souligne que les décideurs ignoreraient probablement la volatilité mensuelle de l’inflation globale causée par des effets de base, en se concentrant plutôt sur la tendance sous-jacente — que la banque et les analystes situent dans la fourchette du milieu des 2 %.
Cependant, des risques à la hausse subsistent. Les annonces tarifaires américaines et l’incertitude accrue sur la politique commerciale risquent de faire monter les prix, tandis que l’enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada révèle une paradoxe : les entreprises sont plus optimistes quant aux ventes et prévoient une croissance du PIB plus forte, mais anticipent des licenciements et continuent de faire face à des pressions sur les coûts. Cette combinaison ne laisse que peu de doute sur le fait que les risques d’inflation ne se sont pas totalement dissipés, renforçant la nécessité pour la banque de rester en attente.
La BCB brésilienne maintient la vigilance malgré une surprise inflationniste inattendue
La banque centrale du Brésil a connu un tournant remarquable. Malgré avoir qualifié la position de politique monétaire de décembre — en maintenant le taux Selic à 15,00 % — d’« adéquate » pour assurer la convergence de l’inflation, les données suivantes ont surpris fortement à la baisse. L’inflation annuelle de 2025 a ralenti plus que prévu, terminant l’année à 4,26 %, et restant remarquablement dans la fourchette cible officielle.
Ce résultat a contredit les indications antérieures selon lesquelles l’inflation resterait au-dessus de la limite supérieure de 4,5 % jusqu’à la fin du premier trimestre 2026. L’inflation était déjà revenue à la cible en novembre, plus tôt que prévu, et a encore refroidi en décembre, dépassant largement les prévisions du marché et de la banque centrale. La BCB attribue cette amélioration à une combinaison de tendances inflationnistes bénignes, de meilleures anticipations, de carburants moins chers, d’une monnaie plus forte et de prix du pétrole plus bas — le tout sous une politique restrictive.
Pantheon Macroeconomics voit dans le passage de « suffisant » à « adéquat » dans le langage, ainsi que dans le retour à une vigilance « comme d’habitude », un signe d’une confiance légèrement accrue sans pour autant constituer un pivot dovish. La firme continue de qualifier la position de la BCB de hawkish, anticipant que le statu quo actuel se prolongera jusqu’au début de 2026, alors que les décideurs cherchent à réancrer les attentes. Cependant, avec l’inflation désormais dans la cible, la possibilité d’un relâchement futur s’est renforcée, et les analystes estiment qu’une première baisse des taux est plus probable en mars qu’en janvier.
La Riksbank suédoise maintient le statu quo alors que des signaux mitigés émergent
La Riksbank a maintenu ses taux à 1,75 %, conformément à la trajectoire de taux établie lors de la réunion de décembre. Cette décision fait suite à une inflation plus faible que prévu, avec le CPIF en baisse à 2,1 % en glissement annuel contre 2,3 %, sous les prévisions de la banque.
Les données d’activité ont envoyé des signaux mitigés. Le PIB a rebondi plus que prévu en novembre, et la consommation des ménages a également dépassé les attentes durant cette période — suggérant une résilience économique sous-jacente. Pourtant, le marché du travail est resté modéré, créant une asymétrie dans le tableau économique. Les analystes de SEB s’attendent à ce que la banque maintienne ses taux jusqu’à la fin de l’année, bien qu’ils envisagent une probabilité de baisse au printemps ou en été si l’inflation continue de se détériorer.
Le rapport de politique monétaire indique clairement que les taux resteront à 1,75 % pour les trois prochains trimestres, avec seulement une faible chance d’une hausse au quatrième trimestre 2025. Cette orientation future reflète la confiance croissante de la banque dans sa trajectoire d’inflation, tout en restant prudente face à la fragilité du marché du travail.
La pression sur les prix à Tokyo et la question de la croissance du PIB plus large
Les données économiques du Japon révèlent un pays tiraillé entre la dynamique des prix et les considérations de croissance. L’indice des prix à la consommation de base de Tokyo, hors produits frais, a ralenti à 2,3 % en glissement annuel, contre 2,8 %, sous les attentes, tandis que l’inflation globale a fortement diminué à 2,0 % contre 2,7 %. L’indice CPI de base, excluant à la fois les produits frais et l’énergie, s’est modéré à 2,6 % contre 2,8 %.
