Revolut fait face à des retards dans la mobilisation de sa licence bancaire au Royaume-Uni


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Revolut risque de manquer la date limite pour la licence bancaire au Royaume-Uni en raison de frustrations réglementaires

Revolut fait face à une pression réglementaire renouvelée au Royaume-Uni, des sources internes avertissant que la société de banque numérique pourrait manquer une étape clé dans sa démarche pour devenir une banque britannique entièrement autorisée. La néobanque, évaluée à 45 milliards de dollars, aurait du mal à achever la dernière étape du processus d’obtention de la licence bancaire au Royaume-Uni, ce qui suscite des inquiétudes quant à la conclusion dans les délais de sa période de « mobilisation ».

Selon un reportage de City A.M., plusieurs sources proches du dossier ont exprimé des doutes quant à la capacité de l’entreprise à respecter la date de fin prévue du 25 juillet pour sa période provisoire de 12 mois. La phase de mobilisation, qui a débuté après que Revolut a obtenu une approbation préliminaire de la Prudential Regulation Authority (PRA) en 2024, doit servir de phase transitoire avant l’octroi de l’autorisation complète.

Bien que la date limite de la PRA ne soit pas une obligation légale, les directives officielles précisent que la mobilisation « ne doit pas durer plus de 12 mois » et que les prolongations ne sont pas systématiquement accordées. Si une entreprise ne parvient pas à répondre aux attentes réglementaires à la fin de cette période, la PRA peut révoquer l’autorisation provisoire ou le demandeur peut choisir de se retirer.

Une complexité croissante complique l’approbation finale

L’envergure mondiale de Revolut est largement considérée comme l’un des principaux obstacles dans ce processus. Avec plus de 500 000 clients au Royaume-Uni déjà en place lors de sa demande de licence, l’entreprise est la plus grande à suivre cette voie d’autorisation spécifique.

Une source citée par City A.M. a suggéré que l’ampleur de l’activité a créé des défis uniques, jamais rencontrés auparavant par les régulateurs ou les demandeurs. Ces complexités concernent les systèmes opérationnels, l’infrastructure de conformité, les exigences en capital, et le recrutement de cadres supérieurs — tous critères obligatoires pour obtenir l’approbation finale.

Un porte-parole de Revolut a déclaré que la société se concentre sur le respect des normes réglementaires nécessaires, plutôt que sur une date limite précise. Il a ajouté que l’entreprise travaille « de manière constructive » avec la PRA et que sa phase de mobilisation représente « le processus le plus vaste et le plus complexe » de son genre au Royaume-Uni à ce jour.

Le président indique que les opérations pourraient commencer en 2025

Dans son dernier rapport annuel, le président de Revolut, Martin Gilbert, a indiqué que l’entreprise prévoit de commencer officiellement ses opérations en tant que banque britannique agréée « au cours de 2025 », suggérant un calendrier au-delà de l’échéance de juillet 2025. Le rapport ne fournit pas de délai actualisé, mais laisse entendre que les préparatifs sont en cours et que la licence reste un objectif central pour l’activité domestique de la société.

La phase de mobilisation comprend plusieurs éléments clés nécessaires à l’obtention de l’autorisation finale. Ceux-ci incluent la constitution de réserves de capital suffisantes, la mise en place d’une infrastructure informatique complète, la nomination de responsables principaux en gestion des risques et conformité, et l’établissement d’un cadre de gouvernance capable de répondre aux normes de la PRA. Jusqu’à ce que ces conditions soient remplies, Revolut reste en phase de probation.

Ce retard fait suite à un rapport du Financial Times indiquant que Revolut n’a pas encore obtenu l’approbation pour une licence de crédit à la consommation au Royaume-Uni — un autre obstacle pouvant influencer l’étendue de ses futures offres de détail sur le marché.

Les obstacles domestiques orientent l’attention vers la croissance internationale

Alors que les retards dans l’obtention de licences nationales persistent, des sources citées par City A.M. ont indiqué que Revolut oriente de plus en plus ses efforts vers l’expansion internationale. La société a déjà exprimé sa frustration face à ce qu’elle considère comme une complexité réglementaire excessive au Royaume-Uni.

Le PDG Nik Storonsky a été particulièrement vocal sur ce sujet, critiquant auparavant l’environnement réglementaire britannique.

En mai, Revolut a désigné Paris comme son nouveau siège en Europe de l’Ouest, citant la clarté réglementaire comme un facteur clé dans cette décision. Parallèlement, l’entreprise a réaffirmé son engagement à maintenir Londres comme base mondiale d’opérations, bien que ce changement mette en lumière le mécontentement croissant de la société face au rythme réglementaire du Royaume-Uni.

Le directeur de la banque, Sid Jajodia, a loué le cadre français pour la banque digitale, ajoutant qu’il soutient la stratégie à long terme de Revolut à travers le continent. Ces commentaires, associés aux retards au Royaume-Uni, ont suscité des interrogations sur l’endroit où la société voit sa croissance future ancrée.

Pression sur la fintech alors que les attentes augmentent

Les défis réglementaires de Revolut surviennent à un moment où le secteur fintech est sous une surveillance accrue des autorités financières mondiales. Alors que les banques numériques dépassent le simple traitement via applications pour rechercher un statut de service complet, les attentes en matière de gouvernance, de gestion des risques et de standards opérationnels ont fortement augmenté.

La Prudential Regulation Authority du Royaume-Uni a clairement indiqué que la mobilisation n’est pas une cible souple, et que les banques doivent respecter des normes élevées avant d’entrer pleinement sur le marché. Pour Revolut, ce retard s’ajoute à une liste d’objectifs de licences non résolus, y compris sa demande de licence bancaire complète aux États-Unis, en suspens depuis longtemps.

La croissance agressive de la société, sa large gamme de produits et sa présence mondiale en font un cas unique — qui ne s’intègre pas facilement dans les modèles réglementaires existants. Mais, avec la licence britannique toujours en suspens, des questions émergent quant à savoir si son marché domestique restera un pilier central dans sa feuille de route future.

Alors qu’elle continue de s’étendre dans de nouvelles régions et de développer ses capacités bancaires dans plusieurs juridictions, l’entreprise doit relever un double défi : maintenir son élan tout en satisfaisant des cadres réglementaires de plus en plus complexes.

Que la licence britannique arrive dans quelques semaines ou dans quelques mois, le message est clair — le prochain chapitre de la fintech sera construit non seulement sur l’innovation, mais aussi sur la régulation, l’exécution et la confiance.

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