CMB International Securities : Perspectives sur la politique américaine, les élections de mi-mandat de 2026 et les relations bilatérales sino-américaines

I. Situation fondamentale de la politique américaine et des élections de mi-mandat en 2026

Les élections de mi-mandat sont celles du Congrès américain, comprenant la Chambre des représentants et le Sénat, prévues pour le 3 novembre 2026. La Chambre compte 435 sièges, avec un mandat de deux ans, tous renouvelés tous les deux ans ; le Sénat compte 100 sièges, avec un mandat de six ans, renouvelés par tiers tous les deux ans. Le Congrès américain fonctionne selon un système de circonscriptions uninominales, avec 435 circonscriptions réparties à l’échelle nationale, chacune élisant un seul représentant. Les sièges du Sénat sont répartis équitablement entre les 50 États, chaque État disposant de 2 sièges.

(一) La Chambre des représentants : les sondages et l’histoire électorale indiquent une tendance à la hausse pour le Parti démocrate

Actuellement, la majorité à la Chambre est détenue par le Parti républicain avec 220 sièges contre 213 pour le Parti démocrate, ce qui signifie qu’un léger gain de quelques sièges suffirait aux démocrates pour inverser la tendance. La dynamique nationale et le cycle politique jouent donc un rôle crucial. Selon les sondages actuels et la « malédiction du milieu de mandat », le parti au pouvoir (les républicains) est généralement désavantagé, ce qui pourrait favoriser une remontée des démocrates.

  1. Influence du soutien partisan sur les élections de mi-mandat

Bien que ces élections soient locales, le soutien partisan reste un facteur déterminant. La synchronisation des cycles politiques à l’échelle nationale, notamment la popularité de Trump, influence fortement les résultats. Ces élections sont souvent perçues comme un vote de confiance envers le parti au pouvoir, et la popularité de Trump sert d’indicateur direct pour le résultat à venir. La polarisation politique domine actuellement la scène américaine : dans les zones très conservatrices, les électeurs votent majoritairement pour leur spectre politique, que ce soit lors des élections municipales, étatiques ou fédérales. De plus, le taux de participation aux élections locales étant plus faible, le soutien de figures politiques de Washington et la fidélité partisane renforcent la corrélation entre le vote et le soutien partisan.

Les sondages montrent que la satisfaction à l’égard de la première année de mandat de Trump est faible. En 2025, l’économie reste une priorité pour les électeurs, mais la mise en œuvre de politiques protectionnistes et anti-immigration, ainsi que la division économique en « économie en forme de K », ont terni l’image économique de Trump. Son soutien net a reculé tout au long de l’année. Par États, des États très conservateurs comme le Nebraska, le Kansas, le Dakota du Nord ou l’Arkansas ont vu leur soutien à Trump diminuer en fin d’année. Par groupes démographiques, le soutien à Trump varie fortement selon le sexe, le niveau d’éducation, l’origine ethnique ou l’affiliation partisane. Seuls les républicains et les Blancs peu éduqués maintiennent un soutien positif net, tandis que pour les autres groupes, ce soutien est devenu négatif.

  1. Influence de la narration médiatique sur les élections de mi-mandat

La corrélation entre la contexte national et les élections régionales est forte, principalement sous l’effet des « chambres à information » des médias. Au cours des 50 dernières années, la confiance dans les médias traditionnels a diminué. La confiance des électeurs républicains dans les médias est encore plus faible, avec seulement 8% de confiance, contre 51% pour les démocrates, atteignant des niveaux historiquement bas. La stratification de la confiance au sein des médias est également visible, avec des différences marquées entre électeurs des deux partis.

  1. Influence des lois statistiques sur les élections de mi-mandat

Les lois statistiques montrent que l’opposition a généralement l’avantage à la Chambre. Depuis 1946, lors des élections de mi-mandat, le parti au pouvoir n’a vu ses sièges à la Chambre augmenter qu’en 1998 et 2002. Dans la majorité des autres années, il a perdu des sièges. Depuis la guerre de Sécession, sur 39 élections de mi-mandat, le parti au pouvoir a perdu la majorité à la Chambre dans 36 cas, soit 92%.