La baisse des coûts de l’énergie et des utilities a largement contribué à ce ralentissement, tout comme le ralentissement de la hausse des prix des aliments transformés. Pourtant, toutes ces mesures restent au niveau ou au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque du Japon, renforçant l’idée que la BoJ poursuivra une normalisation prudente de sa politique plutôt qu’un resserrement accéléré. Concernant la position économique plus large de Tokyo et ses implications pour la croissance du PIB, la perspective de la banque centrale suggère que l’inflation restera proche, mais pas durablement au-dessus, de son objectif de 2 %, avec une inflation globale qui devrait sous-performer à court terme, tandis que l’inflation sous-jacente s’approchera de l’objectif.
Les prévisions de la BoJ indiquent une baisse de l’inflation de 2,7 % en 2025 vers 2,0 % d’ici 2027, avec un risque limité de dépassement. Les responsables voient de plus en plus de preuves que la hausse des salaires commence à se répercuter sur les prix, renforçant la confiance dans la réalisation éventuelle de l’objectif de 2 %, bien que les progrès depuis décembre soient modestes. La politique restera accommodante pour l’instant, mais la BoJ prévoit d’augmenter les taux si ses perspectives se concrétisent, en se basant sur l’évolution de l’inflation sous-jacente, des salaires, des coûts d’importation liés au forex, et des données clés comme les prix d’avril, plutôt que d’attendre mécaniquement que le resserrement passé ait pleinement ses effets.
La croissance flash du Q4 dans la zone euro — Les inquiétudes industrielles en Allemagne assombrissent les perspectives régionales
Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,3 % au trimestre au T3, avec l’UE dans son ensemble enregistrant une croissance de 0,4 %, en hausse par rapport au T2. L’Allemagne, en tant que moteur, a estimé une croissance très précoce de 0,2 % au T4, mais les indices PMI et les enquêtes d’activité indiquent une croissance durant cette période.
Cependant, l’Allemagne reste à surveiller. Selon les données de HCOB/S&P Global, l’industrie a connu un recul au cours du trimestre, soulevant des questions sur la pérennité de la dynamique. La Banque centrale européenne a récemment souligné que la croissance avait été plus résiliente en 2025, ce qui a contribué à faire évoluer les attentes sur le taux de politique. Pourtant, la perspective monétaire de la BCE maintient le taux de dépôt à 2 %, considéré par la banque comme étant dans une « bonne position » pour le court terme, compte tenu du tableau de croissance régional mitigé et des incertitudes persistantes concernant la politique commerciale américaine et les implications tarifaires.
Globalement, les données flash du PIB du T4 dans la zone euro ne devraient pas modifier substantiellement la perspective de la BCE, mais rappellent que, malgré une amélioration des chiffres de croissance globale, les divergences sectorielles et la faiblesse régionale méritent une attention particulière de la part des investisseurs et des décideurs.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Croisée mondiale de l'économie : Les banques centrales naviguent entre croissance et inflation alors que le PIB de Tokyo indique un changement
Les semaines passées ont apporté de la clarté à une question cruciale hantant les décideurs du monde entier : l’inflation est-elle enfin en train de ralentir, ou les pressions sur les prix ne font-elles que faire une pause ? Alors que les données du PIB de Tokyo et d’autres publications économiques plus larges offrent un tableau mitigé, les grandes banques centrales se trouvent à un moment clé, avec des décisions prises dans les prochains trimestres susceptibles de façonner les conditions du marché jusqu’en 2026 et au-delà.
Le secteur industriel chinois sous pression - La faiblesse de la fabrication s’étend au-delà de l’industrie lourde
Les profits industriels chinois racontent une histoire sobering. Pour la période janvier-novembre 2025, les profits cumulés des grandes entreprises industrielles n’ont augmenté que de 0,1 % en glissement annuel, un ralentissement marqué par rapport à la croissance de 1,9 % sur les dix premiers mois. Rien qu’en novembre, les profits ont chuté de 13,1 % en glissement annuel, après une baisse de 5,5 % en octobre — la contraction mensuelle la plus forte en plus d’un an.
