J'ai récemment étudié les obligations au porteur et honnêtement, elles sont l'un des vestiges les plus fascinants de l'histoire financière. Ces titres non enregistrés fonctionnent essentiellement selon un principe simple : celui qui détient physiquement le certificat d'obligation en est le propriétaire. Pas d'enregistrement, pas de tenue de registres, juste la possession équivaut à la propriété. C'est assez incroyable selon les standards d'aujourd'hui.



La façon dont elles fonctionnaient était assez simple. Chaque obligation au porteur était accompagnée de coupons physiques que l'on détachait littéralement et que l'on présentait pour réclamer ses paiements d'intérêts. Lorsque l'obligation arrivait à échéance, on échangeait le certificat lui-même pour récupérer le principal. L'anonymat qu'elles offraient les rendait extrêmement populaires à la fin des années 1800 et au début du 20e siècle, notamment en Europe et aux États-Unis. Les gens pouvaient transférer leur richesse discrètement, ce qui séduisait les investisseurs internationaux et ceux qui planifiaient leur succession.

Mais voici où cela devient intéressant. Ce même anonymat qui rendait les obligations au porteur attrayantes est devenu leur plus gros problème. Les gouvernements ont fini par réaliser que ces instruments étaient utilisés pour l’évasion fiscale et le blanchiment d'argent, ce qui n’a pas du tout plu aux régulateurs. Le gouvernement américain a commencé à sévir en 1982 avec le TEFRA, ce qui a essentiellement mis fin à l’émission domestique. Aujourd’hui, toutes les obligations du Trésor américain sont émises électroniquement. La majorité des systèmes financiers modernes ont complètement basculé vers des titres enregistrés, où la propriété est liée à des individus ou des entités réelles.

De nos jours, les obligations au porteur sont essentiellement des artefacts historiques. Elles sont rarement émises, bien que quelques juridictions comme la Suisse et le Luxembourg permettent encore une émission limitée sous des conditions strictes. Si vous souhaitez investir dans ce type d’instrument, il vous faudrait travailler avec des courtiers spécialisés qui comprennent ce marché de niche. Sur les marchés secondaires, il est parfois possible d’en trouver lors de ventes privées ou d’enchères lorsque des institutions liquident leurs avoirs.

La question du rachat revient souvent. Les anciennes obligations au porteur du Trésor américain peuvent encore être rachetées en les envoyant au Département du Trésor, mais cela dépend fortement de l’émetteur, de la date d’échéance de l’obligation et du lieu d’émission. Pour les obligations non encore arrivées à maturité, il faut présenter le certificat physique à l’émetteur. Pour celles arrivées à échéance, c’est plus compliqué car de nombreux émetteurs ont des délais de rachat, parfois appelés périodes de prescription. Passé ce délai, vous pouvez perdre tout droit de rachat. Certaines anciennes obligations de sociétés disparues peuvent ne plus avoir aucune valeur de rachat.

Ainsi, les obligations au porteur restent une option d’investissement intéressante si vous savez vraiment ce que vous faites, mais elles ne constituent plus une pratique courante. Si vous en détenez encore, il est essentiel de bien connaître les politiques de votre émetteur et les échéances à respecter. L’anonymat qui rendait ces instruments précieux rend aujourd’hui la vérification et la diligence raisonnable indispensables avant de faire le moindre mouvement.
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