(二) Le Sénat : la majorité républicaine devrait se maintenir, la majorité démocrate doit conquérir des circonscriptions peu favorables pour inverser la tendance

  1. La majorité républicaine au Sénat : 51 sièges sur 100

Actuellement, le Sénat est composé de 53 républicains et 47 démocrates. Pour devenir majoritaire, les démocrates doivent gagner au moins 4 sièges nets. En 2026, 33 sièges seront renouvelés, dont 2 sièges vacants suite à l’entrée de Vance et Rubio au gouvernement, portant le total à 35 sièges renouvelés. Sur ces 35, 11 sont détenus par des démocrates et 20 par des républicains, dans une configuration de base. Si les républicains conservent au moins 51 sièges (en renouvelant 31 sièges et en gagnant 20 circonscriptions), et que les démocrates en obtiennent au moins 45 (en renouvelant 34 et en gagnant 11 circonscriptions), la majorité républicaine sera confirmée. Pour que les démocrates prennent le contrôle, ils doivent non seulement conquérir ces quatre circonscriptions, mais aussi en gagner deux autres actuellement détenues par les républicains. Les circonscriptions de Husted (Ohio), OPEN (Iowa) et Cornyn (Texas) ont toutes voté majoritairement pour Trump lors des dernières présidentielles. La tâche est donc difficile, nécessitant une forte mobilisation et une majorité d’opinion favorable. En dehors de ces quatre circonscriptions, 17 sièges de sénateurs républicains très conservateurs sont également difficiles à faire basculer, notamment celui de Husted, qui a voté à 53,3%-45,2% en 2020 et 55,1%-43,9% en 2024 en faveur de Trump.

二、2026年美国政治与中期选举的后续关键变量

(一)医保问题持续成为两党斗争的焦点,共和党开始主导方案

  1. 奥巴马医改后医保成为美国财政的核心问题

2014年通过的奥巴马医改(ACA)引发医保争端。ACA旨在让更多美国人负担得起医疗保险,但也带来了保费上涨。为扩大覆盖面,ACA将收入低于联邦贫困线138%的成人纳入Medicaid,未满26岁的年轻人可留在父母的保险计划中,企业雇员超过50人的必须提供保险。扩展后,无保险人口大幅减少,从2010年的约16%降至7-8%的历史低点。

为扩大覆盖范围,保险公司不得因既往病史拒保或收取更高保费,所有计划必须覆盖10类基本服务,包括门诊、急诊、住院、分娩、精神健康、处方药、康复、实验室、预防和儿科服务,预防服务免费。

  1. ACA的财政核心条款:保费税收抵免(PTC)

ACA提供铜、银、金、铂金四级标准化保险方案,政府设立税收抵免(PTC),为收入在联邦贫困线100%-400%的家庭提供保费补贴,按比例支付。每年开放注册期,申请人通常在经纪人协助下估算家庭收入,通过税务申报直接按月获得补贴。政府补贴由保险公司收取,导致医院、保险公司和药品福利管理者(PMB)受益于保费上涨带来的补贴增加,成为美国财政的重要负担。

  1. ePTC加剧财政负担,取消则增加民众负担

疫情期间,拜登政府推出增强型保费税收抵免(ePTC)作为临时财政补助,惠及中等收入群体,但也推高保费,增加财政支出。原ACA规定,家庭收入超过400%FPL者无资格获得补贴,被称为“补贴悬崖”。2021年,美国通过《美国救援计划法案》,引入“加强版”补贴:收入在100%-150%FPL的家庭可免费参加银级保险,收入超过400%的家庭,只要保费超过家庭收入的8.5%,也可获得补贴。

展望未来,若保费持续上涨且ePTC取消,居民保费支出将大幅增加。若ePTC到期,平均自付保费将增加75%以上,带动整体支出上升。2026年,312家保险公司提交的市场费率中位数涨幅达18%,是去年7%的两倍多。

因此,延长ePTC获得了跨党派支持。超过84%的参保者支持延长,甚至共和党内部的MAGA支持者也有72%希望延长,非MAGA共和党支持率为75%。这意味着即使共和党反对,也必须提出财政可行、能激发选民支持的替代方案。在多年补贴惯性下,美国民众已难以承担经过多轮涨价后的医疗保险费用。医保责任难以再推回民众,两党只能将保费支出先在财政大蛋糕中分摊,再通过经济和财政整体形势,采取危机管理或技术创新的方式解决。