Les dégâts ne sont pas répartis uniformément. La fabrication de haute technologie a montré une résilience, avec une hausse des profits de 10 %, tandis que la fabrication d’équipements a progressé de 7,7 %. Mais cette force masque une faiblesse sévère ailleurs. L’exploitation et le lavage du charbon ont vu leurs profits s’effondrer de 47,3 % en glissement annuel, tandis que l’extraction de pétrole et de gaz a chuté de 13,6 %. Les entreprises publiques ont enregistré une baisse de 1,6 % de leurs profits, tandis que les entreprises privées ont reculé de seulement 0,1 % — un signe inquiétant d’une pression généralisée plutôt que d’une faiblesse isolée.
Les analystes pointent du doigt une demande intérieure faible et une déflation persistante à la porte des usines comme responsables, avertissant que sans améliorations significatives de la capacité de fixation des prix et de la demande, les profits resteront vulnérables. Cette détérioration de la fabrication a des effets en cascade, pouvant freiner l’investissement et la croissance de l’emploi dans toute la région.
Le défi de l’inflation en Australie - Les données du T4 peuvent-elles justifier une orientation de resserrement de la RBA ?
Les décideurs australiens font face à leur propre dilemme. La publication trimestrielle de l’inflation de décembre est arrivée à un moment critique, avec un IPC global à 3,4 % en glissement annuel en novembre — obstinément au-dessus de la fourchette cible de 2-3 % de la Reserve Bank of Australia. La RBA a reconnu que la fermeté récente de l’inflation reflétait des facteurs temporaires, mais a aussi signalé une volatilité croissante dans les lectures mensuelles de l’IPC.
Les attentes d’inflation du T4 se sont avérées cruciales. Les acteurs du marché, notamment les analystes de la National Australia Bank, anticipaient un résultat nettement ferme, prévoyant une inflation moyenne ajustée à 0,9 % trimestre sur trimestre et 3,3 % en glissement annuel. Ces prévisions dépassaient celles de la RBA, qui s’attendait à 0,75 % trimestre sur trimestre et 3,2 % en glissement annuel, en raison de pressions persistantes sur les coûts du logement, d’une accélération de l’inflation des services — notamment les prix saisonniers du voyage — et de coûts élevés pour les véhicules neufs.
Toute surprise à la hausse renforcerait l’orientation de resserrement de la banque, même si le marché estimait environ 60 % de probabilité d’une baisse en février. Cette tension reflète l’équilibre que doit maintenir la RBA : préserver sa crédibilité sur l’inflation tout en reconnaissant un affaiblissement du marché du travail. Une inflation du T4 plus forte que prévu compliquerait considérablement cette narration.
La Fed reste patiente face à la résilience et à l’inflation persistante
La décision de la Réserve fédérale en janvier de maintenir les taux entre 3,50 et 3,75 % n’a surpris personne, selon un sondage Reuters montrant des attentes unanimes pour un statu quo. Cependant, la véritable histoire résidait dans la guidance, notamment concernant la patience de la banque centrale face à un éventuel assouplissement futur.
Une croissance robuste au second semestre 2025 et une inflation persistante au-dessus de la cible ont créé une réalité inconfortable : il n’y avait pas d’urgence à réduire les taux. La résilience économique, combinée à des pressions sur les prix toujours présentes, a laissé les décideurs en mode attente. Le comité a répété un message dépendant des données, évitant délibérément tout signal indiquant une baisse imminente des taux.
La conférence de presse du président Powell est devenue le point focal critique. Les acteurs du marché ont scruté son langage pour détecter tout changement de ton, surtout face à la pression politique croissante sur la Fed. Les critiques publiques de Trump et les enquêtes légales concernant la rénovation du siège de la Fed ont soulevé des questions sur l’indépendance institutionnelle, mais les responsables ont évité tout commentaire politique. Les analystes estiment que le risque reste orienté vers des taux maintenus élevés jusqu’au premier trimestre, avec une baisse plus probable plus tard en 2026 si l’inflation montre des signes plus clairs de modération. D’autres hausses restent très improbables, mais une croissance plus forte et une politique fiscale expansionniste suggèrent que tout cycle d’assouplissement se déroulerait progressivement.
