USDT sous-prix, détenir des stablecoins est encore une perte, comment faut-il l'interpréter ?

Renminbi en voie d’appréciation, USDT affiche une prime négative, les investisseurs n’ont pas besoin de paniquer excessivement. Il est conseillé de conserver une proportion appropriée d’actifs en stablecoins, en utilisant des stratégies de couverture des taux de change en chaîne, telles que l’allocation de stablecoins en euros ou d’actifs RWA en or, pour éviter modérément les pertes de change. Cet article est issu d’un texte de @Web3Mario, organisé, traduit et rédigé par Foresight News.
(Précédent résumé : USDT sort du marché, EURC prend le relais, le stablecoin en euro grimpe de plus de 170% à contre-courant)
(Complément d’information : Panique dans le secteur crypto chinois, vente massive de USDT « à prime négative de 1,5% par rapport au renminbi », marché baissier, fuite devant la régulation ?)

Table des matières

  • Pourquoi le renminbi entre-t-il dans une phase d’appréciation, et pourquoi USDT affiche-t-il une prime négative
  • Faut-il échanger des stablecoins en dollars contre du renminbi
  • Comment utiliser des stratégies en chaîne pour couvrir les pertes de change, or et stablecoins en euro

Résumé :

Bonjour à tous, cela fait longtemps, je suis désolé, j’ai retardé la publication de cet article de 3 mois, car j’ai consacré ce temps à la conception et au développement d’un produit IA. Franchement, changer de direction n’est pas facile, toute innovation doit s’appuyer sur une compréhension claire des limites du secteur concerné, avant de faire de petites avancées pour dépasser ces limites. Cela nécessite d’acquérir beaucoup de connaissances préalables en IA. Le produit étant maintenant en phase initiale, j’ai plus de temps pour revenir discuter avec vous de l’environnement macroéconomique et de mes observations sur le Web3. Aujourd’hui, je souhaite aborder un sujet intéressant : face à la prime négative de USDT et à la force continue du renminbi, comment devons-nous voir et réagir ? En résumé, je pense qu’il n’est pas nécessaire de paniquer, mais qu’il faut conserver une certaine proportion d’actifs en stablecoins dans son portefeuille, tout en utilisant des stratégies de couverture en chaîne pour éviter modérément certaines pertes de change.

Pourquoi le renminbi entre-t-il dans une phase d’appréciation, et pourquoi USDT affiche-t-il une prime négative

Tout d’abord, je souhaite expliquer pourquoi le renminbi est actuellement en voie d’appréciation. Pour cela, revenons à un concept économique fondamental : le PIB. Bien que cet indicateur présente certaines limites, il reste le moyen le plus simple et efficace d’évaluer la situation économique globale d’un pays. La formule du PIB est :

PIB = C + I + G + (X–M)

où :

  • C : Dépenses de consommation : dépenses totales des ménages et des particuliers pour l’achat de biens et services finaux.
  • I : Dépenses d’investissement : formation de capital des entreprises (nouveaux équipements, usines, etc.) et dépenses de construction résidentielle.
  • G : Dépenses publiques : dépenses d’achat de biens et services par le gouvernement (hors transferts).
  • X–M : Solde net des exportations : exportations (X) moins importations (M).

Après avoir clarifié cette formule simple, les raisons de l’appréciation du renminbi deviennent plus évidentes, principalement pour trois raisons :

