Le 13 mars, alors que les élections de mi-mandat aux États-Unis en 2026 approchent, les démocrates font de la cryptomonnaie un nouveau point central de leur offensive politique, ciblant principalement les projets cryptographiques impliquant le président Trump et sa famille. Plusieurs membres du Parti démocrate ont publiquement appelé à enquêter sur ces entreprises, accusant ces projets de conflits d’intérêts et de profits politiques.
En février de cette année, Elizabeth Warren, sénatrice démocrate, et d’autres figures clés du parti ont demandé aux autorités de régulation d’enquêter sur une grande entreprise cryptographique liée à la famille Trump, et ont remis en question la concentration de près de 90 % des tokens dans la structure d’émission d’un stablecoin majeur. Des stratèges démocrates estiment qu’à mesure que le cycle électoral avance, les débats autour de la régulation des actifs numériques, de l’éthique politique et de la transparence financière devraient s’intensifier.
G. Clay Miller, partenaire de Penrose Partners, une société de conseil en actifs numériques, souligne que durant les cycles électoraux, les politiciens tendent à mettre en avant la différence entre leurs politiques et leur richesse personnelle pour mobiliser leurs électeurs. Il pense que la discussion sur la régulation de la cryptomonnaie s’entrelace avec des législations comme la « Clarity Act », faisant de la cryptomonnaie un enjeu majeur dans la lutte politique.
Il est notable que Trump, initialement critique envers le Bitcoin, a changé de ton lors de sa campagne de 2024, en soutenant publiquement l’industrie cryptographique et en appelant ses supporters à « voter pour Trump s’ils soutiennent la cryptomonnaie ». Par la suite, le secteur a investi plus de 10 millions de dollars dans sa campagne, et environ 71 millions de dollars ont été dépensés dans le même cycle électoral pour soutenir des candidats républicains.
Après son retour à la Maison-Blanche, Trump a promu plusieurs politiques relatives aux actifs numériques, notamment la création d’une réserve nationale de cryptomonnaies, la limitation de l’émission de monnaies numériques par les banques centrales, et la signature de législations sur les stablecoins. Ces changements ont permis à des capitaux-risque de revenir sur le marché cryptographique, tout en incitant les institutions de Wall Street à élargir leurs investissements dans les actifs numériques.
Par ailleurs, les projets cryptographiques lancés par la famille Trump continuent de susciter la controverse. Par exemple, deux memecoins qu’ils ont lancés ont vu leur prix chuter fortement par rapport à leurs sommets historiques. Ce qui a réellement attiré l’attention, c’est le projet DeFi World Liberty Financial, construit sur Ethereum et prévoyant de lancer un stablecoin adossé au dollar.
Récemment, des médias ont révélé qu’une société basée aux Émirats arabes unis aurait investi environ 500 millions de dollars pour acquérir près de 49 % de World Liberty Financial, ce qui a rapidement conduit les démocrates à demander une enquête sur cette transaction. Elizabeth Warren a qualifié ce projet DeFi de « corruption totale » et a poussé le Congrès à ouvrir une investigation.
Certains juristes estiment toutefois qu’instrumentaliser la question de World Liberty Financial à des fins politiques pourrait ne pas être judicieux. Ishmael Green, associé chez Bochner PLLC, indique qu’un investissement étranger dans des stablecoins pourrait, d’un point de vue financier, contribuer à augmenter la demande pour la dette américaine.
La Maison-Blanche a nié toute implication dans des conflits d’intérêts et affirme que l’administration Trump pousse la politique américaine pour faire de ce pays un centre mondial d’innovation dans le domaine des actifs numériques. Alors que la politique cryptographique et la politique électorale continuent de s’entrelacer, il reste à voir si ce sujet influencera les résultats des élections de mi-mandat de 2026.