Une enquête authoritative menée par Bitwise et VettaFi à la fin de 2025 révèle que le monde de la finance traditionnelle (TradFi) adopte la cryptomonnaie à une vitesse sans précédent. Les données montrent que 32 % des conseillers financiers ont intégré des actifs cryptographiques dans les comptes de leurs clients, en forte hausse par rapport à 22 % en 2024, établissant un nouveau record dans cette série d’enquêtes.
Ce changement intervient dans un contexte macroéconomique où le Bitcoin a atteint un sommet historique de 126 000 dollars en 2025, et où la progression de la loi sur les stablecoins américains a été notable. L’enquête indique également que jusqu’à 94 % des conseillers ont reçu des demandes de renseignements sur la cryptomonnaie de la part de leurs clients l’année dernière, et plus de la moitié d’entre eux détiennent personnellement des actifs cryptographiques. Ces signaux montrent clairement que les actifs cryptographiques passent d’une curiosité marginale à une option standardisée dans les portefeuilles d’investissement.
L’orientation des investissements des conseillers de la TradFi est traditionnellement un indicateur clé pour mesurer la reconnaissance institutionnelle d’un actif. Le rapport annuel publié conjointement par Bitwise et VettaFi en 2025 fournit les données les plus solides à ce jour sur la mainstreamisation des cryptomonnaies. Cette enquête, menée du 31 octobre au 8 décembre 2025, a interrogé 299 conseillers financiers qualifiés issus de divers canaux, notamment des conseillers en investissement enregistrés, des représentants de courtiers intégrés et des représentants de courtiers indépendants. La conclusion principale est frappante : en 2025, 32 % des conseillers financiers ont intégré des cryptomonnaies dans les comptes de leurs clients. Ce taux, en hausse de près de 50 % par rapport à 2024 (22 %), est également le plus élevé depuis le début de cette série d’enquêtes.
Derrière ces chiffres, se cache une synchronisation croissante entre la demande des clients et la perception des conseillers. L’enquête indique que jusqu’à 94 % des conseillers ont reçu des demandes concernant la cryptomonnaie en 2025, ce qui témoigne d’une demande de marché persistante et incontournable. Plus important encore, l’engagement des conseillers eux-mêmes s’intensifie : 56 % admettent détenir des cryptomonnaies dans leur propre portefeuille, un chiffre record. Lorsque plus de la moitié des conseillers sont eux-mêmes détenteurs d’actifs cryptographiques, ils seront mieux à même de conseiller leurs clients, de comprendre la volatilité du marché et d’expliquer la valeur de ces actifs. Ce passage du statut de « spectateur » à celui de « participant » constitue la base psychologique pour une intégration sérieuse des actifs cryptographiques dans le cadre de l’allocation d’actifs.
Une analyse plus fine des différences selon les canaux de conseil révèle une hiérarchie claire entre les leaders et les suiveurs. Les conseillers en investissement enregistrés (RIA) sont en tête de cette transition, avec 42 % d’entre eux ayant intégré des cryptomonnaies dans les comptes clients, en lien avec leur flexibilité d’autorisation d’investissement et leur modèle basé sur les frais. Les représentants de courtiers intégrés et autres professionnels financiers affichent également des taux d’intégration respectifs de 35 % et 33 %. Ces données dessinent un tableau : l’acceptation des cryptomonnaies a dépassé le stade de l’adoption précoce pour s’insérer rapidement dans l’offre des divers prestataires de services TradFi.
Taux d’intégration dans les comptes clients : 32 % (record historique, contre 22 % en 2024)
Pourcentage de conseillers ayant reçu des demandes de clients : 94 %
Pourcentage de conseillers détenant personnellement des actifs cryptographiques : 56 % (record historique)
Amélioration des canaux d’achat : 42 % des conseillers peuvent acheter des cryptomonnaies pour les comptes clients (contre 35 % en 2024)
Groupe de tête en intégration : conseillers en investissement enregistrés, avec un taux de 42 %
Caractéristiques de l’échelle d’intégration : 83 % des portefeuilles avec cryptomonnaies ont une allocation inférieure à 5 %
La forte hausse du taux d’intégration des conseillers n’est pas un phénomène isolé, mais résulte d’un triple moteur : la demande des clients, l’amélioration des canaux d’accès et une logique d’allocation claire. D’abord, la demande des clients évolue d’un simple conseil passif à une configuration proactive. Un phénomène notable est que, malgré l’augmentation de l’intégration par les conseillers, la tendance à l’investissement autonome des clients est encore plus forte. L’enquête indique que 74 % des conseillers ont constaté que leurs clients ont investi eux-mêmes dans la cryptomonnaie en dehors de leur relation avec le conseiller en 2025, contre 71 % en 2024. Cela crée un vaste « portefeuille d’actifs visible mais non géré par le conseiller », qui pousse ces derniers à intégrer ces actifs dans une vision globale de gestion patrimoniale pour offrir un service complet et reprendre la maîtrise de la situation financière globale du client.
Ensuite, l’élargissement continu des canaux d’investissement facilite l’intégration. La proportion de conseillers capables d’acheter des cryptomonnaies pour les comptes clients est passée de 35 % en 2024 à 42 % en 2025. Cette croissance est principalement due au lancement réussi de produits financiers réglementés tels que les ETF Bitcoin spot et Ethereum ETF. Ces produits, fonctionnant sur des plateformes boursières familières, s’intègrent parfaitement aux plateformes et systèmes de custody existants, résolvant ainsi les problèmes complexes liés à la détention directe de cryptomonnaies : garde, conformité, comptabilité et fiscalité. Cependant, des obstacles subsistent : 58 % des conseillers déclarent ne pas pouvoir ou ne pas être certains de pouvoir effectuer ces opérations, en raison notamment de restrictions internes à leur société.