1. Attirer les investissements étrangers, stimuler les dépenses d’investissement

Le premier avantage de l’appréciation du renminbi est qu’elle attire rapidement les flux de capitaux étrangers. Nous savons que ces dernières années, la Chine et les États-Unis ont tous deux été confrontés à un problème commun — la dette. La dette fédérale américaine, visible, correspond à la taille de la dette publique, tandis que la Chine doit faire face à une dette implicite des gouvernements locaux. La dette américaine étant négociable et détenue en grande partie par des investisseurs étrangers, la pression sur la dette est plus forte, car le risque de défaut se reflète rapidement sur le marché secondaire, affectant la capacité de refinancement des États-Unis. La seule façon de réduire cette pression est de déprécier le dollar, ce qui diminue la valeur réelle de la dette libellée en dollars pour les créanciers étrangers. Par ce « taxe inflationniste », la valeur réelle de la dette nominale diminue. La méthode consiste naturellement à baisser les taux d’intérêt et à pratiquer une politique de relâchement quantitatif. En revanche, la dette locale chinoise est principalement intérieure, détenue par des banques commerciales ou des investisseurs domestiques, et peut être gérée par des moyens tels que le report de la dette ou le transfert de paiements, ce qui limite la pression sur le taux de change du renminbi liée à la dette. Cependant, cette problématique de la dette limite aussi la capacité des gouvernements chinois et américain à emprunter, rendant plus difficile la stimulation de leur PIB par une augmentation des dépenses publiques. Dans ce contexte, pour relancer l’économie, l’appréciation du renminbi peut favoriser la réintégration des capitaux.

2. Stimuler la consommation, augmenter les dépenses de consommation

Un autre avantage de l’appréciation du renminbi est que les investisseurs domestiques peuvent acheter des biens étrangers à moindre coût, ce qui se traduit par deux effets : d’une part, cela donne aux consommateurs plus d’argent pour consommer ou investir. Cela concerne notamment les biens de consommation essentiels, comme l’alimentation et l’énergie, qui représentent la part la plus importante des dépenses totales. On peut s’attendre à voir dans les mois à venir une augmentation des produits importés dans les supermarchés, avec des prix plus bas. D’autre part, cela réduit le coût des matières premières ou composants clés importés par les entreprises, augmentant leur marge bénéficiaire, ce qui leur permet d’investir davantage dans l’expansion ou la distribution des profits.

3. Atténuer les frictions politiques liées au commerce international, réduire les dépenses publiques

Depuis l’annonce en novembre dernier du dépassement du déficit commercial chinois de 1 000 milliards de dollars, la communauté internationale discute davantage de la sous-évaluation du taux de change du renminbi. La Chine rencontre de plus en plus de frictions lors de négociations commerciales avec ses principaux partenaires, notamment l’Union européenne. Pourquoi ?

Selon la théorie économique, la balance des paiements courants mondiale doit s’équilibrer à zéro, car les exportations d’un pays correspondent aux importations d’un autre, et les revenus ou transferts sont des flux économiques opposés. Lorsqu’un pays affiche un excédent commercial record, cela implique que ses partenaires ont un déficit accru. Dans le contexte macroéconomique actuel, tous les pays cherchent à stimuler leur économie, et l’expansion du déficit commercial peut freiner la croissance du PIB national, surtout pour les pays déjà en faible croissance. Deux moyens de réduire ce déficit existent : augmenter les droits de douane dans le cadre du protectionnisme commercial, ou ajuster le taux de change. La première option, la guerre commerciale sino-américaine, a connu un répit, tandis qu’un renminbi en voie d’appréciation ordonnée peut aider à désamorcer rapidement les frictions politiques liées au commerce, réduisant ainsi les dépenses publiques.

Bien que l’appréciation du renminbi présente ces avantages, il est essentiel qu’elle reste stable et ordonnée, sans accélération excessive. Au cours du dernier mois, la hausse du taux de change a été rapide, mais cela s’explique aussi par le fait qu’à la fin de l’année, la croissance économique des trois premiers trimestres a atteint 5,2 %, ce qui est proche de l’objectif annuel de 5 %. Par conséquent, une appréciation modérée peut permettre de préparer la transition économique de l’année suivante, en observant le marché et en identifiant précocement opportunités et risques. Sinon, avec ses importantes réserves de change, la Banque centrale peut stabiliser le taux plus facilement.

Je suis convaincu que l’appréciation du taux de change sera significativement ralentie l’année prochaine, pour une raison simple : la contribution des exportations nettes à la croissance du PIB chinois, bien qu’en diminution, reste cruciale. Si le renminbi s’apprécie trop rapidement, cela réduira rapidement les exportations nettes, ce qui mettra sous pression l’atteinte des objectifs de croissance pour l’année suivante.