La Banque du Canada face aux vents tarifaires et à une pression centrale contenue
L’inflation au Canada a évolué en décembre, avec un IPC global à 2,4 % en glissement annuel, contre 2,2 %, dépassant légèrement les attentes. La hausse des prix des aliments, de l’alcool et de certains biens a été à l’origine de cette augmentation, partiellement compensée par des effets de base défavorables liés aux vacances de la TPS de l’année précédente et à une forte baisse mensuelle des prix de l’énergie.
Les mesures de l’inflation de base offrent un tableau nuancé. Si l’IPC hors alimentation et énergie a légèrement augmenté, les mesures de base préférées de la Banque du Canada ont diminué, suggérant que les pressions sous-jacentes sur les prix restent contenues. Oxford Economics souligne que les décideurs ignoreraient probablement la volatilité mensuelle de l’inflation globale causée par des effets de base, en se concentrant plutôt sur la tendance sous-jacente — que la banque et les analystes situent dans la fourchette du milieu des 2 %.
Cependant, des risques à la hausse subsistent. Les annonces tarifaires américaines et l’incertitude accrue sur la politique commerciale risquent de faire monter les prix, tandis que l’enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada révèle une paradoxe : les entreprises sont plus optimistes quant aux ventes et prévoient une croissance du PIB plus forte, mais anticipent des licenciements et continuent de faire face à des pressions sur les coûts. Cette combinaison ne laisse que peu de doute sur le fait que les risques d’inflation ne se sont pas totalement dissipés, renforçant la nécessité pour la banque de rester en attente.
La BCB brésilienne maintient la vigilance malgré une surprise inflationniste inattendue
La banque centrale du Brésil a connu un tournant remarquable. Malgré avoir qualifié la position de politique monétaire de décembre — en maintenant le taux Selic à 15,00 % — d’« adéquate » pour assurer la convergence de l’inflation, les données suivantes ont surpris fortement à la baisse. L’inflation annuelle de 2025 a ralenti plus que prévu, terminant l’année à 4,26 %, et restant remarquablement dans la fourchette cible officielle.
Ce résultat a contredit les indications antérieures selon lesquelles l’inflation resterait au-dessus de la limite supérieure de 4,5 % jusqu’à la fin du premier trimestre 2026. L’inflation était déjà revenue à la cible en novembre, plus tôt que prévu, et a encore refroidi en décembre, dépassant largement les prévisions du marché et de la banque centrale. La BCB attribue cette amélioration à une combinaison de tendances inflationnistes bénignes, de meilleures anticipations, de carburants moins chers, d’une monnaie plus forte et de prix du pétrole plus bas — le tout sous une politique restrictive.
Pantheon Macroeconomics voit dans le passage de « suffisant » à « adéquat » dans le langage, ainsi que dans le retour à une vigilance « comme d’habitude », un signe d’une confiance légèrement accrue sans pour autant constituer un pivot dovish. La firme continue de qualifier la position de la BCB de hawkish, anticipant que le statu quo actuel se prolongera jusqu’au début de 2026, alors que les décideurs cherchent à réancrer les attentes. Cependant, avec l’inflation désormais dans la cible, la possibilité d’un relâchement futur s’est renforcée, et les analystes estiment qu’une première baisse des taux est plus probable en mars qu’en janvier.
La Riksbank suédoise maintient le statu quo alors que des signaux mitigés émergent
La Riksbank a maintenu ses taux à 1,75 %, conformément à la trajectoire de taux établie lors de la réunion de décembre. Cette décision fait suite à une inflation plus faible que prévu, avec le CPIF en baisse à 2,1 % en glissement annuel contre 2,3 %, sous les prévisions de la banque.
