Les rumeurs ne sont actuellement que des discussions suscitées par les tendances en ligne et des schémas indicatifs, **et il n'y a aucune confirmation officielle que les pays du Golfe font progresser un plan de "super-canal traversant la péninsule"**.



Des idées similaires ne sont en réalité pas nouvelles :
- Vers 2008 environ, des rapports indiquaient que Dubaï envisageait d'investir des centaines de milliards de dollars pour creuser un canal d'environ 180 kilomètres (ou une version plus courte) allant du golfe Persique au golfe d'Oman/océan Indien (par exemple vers le port de Fujaïrah), dans le but de contourner le détroit d'Ormuz.
- Ces dernières années, chaque fois que des tensions surgissent autour d'Ormuz (y compris dans le contexte des conflits récents), ce concept refait surface en ligne : soit traversant les EAU, soit par une coopération EAU + Oman, voire en explosant des îles pour raccourcir le tracé.
Mais pourquoi rien n'a été lancé dans la réalité ? Plusieurs obstacles majeurs :
- **Complexité technique et coûts** : percer la chaîne de montagnes Hajar nécessiterait des systèmes d'écluses géantes (version surpuissante de Panama/Suez), une longueur variant de quelques dizaines à plus de cent kilomètres, excavation, pompage, maintien du niveau d'eau, coût dépassant facilement mille milliards de dollars, sans compter l'évaporation désertique et l'intrusion d'eau de mer.
- **Géopolitique** : l'Iran ne resterait jamais passif face à quelqu'un contournant son point d'étranglement stratégique ; la coordination interne entre Oman et les EAU est également complexe.
- **Les alternatives existent déjà** : le pipeline est-ouest saoudien (capacité de 5 à 7 millions de barils/jour), le pipeline Habshan-Fujaïrah des EAU (environ 1,5 à 1,8 million de barils/jour), actuellement fonctionnant à pleine capacité en cette période de crise et atténuant partiellement les pressions de blocus. Les pipelines sont moins chers, plus rapides à construire et plus faciles à défendre qu'un canal.

Ainsi, ce schéma "viral" ressemble davantage à une extrapolation imaginative de la part d'internautes/créateurs de contenu face à la situation actuelle au Moyen-Orient, amplifiée par l'émotion. Dubaï a certes de grandes ambitions, des îles artificielles à la Burj Khalifa en passant par le canal de Dubaï (qui est un petit canal urbain, pas un canal transcontinental), et elle n'a jamais manqué de grands projets, mais ce super-canal qui "découperait l'océan et remodèlerait l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient" reste pour l'instant au stade du "si", du "et si", de la "rumeur".

En un mot :
**C'est impressionnant en théorie, mais concrètement on en est encore très loin**. Actuellement, ce qui sauve vraiment la situation, c'est le pipeline, pas le canal ; et ce qui pourrait vraiment changer la donne est probablement l'évolution des conflits géopolitiques, pas un coup de pelle.
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