Après avoir compris les raisons à court terme de l’appréciation du renminbi, examinons pourquoi USDT affiche une prime négative. Je pense que cela s’explique principalement par trois raisons :

  1. La morosité persistante du marché crypto, le manque d’actifs attractifs, pousse les investisseurs à reconfigurer leur portefeuille.

  2. En fin d’année, de nombreuses entreprises engagées dans le commerce international effectuent des opérations de change, ce qui augmente la demande de conversion de dollars en renminbi. La limite des quotas de change en Chine limite cette opération. Beaucoup de PME engagées dans le commerce international ou à l’étranger choisissent d’utiliser USDT pour faire des opérations de change, afin d’éviter ces quotas et de bénéficier d’une procédure plus simple et moins coûteuse.

  3. Le recentrage récent du gouvernement chinois sur la régulation des stablecoins augmente la prime de risque pour l’investissement en cryptomonnaies, ce qui incite à la recherche de refuges.

En résumé, je pense que la prime négative de USDT ne durera pas longtemps. Elle est principalement due à des variations temporaires de l’offre et de la demande, mais la force à court et moyen terme du renminbi entraînera inévitablement une certaine perte de change pour les investisseurs en renminbi.

Faut-il échanger des stablecoins en dollars contre du renminbi

Puisque le renminbi est en voie d’appréciation, faut-il convertir ses stablecoins en dollars en renminbi pour éviter des pertes de change ? Je pense que sauf si la proportion de stablecoins en dollars dans votre portefeuille est très élevée, il n’est pas nécessaire de tout convertir. Voici trois raisons :

  1. Pertes de change à court terme liées à la prime négative de USDT : comme expliqué précédemment, cette prime négative est une situation temporaire, non un risque structurel. Un changement brutal de change entraînerait probablement des pertes importantes. Il vaut mieux attendre que la prime moyenne se normalise avant d’agir.

  2. Coût d’opportunité : bien que la situation macroéconomique chinoise reste résiliente, elle doit faire face à des défis, notamment la baisse des prix de l’immobilier, qui limite la richesse globale. La politique économique privilégie la stabilité, la gestion de la dette, la restructuration industrielle et la redistribution. La hausse récente des marchés boursiers chinois ne doit pas être surestimée, elle reste une correction de valorisation ou une spéculation. Les taux obligataires en renminbi continuent de baisser, ce qui augmente le coût d’opportunité de la conversion. La détention de stablecoins offre une flexibilité pour diversifier ses actifs à l’échelle mondiale, notamment dans un contexte de cycle de baisse des taux aux États-Unis.

  3. Incertitude sur l’appréciation du renminbi : la guerre commerciale sino-américaine n’est pas terminée, elle est simplement suspendue pour un an. La Chine ne peut pas répondre rapidement à la question des terres rares, et la période électorale américaine approche. La guerre commerciale pourrait redémarrer, ce qui affecterait le taux de change. La stabilité du taux de change dépendra aussi de la capacité de la Chine à gérer ses relations avec l’UE, notamment face aux tensions politiques et économiques.

Comment utiliser des stratégies en chaîne pour couvrir les pertes de change, or et stablecoins en euro

Comment couvrir efficacement les pertes liées à l’appréciation du renminbi ? La première idée est d’utiliser des dérivés de change, mais cela est difficile en environnement décentralisé. L’année dernière, j’avais envisagé de créer une plateforme décentralisée de dérivés de change, mais l’intérêt du marché est faible, comme le montre la plateforme DYDX avec ses produits dérivés Foreign, dont la profondeur est limitée et la liquidité insuffisante, en raison de la régulation stricte. La régulation des taux de change est une préoccupation majeure pour de nombreux pays, notamment la Chine, la Corée, etc. La plupart des investisseurs souhaitant couvrir leur change sont issus de ces pays, ce qui limite la faisabilité.

Cependant, il existe des alternatives pour atténuer ces risques. Je recommande de suivre trois classes d’actifs :

Stablecoins en HKD, JPY, KRW : en milieu d’année, avec la montée en puissance des lois sur les stablecoins dans plusieurs pays, notamment la Hong Kong Monetary Authority, la structure économique de l’Asie de l’Est, avec ses industries similaires, tend à faire évoluer les taux de change de manière convergente. Investir dans ces stablecoins peut réduire partiellement la perte liée à l’appréciation du renminbi, mais la régulation étant encore en développement, il faut rester vigilant.