(二)尽管通胀指标下降,“生活成本”仍是竞选主旋律

特朗普凭借经济高手形象赢得大选,但“生活成本危机”成为其民意的负面资产。住房、保费、学贷、能源、杂货等方面的高通胀感知高度粘性。

在经济政策方面,特朗普逐步实施“自由主义稳增长、行政干预压通胀”的组合策略。这一策略融合了“右翼自由主义”与“左翼干预主义”的特色:一方面,推行去监管、减税等市场自由政策;另一方面,签署行政令,直接点名药企、超市等“中间商”,通过行政谈判压低药价和食品价格,甚至以关税豁免作为交换。

在物价控制方面,两党方案不同。民主党强调补贴收入,特朗普重视财富效应。两党都关注民众财务恶化和物价控制对选情的帮助:民主党主张提高富人和大企业税率,用财政收入支持医保;特朗普则强调股市投资价值。美国人预期未来一年经济环境将低迷,但对股市的信心却达历史高点。预期收入会恶化,但财富状况会改善,反映特朗普希望通过股市和加密货币的财富效应,推动经济循环。

(三)围绕选区重划的竞争激烈,结果极大影响众议院归属

  1. 选区重划可能带来不公平竞争优势

政治极化导致的竞争性选区数量锐减,使得选区重划成为两党争夺的焦点。极化加强了各自的“堡垒区”,真正的“摇摆选区”已降至约40席,重划结果直接影响整体格局。重划牵动两党动员,包括联邦最高法院、州长、议员和国会领袖的政治资源调动。夺回众议院的关键在于在真正的竞争区投入资源;两党都在争夺制度性“权力抢夺”,打破历史周期。

每十年进行一次人口普查,依据最新人口数据重新划分众议院席位。理想情况下,每位众议员代表相同数量的选民。根据宪法第一条第二款,普查每十年一次。现有435席按人口平等原则分配到各州,各州再划分选区,确保每个选区人口相当,选区内选民投票选出代表。

在重划过程中,州选举委员会可能通过划定复杂的选区边界,形成“安全席位”。为增加“安全席位”,两党采用“打包”和“分割”策略:“打包”将对方选民集中在少数选区,稀释其在其他选区的影响力;“分割”则将本党支持者分散在多个选区,确保其在每个选区中占多数。

  1. 当前两党席位接近,选区重划成为后续选情的关键因素

总体来看,在已公布新地图的6个州中,共和党净得3席;在尚未确定选区地图的6个州中,民主党可能净得超过3席。在已公布的州中,共和党在德州(+5)、密苏里(+1)、北卡(+1)、俄亥俄(+2)共增加9席,民主党在加州(+5)和犹他(+1)共增加6席。在未确定地图的州中,已知情况偏向民主党,净得3席。共和党主导重划的州中,堪萨斯(+1)可能获1席,内布拉斯加的选区调整大概率不会改变席位归属,但会巩固奥马哈的第二选区;佛罗里达已启动重划,但影响席位尚未确定。民主党主导的州中,预计在马里兰、弗吉尼亚和伊利诺伊等州增加4个以上新席位。针对德州共和党提案获司法推翻后,最高法院支持共和党地图;而加州的诉讼也在激烈进行中,双方在画图、程序和司法层面竞争激烈。

  1. Sur la montée en puissance de l’expansion du pouvoir exécutif de Trump, la lutte entre le gouvernement fédéral et les États pourrait s’intensifier

Le recours aux décrets présidentiels par Trump lors de son second mandat a nettement dépassé celui du premier. Au cours du premier mandat, il a signé 220 décrets, mais jusqu’au 18 décembre 2025, il en a déjà signé 225, en plus de 55 mémorandums et 114 annonces. En 2025, grâce à la loi « Make America Great Again » et à la loi de financement continu, ainsi qu’à d’autres lois sur l’agriculture, la défense et les anciens combattants, il a atteint ses principaux objectifs législatifs. D’autres politiques, comme les tarifs douaniers et la réforme réglementaire, ont été principalement mises en œuvre par décrets.

