Je viens de revoir le dernier bulletin macroprudentiel de la BCE et il y a des choses assez intéressantes sur leur vision de la tokenisation en Europe. Fondamentalement, la banque centrale n’est pas opposée aux avancées technologiques, mais elle a des conditions très spécifiques qu’elle souhaite voir respectées.



La première chose qui attire l’attention est leur insistance sur le fait que toute liquidation doit être ancrée à la monnaie de la banque centrale, et non aux stablecoins privés ou aux dépôts bancaires. Pour eux, c’est essentiel pour maintenir la confiance sur les marchés et la stabilité financière. Cela a du sens de leur point de vue.

La BCE reconnaît que la technologie de registre distribué pourrait réellement améliorer l’efficacité des marchés de capitaux européens. Le potentiel est là pour réduire les coûts opérationnels, simplifier les opérations corporatives et éliminer les intermédiaires inutiles. Mais voici l’essentiel : tout dépend de la façon dont l’infrastructure sera connectée.

Une préoccupation qu’ils soulignent constamment est la fragmentation. Si nous finissons avec un patchwork de plateformes incompatibles, les bénéfices de la tokenisation s’effondreront. La banque avertit que cela pourrait affaiblir l’efficacité plutôt que de l’améliorer, en plus d’augmenter les risques systémiques. Nous avons besoin d’une infrastructure qui fonctionne entre systèmes, pas de silos isolés.

Concernant les obligations tokenisées, il y a déjà des données initiales intéressantes. Les coûts d’emprunt sont réduits et les spreads bid-ask sont plus ajustés comparé aux obligations traditionnelles. Mais la BCE reste prudente : elle indique que ces bénéfices sont encore conditionnels et qu’il faut voir si ils se maintiennent lorsque la tokenisation s’étendra au-delà de ces projets pilotes soigneusement sélectionnés.

Ils ont aussi examiné les stablecoins en euros et les fonds du marché monétaire tokenisés. Avec les stablecoins, la BCE indique qu’ils pourraient reconfigurer la demande d’obligations souveraines et potentiellement servir d’amortisseur de liquidité en marchés turbulents. Mais ils avertissent aussi que cela pourrait devenir un nouveau canal de contagion bancaire si les émetteurs ne gèrent pas bien les dépôts.

En résumé, la BCE voit un potentiel réel dans la tokenisation mais souhaite s’assurer que toute mise en œuvre à grande échelle maintienne la stabilité financière et évite la fragmentation. Ce n’est pas un ‘non’, c’est plutôt un ‘oui, mais avec ces conditions’.
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