Or tokenisé (RWA) : le prix de l’or a connu une croissance spectaculaire ces dernières années, soutenue par l’incertitude géopolitique et la dépréciation du dollar. Acheter des tokens d’or comme Tether Gold ou Pax Gold est une option accessible, avec une liquidité suffisante. La question de la bulle de l’or reste ouverte, mais face à la volatilité récente, il peut être prudent de garder une position d’attente si l’on a une faible tolérance au risque.

Stablecoin en euro : je considère que le stablecoin en euro est la classe d’actifs la plus intéressante parmi ces trois. La société Circle émet un stablecoin euro EURC, avec une grande liquidité. La volatilité du taux de change euro-renminbi est généralement plus faible que celle du dollar, ce qui en fait une option attractive.

Les données d’exportation chinoise montrent que les trois principaux partenaires sont actuellement l’ASEAN, l’Union européenne et les États-Unis. La baisse des exportations vers les États-Unis est notable, mais l’UE et l’ASEAN contribuent davantage à la croissance des exportations.

L’ASEAN, principalement composé de pays en développement à forte croissance, voit ses exportations nettes influencées par d’autres indicateurs, notamment la relocalisation de la production chinoise et l’importation de machines et d’équipements industriels liés à la montée en gamme. La stabilité politique est aussi un facteur, avec la montée en puissance militaire de la Chine qui limite certains risques. La convergence des relations politiques entre la Chine et l’ASEAN se traduit par une réduction des frictions commerciales.

En revanche, la situation avec l’Union européenne est différente. La part des produits manufacturés dans les exportations chinoises vers l’UE est plus élevée, avec des marges bénéficiaires plus importantes. L’UE constitue un marché clé pour les excédents commerciaux chinois, et la majorité des règlements commerciaux se font en euros. Pour renforcer la compétitivité des produits chinois en Europe, il est logique de maintenir un taux de change euro-renminbi plus faible.

Les risques de change liés aux tensions politiques avec l’UE concernent aussi la capacité de la Chine à gérer ses relations. La majorité des pays européens étant des économies avancées, leur industrie représente une part importante du PIB, avec une forte proportion de revenus salariaux. La réduction des approvisionnements en énergie russe a augmenté les coûts de production, impactant notamment l’industrie automobile, un secteur clé. La baisse des marges et des profits des entreprises européennes entraîne une réduction des recettes fiscales et un ralentissement de la croissance des salaires, ce qui limite la consommation et l’investissement. La faiblesse de l’innovation en IA en Europe, avec une fuite des capitaux vers les États-Unis, aggrave cette situation. La balance commerciale de l’Europe pourrait donc se dégrader, amplifiant l’impact du change.

Selon moi, l’Union européenne ne dispose pas de la même capacité de confrontation dans la guerre commerciale que les États-Unis face à la Chine, notamment en raison de la diversité des positions politiques (Hongrie, Espagne, etc.). La négociation d’un nouvel accord commercial basé sur la stabilité de l’euro semble plus probable que des ajustements massifs du taux de change. La stabilité de l’euro, avec une meilleure protection du capital, permettrait à la Chine de réinvestir ses réserves de change pour augmenter ses profits. Maintenir un taux de change euro-renminbi plus faible favorise aussi la compétitivité chinoise en Europe.

Concernant la couverture du change, une stratégie concrète serait de convertir ses stablecoins en dollars en EURC, puis de déposer ces fonds sur des plateformes comme AAVE pour percevoir des intérêts, avec un taux d’intérêt actuel d’environ 3,87 %. Si l’on souhaite aussi se couvrir contre le risque de fluctuation du BTC ou d’autres actifs risqués, on peut utiliser EURC comme collatéral pour emprunter des dollars stables, puis réallouer ses actifs, par exemple en achetant du BTC.

RWA-6,16%
DYDX1,28%
PAXG0,01%
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