La stratégie de « rapidité d’action, lente mise en œuvre » de l’administration Trump a permis de créer rapidement des faits accomplis, rendant difficile pour le Congrès et les tribunaux de suivre le rythme. Par exemple, par des décrets sur le fentanyl ou sur les tarifs réciproques, Trump a rapidement avancé sur les tarifs Chine et mondiaux. Cependant, puisque le pouvoir tarifaire appartient au Congrès, ces décrets ont suscité des litiges et des possibles retraits par la Cour suprême. En dehors des tarifs, d’autres politiques majeures comme la fiscalité, l’immigration, les règles électorales ou les changements de droits fondamentaux doivent aussi être décidées par le Congrès. La stratégie de Trump consiste à établir rapidement des faits, en adoptant massivement des décrets en peu de temps, pour remodeler en profondeur la société américaine.

Outre les décrets, Trump utilise fréquemment des « mémorandums » et des « annonces » pour exprimer ses orientations politiques. Les décrets sont des ordres du président aux agences administratives, publiés dans le « Federal Register » avec leur base légale. Les mémorandums et annonces sont aussi des instructions, mais sans numéro ni obligation de publication de leur impact budgétaire, et sont souvent considérés comme équivalents aux décrets sans en respecter la rigueur légale. En 2025, Trump a utilisé 55 mémorandums pour promouvoir la déréglementation énergétique, la déconstruction de la diversité, l’immigration, la technologie, et la politique « America First ». Cela montre que la Maison Blanche, sous Trump, a parfois dépassé la limite raisonnable de l’exercice du pouvoir administratif. Si, après les élections de mi-mandat, Trump perd une ou deux chambres, son pouvoir administratif pourrait encore s’étendre pour compenser le frein législatif, rendant difficile l’idée d’un « pouvoir limité ».

Avant les élections de mi-mandat, l’abus de décrets par Trump pourrait devenir une occasion de limiter à nouveau le pouvoir administratif. Si certains pouvoirs, comme celui sur les tarifs douaniers ou d’autres compétences diplomatiques, sont transférés du président au Congrès ou aux tribunaux fédéraux, la portée de l’autorité exécutive se réduirait, et la capacité de la justice à contrôler l’exécutif se renforcerait. La vitesse, l’étendue et la souplesse de la mise en œuvre des politiques gouvernementales en seraient affectées. Concrètement :

Premièrement, le pouvoir tarifaire pourrait être repris par le Congrès. Selon l’article 1, section 8 de la Constitution américaine, le Congrès a le pouvoir de « réglementer le commerce avec les nations étrangères » et de « percevoir des taxes ». Si la Cour suprême jugeait que les tarifs réciproques de Trump sont anticonstitutionnels, il pourrait, en s’appuyant sur la législation existante ou en proposant de nouvelles lois, tenter de récupérer ce pouvoir.

Deuxièmement, la capacité de la Maison Blanche à interpréter la loi pourrait être encore limitée. Le 28 juin 2024, la Cour suprême fédérale a statué dans l’affaire « LoperBright » que, lorsqu’une agence administrative agit dans le cadre de ses pouvoirs légaux, elle doit le faire en toute indépendance, sans se contenter d’interprétations floues de la loi, mettant fin au « principe Chevron » qui datait de 40 ans. La confiance du marché dans le fait que la Cour suprême ne soutiendra pas la constitutionnalité des tarifs réciproques de Trump découle aussi de la décision de 2022 de la Cour fédérale d’abroger ce principe.

Troisièmement, les litiges entre États et fédéral pourraient s’accroître. Au début de son second mandat, Trump a signé un décret suspendant temporairement l’aide étrangère, ce qui a conduit 23 États à engager des poursuites. Son décret sur la « protection de la valeur et de la signification de la citoyenneté américaine » a en pratique aboli le « droit du sol » (birthright citizenship). Plusieurs États ont porté plainte, arguant que ce droit est garanti par le 14e amendement. Ces recours, initiés en début d’année, sont toujours en cours devant les tribunaux inférieurs, en appel, puis devant la Cour suprême, et de nouveaux litiges apparaissent régulièrement, mobilisant énormément les ressources administratives.

三、L’impact de la situation politique américaine et des élections de mi-mandat sur la relation bilatérale sino-américaine

(一) Jugement global : la compétition sino-américaine est équilibrée, la relation bilatérale devrait rester relativement stable tout au long de l’année

  1. La Chine doit continuer à maintenir la stabilité de la politique américaine dans les domaines des semi-conducteurs, des machines de haute technologie, de la finance, etc.