Enfin, en observant la configuration elle-même, on note une approche prudente de l’entrée des fonds traditionnels, avec une tendance à « augmenter prudemment » et à « substituer en interne ». Sur l’échelle de l’allocation, la majorité des portefeuilles restent prudents : 83 % des portefeuilles avec cryptomonnaies ont une allocation inférieure à 5 %. Cependant, la proportion de portefeuilles avec une allocation supérieure à 2 % est passée de 51 % en 2024 à 64 % en 2025, indiquant une tendance claire à l’augmentation. Lorsqu’un conseiller décide d’allouer, la majorité des fonds provient de la réallocation de positions existantes en actifs traditionnels : 43 % des fonds proviennent de la réduction des actions, 35 % de la liquidité, et la réduction des matières premières, obligations et or est marginale. Cela montre que, dans le cadre de l’allocation, la cryptomonnaie commence à concurrencer et à remplacer progressivement des actifs comme les actions, plutôt que d’être une simple classe d’actifs alternatifs.
Fort du solide développement en 2025, le rapport prévoit une dynamique de croissance continue pour 2026. Le signal le plus convaincant provient des conseillers qui n’ont pas encore intégré de cryptomonnaie. Parmi eux, 18 % déclarent « certainement » ou « probablement » augmenter leur allocation en 2026, et 38 % envisagent cette possibilité. Plus de la moitié des hésitants pourraient donc passer à l’action l’année prochaine. Parmi ceux qui ont déjà intégré, 99 % prévoient de maintenir ou d’accroître leur allocation existante. La combinaison de ces deux tendances laisse présager que le taux d’intégration en 2026 atteindra de nouveaux sommets.
En termes de produits, les conseillers montrent une forte préférence pour les « produits familiers », ce qui reflète leur volonté de réduire la friction cognitive et les risques opérationnels. Lorsqu’on leur demande quels outils d’allocation ils privilégieront en 2026, « ETF actions cryptographiques » (investissant dans des sociétés minières ou plateformes d’échange de cryptomonnaies) arrivent en tête. Suivent : ETF cryptomonnaie spot (16 %), fonds indiciels cryptographiques diversifiés (14 %), solutions multi-stratégies (13 %) et stratégies de rendement (9 %). Ce classement illustre clairement la dépendance à la voie d’entrée traditionnelle : ils commencent par investir dans des sociétés cotées liées au marché cryptographique pour obtenir une exposition indirecte, puis, avec une meilleure compréhension, évoluent vers des outils plus purs comme les ETF spot.
Bien sûr, la progression comporte encore des obstacles. Le rapport liste également les principaux freins à l’augmentation de l’allocation par les conseillers, notamment la volatilité des prix et l’incertitude réglementaire. La politique interne de leur société constitue aussi une barrière majeure. Cela montre que, malgré la disponibilité de produits réglementés, de nombreux acteurs de la TradFi doivent encore ajuster leur gestion des risques, leur conformité et leur politique d’investissement. La maturité et la stabilité accrues du marché de la cryptomonnaie, ainsi que la mise en place de cadres réglementaires comme le « GENIUS Act » aux États-Unis, seront essentielles pour atténuer ces obstacles et favoriser la prochaine vague d’intégration.
La valeur de cette enquête dépasse largement quelques pourcentages en hausse ou en baisse. Elle révèle de manière systématique une transformation structurelle profonde : la cryptomonnaie est en train d’être institutionnalisée dans la cartographie de l’allocation d’actifs mondiaux. Cette évolution est alimentée par plusieurs forces interdépendantes : le succès de Bitcoin en 2025 comme démonstration de richesse, la mise en place de produits « ponts » réglementés comme les ETF, et la clarification progressive du cadre réglementaire.
Pour l’investisseur lambda, comprendre cette tendance est crucial. Lorsque les conseillers commencent à intégrer massivement ces actifs, cela signifie que des flux de capitaux institutionnels, stables et durables, alimentent le marché, ce qui pourrait à long terme modifier la structure de l’offre et de la demande, ainsi que la volatilité. Cela offre également aux investisseurs individuels une gamme plus riche d’outils réglementés, comme les ETF Bitcoin spot évoqués plus haut. Cependant, il est important de connaître les caractéristiques de ces produits : ils sont généralement négociés en bourse durant les heures d’ouverture, contrairement au marché de la cryptomonnaie 24h/24, et comportent des frais de gestion (environ 0,25 % par an).
À l’avenir, le rôle des actifs cryptographiques dans un portefeuille traditionnel évoluera probablement d’une « allocation satellite » à une « allocation stratégique » plus centrale. Ce processus sera en phase avec les cycles macroéconomiques, l’innovation technologique et l’évolution réglementaire. L’enquête annuelle de Bitwise et VettaFi, comme un instrument de mesure précis, nous permet de suivre année après année cette courbe de mainstreamisation. Les données de 2025 indiquent sans aucun doute que la pente s’accentue, et la fusion entre TradFi et le monde de la cryptomonnaie a franchi un point de non-retour.
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