Les données d’activité ont envoyé des signaux mitigés. Le PIB a rebondi plus que prévu en novembre, et la consommation des ménages a également dépassé les attentes durant cette période — suggérant une résilience économique sous-jacente. Pourtant, le marché du travail est resté modéré, créant une asymétrie dans le tableau économique. Les analystes de SEB s’attendent à ce que la banque maintienne ses taux jusqu’à la fin de l’année, bien qu’ils envisagent une probabilité de baisse au printemps ou en été si l’inflation continue de se détériorer.
Le rapport de politique monétaire indique clairement que les taux resteront à 1,75 % pour les trois prochains trimestres, avec seulement une faible chance d’une hausse au quatrième trimestre 2025. Cette orientation future reflète la confiance croissante de la banque dans sa trajectoire d’inflation, tout en restant prudente face à la fragilité du marché du travail.
La pression sur les prix à Tokyo et la question de la croissance du PIB plus large
Les données économiques du Japon révèlent un pays tiraillé entre la dynamique des prix et les considérations de croissance. L’indice des prix à la consommation de base de Tokyo, hors produits frais, a ralenti à 2,3 % en glissement annuel, contre 2,8 %, sous les attentes, tandis que l’inflation globale a fortement diminué à 2,0 % contre 2,7 %. L’indice CPI de base, excluant à la fois les produits frais et l’énergie, s’est modéré à 2,6 % contre 2,8 %.
La baisse des coûts de l’énergie et des utilities a largement contribué à ce ralentissement, tout comme le ralentissement de la hausse des prix des aliments transformés. Pourtant, toutes ces mesures restent au niveau ou au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque du Japon, renforçant l’idée que la BoJ poursuivra une normalisation prudente de sa politique plutôt qu’un resserrement accéléré. Concernant la position économique plus large de Tokyo et ses implications pour la croissance du PIB, la perspective de la banque centrale suggère que l’inflation restera proche, mais pas durablement au-dessus, de son objectif de 2 %, avec une inflation globale qui devrait sous-performer à court terme, tandis que l’inflation sous-jacente s’approchera de l’objectif.
Les prévisions de la BoJ indiquent une baisse de l’inflation de 2,7 % en 2025 vers 2,0 % d’ici 2027, avec un risque limité de dépassement. Les responsables voient de plus en plus de preuves que la hausse des salaires commence à se répercuter sur les prix, renforçant la confiance dans la réalisation éventuelle de l’objectif de 2 %, bien que les progrès depuis décembre soient modestes. La politique restera accommodante pour l’instant, mais la BoJ prévoit d’augmenter les taux si ses perspectives se concrétisent, en se basant sur l’évolution de l’inflation sous-jacente, des salaires, des coûts d’importation liés au forex, et des données clés comme les prix d’avril, plutôt que d’attendre mécaniquement que le resserrement passé ait pleinement ses effets.
La croissance flash du Q4 dans la zone euro — Les inquiétudes industrielles en Allemagne assombrissent les perspectives régionales
Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,3 % au trimestre au T3, avec l’UE dans son ensemble enregistrant une croissance de 0,4 %, en hausse par rapport au T2. L’Allemagne, en tant que moteur, a estimé une croissance très précoce de 0,2 % au T4, mais les indices PMI et les enquêtes d’activité indiquent une croissance durant cette période.
Cependant, l’Allemagne reste à surveiller. Selon les données de HCOB/S&P Global, l’industrie a connu un recul au cours du trimestre, soulevant des questions sur la pérennité de la dynamique. La Banque centrale européenne a récemment souligné que la croissance avait été plus résiliente en 2025, ce qui a contribué à faire évoluer les attentes sur le taux de politique. Pourtant, la perspective monétaire de la BCE maintient le taux de dépôt à 2 %, considéré par la banque comme étant dans une « bonne position » pour le court terme, compte tenu du tableau de croissance régional mitigé et des incertitudes persistantes concernant la politique commerciale américaine et les implications tarifaires.
Globalement, les données flash du PIB du T4 dans la zone euro ne devraient pas modifier substantiellement la perspective de la BCE, mais rappellent que, malgré une amélioration des chiffres de croissance globale, les divergences sectorielles et la faiblesse régionale méritent une attention particulière de la part des investisseurs et des décideurs.