Dans le domaine des semi-conducteurs, le rapport du Comité stratégique américano-chinois indique qu’en 2024, la Chine a acheté près de 38 milliards de dollars d’équipements avancés pour la fabrication de semi-conducteurs en Occident, et recommande de mobiliser des forces multilatérales pour contrôler les exportations et surveiller les équipements. En biotechnologie, des tentatives législatives américaines, comme le « Loi sur la biosécurité », ont été faites à plusieurs reprises, mais sans succès jusqu’à ce que, le 18 décembre, cette loi soit intégrée dans la NDAA 2026 (article 851). Sur le plan financier, les sanctions américaines contre la Chine ont un impact croisé : d’un côté, elles menacent le découplage des investissements bilatéraux et la coupure du dollar ; de l’autre, elles peuvent limiter ou sanctionner les banques chinoises, interdire aux institutions financières américaines de traiter en dollars pour des banques chinoises, ou leur interdire de maintenir des comptes délégués, excluant ainsi ces banques du système de paiement en dollars. Cependant, couper le dollar en Chine reviendrait à renoncer à la domination du dollar, ce qui est peu probable, car cela affaiblirait la position américaine. La Chine a donc encore intérêt à stabiliser la relation bilatérale pour éviter des impacts négatifs.

  1. Trump doit aussi coordonner l’impact des politiques chinoises d’exportation et d’enquêtes antitrust sur les États-Unis

La Chine, avec ses exportations importantes de terres rares, de graphite, de matériaux ultra-durs, ainsi que de petits produits et composants électroniques, occupe une position clé dans les exportations vers les États-Unis. Grâce à ses clusters industriels et à sa chaîne d’approvisionnement, la Chine bénéficie d’un avantage de coût, dominant le marché américain. La mise en place de quotas sur des produits essentiels à la consommation quotidienne, comme une mesure pour influencer le marché américain et l’inflation, pourrait aussi affecter le soutien de Trump lors des élections de mi-mandat. Sur le plan antitrust, la Chine peut utiliser la « Loi antitrust » pour enquêter sur les pratiques monopolistiques des entreprises américaines en Chine, créant ainsi des leviers de négociation et accélérant la substitution locale. Sur le volet importations, la Chine détient des leviers dans l’importation de films américains, d’énergies, de soja et de gros avions. En avril 2025, l’Administration du cinéma a annoncé une réduction modérée des importations de films américains, ce qui pourrait se concrétiser. En énergie, la Chine peut augmenter ses achats ou réduire ses importations comme mesures de rétorsion. La Chine, en tant que plus grand marché et importateur de soja, dispose d’un pouvoir de négociation, notamment pour l’importation d’avions civils, ce qui lui permet de répondre aux attentes de Trump pour ses élections.

  1. Sur l’ensemble, la relation bilatérale sino-américaine en année d’élections de mi-mandat présente plus d’éléments favorables que défavorables

Premièrement, la contrainte politique sur les tarifs douaniers se renforce durant la période électorale. La détérioration des relations pourrait entraîner une interruption totale du commerce sino-américain. Dans ce contexte, les risques d’inflation et de ralentissement économique pourraient se manifester avant les élections, nuisant au camp républicain ; si la situation s’améliore, cela pourrait contredire la propagande exagérée de Trump, affaiblissant son image. Le gouvernement Trump pourrait maintenir le cadre tarifaire actuel, en utilisant des politiques tarifaires sélectives pour faire face à la pression économique et électorale, en privilégiant une approche contraignante plutôt qu’expansionniste.

Deuxièmement, il est difficile pour la ligne dure américaine sur la Chine d’influencer la décision de Trump en faveur d’une politique amicale. En général, sauf pour les accords nécessitant la ratification du Sénat, le président dispose d’un pouvoir considérable pour définir la politique nationale. Bien que l’opinion du Congrès, des groupes d’intérêt, des médias et de l’opinion publique limite en partie cette liberté, Trump, avec sa forte imagination et son autonomie, peut agir en dehors de ces contraintes. La majorité du Congrès, le cabinet et la justice ne peuvent pas vraiment limiter sa vision. La nouvelle version de Trump, plus affirmée, utilisera encore davantage son pouvoir pour fixer l’agenda et la diplomatie. La majorité électorale et la majorité des deux chambres lui offrent un environnement législatif favorable. Les parlementaires démocrates, en dehors des auditions, ne peuvent que faire des remarques à ses membres, sans pouvoir réellement freiner ses politiques. La justice et l’opinion publique sont également peu capables de le contraindre. Même si les deux partis ont un consensus stratégique pour contenir la Chine, Trump peut déroger à cet accord, fixer ses propres priorités et rythmes diplomatiques. Sa politique envers la Chine n’est pas limitée.

Troisièmement, la vision de Trump sur les « amis et ennemis » ne considère pas la Chine comme un rival géopolitique, mais insiste plutôt sur les ennemis intérieurs — démocrates, institutions judiciaires, critiques internes. La confrontation avec ses ennemis internes est une compétition à somme nulle, visant à faire apparaître « les autres comme faibles ». Les adversaires extérieurs incluent le Japon, la Corée, le Vietnam, l’Inde, le Canada, le Brésil, l’Union européenne, etc., en tant que partenaires de négociation commerciale ; la Corée du Nord, la Russie, l’Iran, en tant que concurrents stratégiques. La Chine, à la fois partenaire commercial et concurrent stratégique, est vue comme un « gâteau à plus grands profits » : Trump a souvent déclaré « espérer que la Chine aille bien », ce qui montre qu’il ne voit pas la relation sino-américaine comme une compétition systémique entre ennemis, mais comme une opportunité de tirer profit. La volonté de faire de grands accords avec la Chine reste sa priorité. La relation avec la Chine est donc ambivalente : il souhaite en tirer le maximum, tout en évitant de la considérer comme un rival géopolitique.

En cas de violation de la constitution par la mise en place de tarifs réciproques, les États-Unis pourraient adopter des mesures tarifaires alternatives, augmentant ainsi l’incertitude dans la relation bilatérale.

Si l’« Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence » (IEEPA) était jugée anticonstitutionnelle, cela pourrait entraîner la mise en œuvre de tarifs de substitution, affectant la relation sino-américaine. La structure tarifaire de Trump comprenait environ 10 % de droits de base, 10 % de tarifs réciproques et 10 % sur le fentanyl, totalisant environ 30 %. Si la Cour suprême déclarait anticonstitutionnels les tarifs réciproques et le fentanyl, Trump pourrait suspendre ces mesures, mais chercherait immédiatement des moyens de les remplacer, notamment par des droits sous la « Loi sur le commerce de 1974 » (article 122) ou la « Loi sur les tarifs de 1930 » (article 338).

L’article 122 peut être activé sans enquête préalable, en cas de déficit commercial important, pour imposer jusqu’à 15 % de droits sur toutes les importations, pour une durée maximale de 150 jours, renouvelable avec l’accord du Congrès. L’article 338 permet au président d’imposer jusqu’à 50 % de droits discriminatoires à l’encontre de certains pays, mais ses conditions d’application sont strictes, et il n’a jamais été utilisé. Son taux élevé est un avantage, mais ses conditions d’utilisation sont plus restrictives, ce qui augmente le risque d’illégalité.

En cas de déclaration anticonstitutionnelle, Trump pourrait adopter plusieurs stratégies :

Premièrement, n’utiliser que l’article 338, qui est le plus menaçant, mais qui est considéré comme une mesure de représailles, et donc illégale en principe. Cela entraînerait probablement des recours judiciaires, avec un délai d’appel pouvant durer plusieurs mois, et une décision finale avant ou pendant la période électorale. Si cette mesure est aussi jugée anticonstitutionnelle, cela réduirait encore la légitimité de l’autorisation présidentielle d’imposer des droits.

Deuxièmement, combiner l’article 122 et l’article 338. La stratégie basée principalement sur l’article 122, qui est moins risquée juridiquement, pourrait être adoptée par le Congrès. Cependant, cela diminuerait la menace tarifaire, car l’article 122 ne permet que 15 %, et son déclenchement nécessite la condition d’un déficit commercial important. Trump pourrait alors imposer 15 % de droits sous l’article 122, et 39 % sous l’article 338 sur certains produits, en différant l’application de la partie 338. Cela permettrait de maintenir une certaine pression tout en limitant le risque juridique.

À l’avenir, la Chine pourrait considérer que la déclaration d’anticonstitutionnalité de l’IEEPA constitue une opportunité de dégradation tarifaire, mais si Trump insiste pour utiliser des tarifs de substitution plutôt que des tarifs réciproques, cela pourrait compliquer la relation bilatérale en 2026.

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